‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 121 sur 154 · DE LA SECONDE ÉPÎTRE · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE ÉPÎTRE

La seconde épître aux Thessaloniciens est formée, en dehors de l'introduction (1,1-12) et de la conclusion (3,16-18), d’un développement

central consacré à un exposé eschatologique

(2,1-17) et d’une courte parénèse (3,1-15).

La salutation (1,1-2), où Silas et Timothée sont aussi nommés comme co-auteurs, est un peu plus développée que celle de la première épître, elle est suivie d’une action de grâce pour la foi et pour l'amour des fidèles dont l’apôtre peut vanter partout la patience dans les épreuves et les persécutions. La récompense de cette persévérance et le châtiment des persécuteurs viendront quand le Seigneur Jésus apparaîtra au ciel. L’apôtre demande à Dieu

1. Sur le problème de la seconde épître aux Thessaloniciens, voir F. SPrTTA, Der zweite Brief an die Thessalonicher, Z. Gesch., I (1893), p.109-154 ; H.-J. HozTzmanN, Zum zweiten Thessalonicherbrief, Z. N. T. W., II, 1901, p. 97-108; WREDE, Die Echtheit des zweiten Thessalonicherbriefs untersucht, Leipzig, 1903 (T. U., N. F., IX, 2); G. HoLLmANN, Die Unechtheif

des zweiten Thessalonicherbriefs, Z. N. T. W., V, 1904, p. 28-38 ; A. Harnacx, Das Problem des zweiten Thessalonicherbriefs,

Sizber. Berl. Akad. d. Wiss., 1910, p. 560-578; MAURICE GOGUEL, L'énigme de la seconde épître aux Thessaloniciens, R. H. R., t. LXXI, (1915), p. 248-272. :

CP + riy » Fa

314 LLS ÉPÎTRES PAULINIENNES

que les Thessaloniciens demeurent fidèles à la vocat on céleste qui leur a été adressée (1,3-12).

La première partie (2,1-12) du développement eschatologique traite du moment de la parousie : les fidèles ne doivent pas se laisser troubler, soit par l'Esprit, soit par une parole (parole du Christ ou parole de l’apôtre), soit par une lettre censée de l’apôtre (2,1-2):. Les

fidèles ne doivent pas s’émouvoir comme si le

jour du Seigneur était imminent?. Avant lui, doit venir l’apostasie et la manifestation de Thomme d’iniquité, du fils de la perdition c’està-dire, bien que le terme ne se trouve pas chez Paul, de l’antichrist (2,3-4). L'auteur rappelle qu’il a donné de vive voix cet enseignement à ses lecteurs (2,5), il ajoute, ce qui semble bien être

1. L'interprétation de 2,2 n’est pas certaine. On ne peut décider s’il faut faire porter les mots 6: à’ fuwy sur les trois termes «esprit », « parole », « épître » ou sur le dernier seulement. Paul semble parler ici d’une manière hypothétique, sans cela ne rectifierait-il pas l’interprétation erronée de la parole ou de la révélation et s’il savait qu’une fausse lettre de lui circulait parmi les Thessaloniciens, en prendrait-il aussi aisément son parti et ne polémiserait-il pas vigoureusement contre ceux qui-l’aufaient fabriquée ? Il se peut que ce soït le fait que Paul ait envisagé l’hypothèse d’une fausse lettre qui l’ait amené à préciser dans 3,17 le signe auquel onpeut reconnaître une lettre de lui. ;

2. Littéralement « était déjà là ». I1 ne paraît pas douteux qu'il y ait dans l’emploi du parfait une prolepse destinée à bien marquer l’imminence de l’avènement du Seigneur.

D LAN ef ce h , VA ; AA ANT eh,

MDN Ge LES ÉPÎTRES quelque chose de nouveau, que, bien que le mystère d’iniquité soit déjà à l’œuvre, il est encore contenu par une puissance que les lecteurs doivent connaître puisqu'il l’appelle seulement à xat{ywvt, Que cette puissance disparaisse seulement et l’inique paraîtra avec une puissance diabolique pour être finalement détruit par le souffle de la bouche du Seigneur Jésus (2,6-12).

1. La doctrine indiquée ici par Paul paraît reposer sur un mythe très répandu d’après lequel une puissance mauvaise, «nchaînée au moment de la création, doit être libérée à la fin des temps pour livrer au Dieu suprême un dernier combat. ‘On doit citer ici le mythe babylonien de la création (GRESs- MANN, Altorientalische Texte und Bilder zum Alten Testament, Tübingen, 1909, p. 15 s.), le mythe mazdéen de la libération du serpent Azi-Dahaka (SôberBLom, La vie future d’après le mazdéisme, Paris, 1901, p. 258) et le mythe germanique du loup Fenrer (cf. DiBezius, Geisterw., p. 58 n. D MMResss p. 32). Certains textes de l’Ancien Testament et des Apocryphes paraissent faire allusion à cette croyance (Es., 27,1; Ps. 104,26. Job, 3,8; 7,12 (LXX). Apec. Baruch syr., 29,4. Henoch., 60,24 s. IV Esdras, 6,52, cf. GUwkeL, Schôpfung und Chaos im Urzeit und Endzæit, Goettingen, 1895, p.221 s.; Bousser, Der Antichrist, Goettingen, 1895, p. 13). Mais s’il est certain que la notion du xatéywv ait une origine mythique, il est fort douteux que Paul lait interprété dans ce sens ainsi que le pense Bousset (Antichrist, p.82, n. 1) et il se pourrait que l’ancienne exégèse ait eu raison de reconnaître dans le xaréywv l'empire romain qui, maintenant l’ordre dans le monde, empêche les guerres et les révoltes qui seront la première manifestation du règne de l’antichrist. Le fait que Paul en

parle comme d’une puissance que ses lecteurs connaissent

bien est très favorable à cette interprétation.

A: E" t t HA

it CS ET Nr

he he ae

Page 1