‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 128 sur 154 · L " ; ER · texte numérisé non relu

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Cependant, pour que la thèse de l'inauthenticité puisse être considérée comme établie, T: il ne suffit pas que l’on ait souligné, voire même | démontré, les difficultés que soulève la thèse opposée, il faudrait encore que l’on ait expliqué ‘4 l’origine de l’épître supposée pseudépigraphe, or,

4,3 cette explication fait défaut (SPirrA, Z. Gesch., 14 I, p.112). Il est aisé, sans doute, d'imaginer 30 que l’auteur de la seconde épître pourrait avoir

ÿ S eu l'intention de corriger l’eschatologie exposée #0 | dans. la première, à un moment où la question 714 quise posait n’était plus celle du sort de quelques individus exceptionnellement morts avant la A: parousie et où le problème ne pouvait plus être traité au point de vue de la survie de ee l’apôtre. Mais, ceci admis, à quelle époque l’épître a-t-elle été composée ? Comme le remarque Hadorn (p. 9), on a parcouru à peu près tout l’âge postapostolique à la recherche

d’une petite place où mettre la seconde épître F4 si elle est inauthentique. Baur (P., 11, p. 358) ke et Schmiedel (p. 43) pensent aux environs de | l’an 70, von Soden (Urchr. Litgesch., p. 167 s.) et Wrede (p. 95 s.) à la fin du premier siècle, De Hilgenfeld (Einl., p. 642 s.), Pfleiderer (Urchr. c. 1, p. 98)'èt' Hollmann (Z NAT ON We OUE #1 p. 35-38) au commencement du second. L'accord | est donc loin d’être fait entre les partisans de

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l'inauthenticité et l’on ne voit guère comment il pourrait être réalisé. Les seuls indices sur lesquels on puisse s'appuyer pour dater l’épître sont ceux qui sont fournis par le développement

eschatologique, ils sont beaucoup trop som- “maires pour qu'on puisse les interpréter d’une manière précise et notamment décider si ce

sont des allusions à quelque événement histo-

rique ou des emprunts à la tradition apoca-

lyptique.

Pour essayer d'échapper aux difficultés que soulèvent à la fois la thèse de l’authenticité et celle de l’inauthenticité plusieurs critiques

ont cherché une voie moyenne. C’est ainsi

que P. Schmidt (cité par von Doscaürz, p- 35) a proposé de considérer les morceaux 1, 5-12 ; 2, 3-12 comme interpolés et 2, 2b. 3, 17, -comme remaniés. Cette hypothèse ferait disparie les principales, difficultés que l’on oppose. à l’authenticité mais elle ne laisserait subsister

| qu ‘un document trop insignifiant. pour avoir jamais pu constituer une épître indépendante. Le problème soulevé par le rapportlittéraire des,

-deux lettres entre elles serait plus insoluble

encore que dans l'hypothèse de l'intégrité.

+ De plus, il n’y a aucune trace de suture ni au commencement ni à la fin des morceaux considérés comme. interpolés.

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332 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

Spitta (Z. Gesch., I, p. 120 s.) a proposé de voir dans la seconde épître une lettre que Paul, après avoir dicté la première, aurait chargé Timothée d’écrire en son nom. Timothée se serait attaché à suivre fidèlement le modèle qu'ilavait sous les yeux, mais en y introduisant ses vues eschatologiques personnelles. Si, dans une épître qui nomme comme auteurs, Paul, Silas et Timothée,la part de Silas et de Timothée peut être minime, il est difficile de penser qu'il puisse en être de même de celle de Paul, étant donné surtout que, dans la conclusion, l’apôtre se donne lui-même et lui seul comme l’auteur responsable de l’épître. Il faut ajouter que l’hypothèse de Spitta laisse subsister tout entier le problème du but de la rédaction de la seconde épître.

En présence de l’impossibilité où la critique se trouve de résoudre d’une manière satisfaisante le problème de la seconde épître aux Thessa-, loniciens formulé dans les termes « authentique ou inauthentique », on devait naturellement être amené à se demander si ce ne seraient pas les termes mêmes du problème qui devraient être modifiés. C’est ce qu'a tenté de faire Harnack. Il suppose qu’il y avait à Thessalonique deux groupes en quelque sorte concentriques, l’un judéo-chrétien peu nombreux repré-

sentait le premier noyau de convertis, l’autre

pagano-chrétien formait la grande masse de l’Église. Bien que les deux groupes n'aient pas été opposés l’un à l’autre, chacun gardait sa physionomie propre et les relations que l’apôtre avait avec les judéo-chrétiens n'étaient pas aussi cordiales que celles qu’il avait avec les pagano-chrétiens. La première épître aurait été adressée à l’ensemble de l’Église, la seconde envoyée, en même temps, aux judéo-chrétiens qui risquaient d’être troublés et agités par l’enseignement eschatologique dont les pagano- chrétiens avaient besoin. Le fait que les judéochrétiens auraient formé comme une petite Église au sein de la communauté expliquerait que Paul demande que sa lettre soit lue à tous les frères (J, 5, 27).

Les passages par lesquels Harnack lui-même et, après lui, Lake (Earl Ep., p. 89) ont cru trouver la preuve de ces divisions n’ont pas, nous l’avons vu (p. 291), la portée qu’on leur prête. Paul y présente une unité toujours plus parfaite comme un idéal mais rien, dans les expressions qu'il emploie, n'indique que, pour atteindre cet idéal, les Thessaloniciens aient à changer de voie. Nous savons, d'autre part,

que, là où il avait affaire à des divisions véri-

tables, Paul parlait sur un tout autre ton. Il

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suffit de rappeler le début Abe épître aux Corinthiens. C'est que, pour Paul, l'unité n’est pas une qualité dont l'Église pourrait, à la rigueur, se passer, elle est quelque chose d’essentiel, l’unité même du corps du Christ. La division de l’Église, c’est la négation même du christianisme ; pour Paul-elle est intolérable.

On n'arrive, d’ailleurs, pas .à se représenter comment deux groupes mon pas hostiles, mais seulement distincts l’un de l’autre auraient pu coexister dans l’Église de Thessalonique et.

entretenir les relations que suppose Ja vie commune sans aboutir ou bien à la fusion ou bien à l’hostilité ouverte.

Mais ce n’est pas là la seule difficulté que soulève l’hypothèse de Harnack. On en doit.

mentionner au moins deux autres qui sont.

essentielles. La première est que rien, dans la. seconde épître, n'autorise à penser que l’apôtre me s'adresse pas à l’ensemble de l’Église’. La seconde est que la théorie de Harnack rendrait plus nécessaire encore que l'interprétation traditionnelle une allusion à la première épître dans la seconde. Conçoit-on que Paul aït pu compléter ou rectifier à l'usage des judéo-chrétiens de Thessalonique l'enseignement escha-

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