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leurs intrigues auprès des autorités païennes, Paul n’aurait pas eu besoin de mettre les chrétiens en garde contre eux ni surtout de motiver aussi fortement son avertissement. L'activité: des Juifs devait viser à ruiner le christianisme. mais non du dehors seulement. Ils s’efforçaient. sans doute de faire du prosélytisme aux dépens. de la communauté; peut-être voyaient-ils en Paul un Juif infidèle et s’efforçaient-ils de rattacher à la synagogue ceux qu'il avait amenés. à rompre avec le paganisme.
On comprendrait, dans cette hypothèse, deux faits qui resteraient bien étranges si Paul visait des judéo-chrétiens, c’est d’abord qu'il ne présente pas ses adversaires comme des gens qui sont venus du dehors, c’est, en second lieu.
qu'il n’est pas amené à présenter une défense de son apostolat et de sa personne comme il le fait notamment dans l’épître aux Galates.
L'interprétation qui précède place sous un jour autre que celui sous lequel on l’envisage d'ordinaire, l'indifférence dont Paul paraît faire preuve dans le passage du chapitre 1 où il parle de la prédication de l'Évangile inspirée par un esprit de rivalité et de jalousie. La plupart des interprètes pensent qu'à la fin de la vie de l’apôtre, au seuil de la mort, un grand apaisement se fait en lui et qu'il juge avec séré—
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nité des faits qui, quelques années plus tôt, l’auraient rempli d’indignation. Mais il est bien difficile de comprendre ce détachement de l’apôtre à l’égard de ce qui est, pour lui, l'essence de l'Évangile et les vigoureuses invectives du chapitre 3 ne sont pas favorables à l’idée d’un apôtre vieilli et apaisé. Tout se comprend bien plus aisément si ce dont il est question au chapitre 1, ce n’est pas une prédication rivale de celle de l’apôtre et qui vise à ruiner son œuvre mais une prédication qui ne diffère (ou dont il pense qu’elle ne diffère) de la sienne que par les mobiles qui l’inspirent. Paul rend à ses rivaux ce témoignage qu'ils prêchent le Christ, il n'aurait pu en dire autant des contre-missionnaires galates dont l’enseignement rendait, à ses yeux, la mort du Christ inutile (Gal., 2,21).
Cette situation ne peut se comprendre qu’à l’époque de la captivité éphésienne, à un moment où les luttes de Galatie et de Grèce n’ont pas encore révélé à l’apôtre que ces prédicateurs de l'Évangile qui prennent à son égard l’attitude de concurrents et de rivaux ne visent à rien de moins qu’à ruiner son œuvre et à discréditer son apostolat.
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III, =" LES VRELAMONSMOENMEAUE AVEC LES PHILIPPIENS.
Les relations de Paul avec les chrétiens de Philippes ont un caractère de cordiale affection qu'aucun incident et aucun malentendu n’a troublée.
L’apôtre rappelle comment cette affection s’est manifestée dans le passé. Par deux fois, les Philippiens lui ont envoyé un secours alors qu’il était à Thessalonique (4,10-20), et, comme l'Église de Philippes est la seule qui soit entrée en comptes avec lui (4,15), c’est aussi de Philippes que venaient les frères qui ont apporté à Corinthe de quoi subvenir aux besoins de l'apôtre (IA Cor:, 119):
Dans les temps qui précèdent immédiatement la composition de l’épître les relations entre Paul et les Philippiens ont été fréquentes. Les Philippiens ont appris que Paul était prisonnier et qu'un changement était survenu dans sa situation (1,12) ; ils ont envoyé auprès de lui Épaphrodite porteur d’un secours en argent et chargé de se mettre à son service. Épaphrodite est tombé malade, les Philippiens l’ont appris et, à son tour, Épaphrodite a su qu'ils étaient inquiets à son sujet (2,25 s.). Tout cela
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a dû se passer en peu de temps puisque Paul n'a pas encore remercié les Philippiens de leur envoi.
Les relations prévues pour la période qui doit Suivre la composition de l’épître ne sont pas moins nombreuses. Épaphrodite va retourner à Philippes (2,25), peu après, il sera suivi de Timothée, celui-ci reviendra auprès de l’apôtre puisque Paul l’enverra pour avoir des nouvelles des Philippiens (2,19s.). À son tour Paul espère, puisqu'il envisage une libération prochaine, venir à Philippes (2,24).
Ceci doit être rapproché d’une situation que nous fait connaître la première épître aux Corinthiens. Paul écrit à un moment où Timothée l’a quitté depuis peu pour aller à Corinthe (1, 4,17) maïs il ne doit pas s’y rendre directement puisque l’apôtre prévoit que la lettre, écrite après le départ de son envoyé, arrivera à Corinthe avant lui (Z, 16,10). La mission que Timothée doit accomplir avant de venir à Corinthe doit avoir eu la Macédoine pour objet. Quand à Paul, il attendra le retour de Timothée pour venir en Grèce. En partant d’Éphèse il ira en Macédoine et de là à Corinthe (Z, 4,17; 16,5-8.11). Cette situation est identique à celle que nous fait connaître l’épître aux Philippiens.
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Avant de venir pour la dernière fois à Corinthe, Paul passa en Macédoine où les Églises — peut-être à la suite de persécutions — traversaient une période d'extrême misère, malgré laquelle elles tinrent à prendre une part active à la collecte pour les chrétiens de Palestine (II Cor., 8-9). L'Église de Philippes a dû être au premier rang de ces Églises macédoniennes qui témoignèrent alors de tant de générosité et de dévouement.
L'épître aux Philippiens doit avoir été écrite avant la collecte. On ne comprendrait pas, sans cela, que Paul, parlant de la générosité des Philippiens, ait pu passer sous silence celle dont ils avaient fait preuve à ce moment-là.
Lors de son second et de son troisième et dernier passage en Macédoine, avant et après les trois mois d’hiver passés à Corinthe, Paul a. dû mettre les Philippiens au courant des projets qu'il formait alors : se rendre à Rome pour de là entreprendre l’évangélisation de l’Espagne. Dans l’épître aux Philippiens il n’est question ni de l’évangélisation de l'Espagne, ni de la seconde, ni de la troisième visite à Philippes. Paul manifeste l’intention de revenir en Macédoine. Il a si peu le sentiment que son œuvre dans le bassin oriental de la Méditer-
ranée soit terminée qu'il déclare qu'il est utile
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pour les fidèles de Philippes qu'il soit délivré et puisse revenir auprès d'eux. Il n’y a pourtant aucune allusion à des incidents qui auraient amené l’apôtre à modifier ses plans en lui révélant que les Églises orientales avaient encore besoin de ses instructions.
L'examen des relations entre Paul et les Philippiens montre donc :
19 Que l’apôtre est emprisonné à un endroit d’où les relations sont particulièrement faciles avec la Macédoine. Éphèse convient à ce point de vue beaucoup mieux que Césarée ou que Rome ;
29 Que l’épître a été composée avant la seconde visite de l’apôtre à Philippes.