‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 147 sur 154 · Sur la salutation initiale voir p · texte numérisé non relu

Sur la salutation initiale voir p

2, Pourtant VoELTER (P. u. s. Br., p. 297) tient pour primitif 2,17, où l'éventualité de la mort est nettement envisagée.

La liaison du v. 27 avec ce qui précède est aussi jugée insuffisante (p. 293). Le développement de 1,27 s., en effet, n’est pas la conséquence logique des renseignements donnés par lapôtresur lasituationdans laquelle il se trouve. On peut cependant comprendre comment, après avoir indiqué qu’il n’est nullement certain de pouvoir revenir auprès des Philippiens, Paul leur donne un conseil qui suppléera aux enseignements qu’il leur aurait prodigués de vive voix. Sans doute encore, le développement qui commence au verset 17 du chapitre 2 se relie fort bien à 1,26 mais cela se comprend par le fait qu'après la digression que constitue le morceau 1,27-2,161, Paul reprend son premier développement.

Voelter (p. 298) estime que les versets 19-24 du chapitre 2 dans lesquels Timothée est présenté comme le seul collaborateur fidèle de Paul sont en contradiction avec 1, 15-17 où une partie au moins de ceux qui prêchent l'Évangile autour de l’apôtre le font dans le même esprit que lui et parattachement poursa personne. Il n’y a cependant aucune contradiction réelle car rien n'indique que ceux qui

1. Nous reviendrons plus loin sur les raisons théologiques que l’on a opposées au caractère paulinien du développement 1,27-2,16.

408 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

sont à l’œuvre autour de Paul soient ses collaborateurs et qu'il puisse disposer d'eux comme il le fait de Timothée qu'il se PES, à envoyer à Philippes.

Nous arrivons à la dernière et plus grosse difficulté, celle qui frappa déjà Stéphane Le Moyne au xvrre siècle et qui a déterminé l’opinion de tous ceux qui, depuis,se sont prononcés contre l’unité de l’épître. Nous voulons parler de la brusque et, au premier abord, insuffisante transition de 3,1 à 3,2: (VOELTER, p. 300s.). Notons d’abord qu'aucune des épîtres de Paul ne se termine par un simple yxgere et qu'on ne saurait donc voir dans 3,1 une formule d'adieu’. Qu'il n’y ait pas de cohérence entre l’avertissement contre les chiens et ce qui précède, c’est de toute évidence, mais il n’en résulte pas que l’apôtre n'ait pas pu donner cet avertissement dans la même lettre surtout, si l’on admet, comme nous avons essayé de montrer qu'on

1. La seconde partie du verset 1 nous paraît, à cause de: l’exhortation à la joie de 2,18,se rattacher très bien à la première, C’est donc la liaison du verset 1 au verset 2 qui doit être examinée, et non, comme le fait par exemple CoucHoup (R. H. R.,t.LXXX VII (1923), p. 13), celle des deux parties du verset 1. On ne comprendrait d’ailleurs pas comment Paul pourrait dire qu’il ne lui est pas pénible de parler de ses adversaires alors qu’il ne le fait qu’en pleurant (3,18).

2, Comme le font FEINE (p. 14) et Coucaoup (R. H. R., t. LXXXVII (1923), p. 13 n. 3).

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L'ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS 409

doit le faire, que ces invectives visent des ennemis du dehors. Les deux morceaux juxtaposés ne révèlent ni des sentiments, ni des situations contradictoires. Il y a seulement juxtaposition de développements, comme il est naturel qu'il y en ait dans une lettre où celui qui écrit n’est pas obligé, pour passer d’un sujet à un autre, d'user de transitions comme dans un discours ou dans un exposé didactique. L'hypothèse d’une interruption de la dictée entre 3,1 et 3,2 apporterait une explication complémentaire du défaut apparent de cohérence.

Peut-on, comme le fait Voelter (p. 301), opposer à l'explication que nous proposons le fait que, dans 4,10, Paul remercie les Philippiens pour l'envoi qu'ils lui ont fait, ce qui semblerait devoir être rattaché à ce qui est dit d'Épaphrodite dans 2, 25-30 ? Il ne nous le semble pas. car il est assez naturel d'admettre que Paul ait réservé les remerciements personnels qu'il voulait adresser aux Philippiens pour l’addition autographe qui paraît commencer avec

En résumé, il nous semble que l’on n’a opposé à l’unité de l’épître aux Philippiens aucune difficulté qui ne puisse s'expliquer par la liberté qui caractérise la composition d’une lettre.

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