‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 24 sur 154 · LE LES ÉPÎTRES RAULINIENNES · texte numérisé non relu

LE LES ÉPÎTRES RAULINIENNES

le plus précis que nous possédions sur les Aciæ __ Pauli rapporte que le presbytre d'Asie qui les, avait composés fut destitué bien qu'il déclarât: avoir agi par amour pour Paul: Faut-il doncconsidérer les Acta Pauli comme un livre __ hérétique ? Le fait que Thécla enseigne et. __ qu’ellese baptise elle-même, en se précipitant, au milieu de l’arène, dans une cuve remplie de:

ne. phoques, ne suffirait pas à l’établir, car il est | juste qu’une sainte et une martyre jouisse de certains privilèges. C’est d’ailleurs dans un ; pressant danger que Théela se baptise et il n’est pas dit que, dans la suite, elle ait conféré le baptême à personne. On ne peut donc estimer que son exemple viole la discipline de l’Église, En ce qui concerne la doctrine, pour autant qu’on peut la reconnaître avec précision dans un livre qui est une œuvre d’édification et non un exposé dogmatique, on est d’accord pour estimer que, dans son ensemble, elle est en

Ï. Sciant in Asia presbyterum qui eam scripturam construæit quasi titulo) Pauli de suo cumulans, convietum atque confessumr À id se amore Pauli fecisse, loco decessisse (De Baptismo, 17). Rorrs (HENNECKE, Nf. Ap., p. 196) a supposé que le motif de la déposition pourrait avoir été que les Acta Pauli, spécialement la correspondance avec les Cofinthiens, ayant été utilisés dans la lutte contre les hérétiques, ceux-ci auraient découvert la fraude, ce qui aurait mis les réprésentants de 174 l’Église en mauvaise posture. Cette ingénieuse hypothèse paraît bien un peu anachronique.

bone avec la pensée de l'Église de la . Seconde moitié du second siècle’. Sur un point seulement la doctrine des Acta Pauli paraît dépasser quelque peu les limites de la doctrine de l'Église : l’ascétisme y est non seulement célébré comme un idéal en la personne de Thécla mais presque présenté comme la condition du salut. Cependant, comme le note justement Vouaux (4. P., p. 79), l’auteur des Acta Pauli ne va pas jusqu’à l’hérésie des Encratites et surtout l’apologie de l’ascétisme n’est chez lui liée à aucune spéculation dualiste. La chasteté absolue, telle qu’elle est réalisée en la personne de Thécla, apparaît comme un idéal qu'il faut, suivant l'expression de Vouaux (p. 79), «admirer et reproduire en soi-même autant que possible, mais si parfaite qu’il est impossible d’exigerl’égalité complète avec elle ».

Il n’est pas douteux, ainsi que cela résulte du témoignage de Tertullien, que les Acta Pauli soient originaires d'Asie. Il est sage, comme l'indique Schmidt (A. P., p. 174 s.), de ne pas essayer de préciser davantage. On ne peut, en effet, estimer bien probantes les considérations que Schmidt lui-même (A. P., p. 205) fait valoir en faveur de Smyrne ou celles que Vouaux

Page 1