‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 25 sur 154 · SCHMIDT, À: Pa p. 183, 193, 196 s.; Vouaux, À. Pa DTU Se · texte numérisé non relu

SCHMIDT, À: Pa p. 183, 193, 196 s.; Vouaux, À. Pa DTU Se

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(A. P., p. 104) met en avant pour Antioche de Pisidie. Quant à la date de composition, bien que Zahn ait envisagé l’époque de 90 à 120!, la plupart des auteurs pensent qu'il faut admettre une date sensiblement plus basse, 160-170 (Vouaux, À. P., p. 111) ou, plutôt encore, les environs de 180 (SCHMIDT, À. 1 p. 175 .s.)?.

Quelques critiques ont proposé des solutions intermédiaires. On peut citer, comme type des théories qu'ils ont développées, le système de Ramsay qui admet que les Actes de Paul

. reposent, en dernière analyse, sur un document

beaucoup plus ancien qui aurait été rédigé en Phrygie peu après les événements qu’il relatait, peut-être déjà entre 50 et 704, Ce récit n’étant

1. G. K., II, p. 909. Il a retiré cette hypothèse depuis la découverte de la version copte et n’admet plus la composition avant 170 : Die wiedergefundenen Akten des Paulus, N. k. Zeitschr., VIII, 1909,:p. 938 s.

2. Cette date est confirmée par le fait que ce que les Acta Pauli disent du nombre des chrétiens et des persécutions se rapporte à la situation qui existait au second siècle et non à celle du premier.

3. W. Ramsay, The Acta of Paul and Thekla, dans The Church and the Roman Empire before A. D., 1704, London, 1905, p. 375-428.

4. SALOMON REINACH (Thékla, dans Culles, mythes et religions, IV, Paris, 1912, p. 249) estime que le fond de l’histoire

de Thékla est, réserve faite des épîtres de Paul, le plus ancien

ouvrage chrétien que nous possédions.

pas protégé par un caractère canonique était exposé à toutes sortes d’altérations. C’est ainsi que, dans la rédaction actuelle, les renseignements historiques authentiques provenant du texte du premier siècle seraient surchargés d’une foule d’éléments légendaires totalement dépourvus de valeur. Il y aurait ainsi tout un départ à faire dans les renseignements fournis par nos Actes. Ce qui est historique remonterait au 1e siècle, ce qui est légendaire aurait été ajouté plus tard. On a justement observé que la méthode suivie par Ramsay est singuliérement arbitraire. Ilestun peu simpliste d’opérer ainsi la séparation de l’ivraie et du bon grain et de reconstruire par conjecture un document qui ne contiendrait que des renseignements excellentst, Pour qu’on puisse admettre que les Acta Pauli actuels reposent sur un document du 1er siècle, il ne suffit même pas qu'il soit démontré qu’ils contiennent des renseignements historiques, il faudrait encore qu’il fût établi qu'ils n’ont pu parvenir au rédacteur que par l'intermédiaire d’un document écrit.

Nous sommes, par là, conduit à examiner brièvement la question des données historiques

1. C’est ce que divers critiques ont fait valoir contre Ramsay. Voir par exemple RozrrFs, dans HENNECKE, Hdb. Ni. Ap., p. 377 s.; Vouaux, À. P., p. 94.

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contenues dans les Acta Pauli. La discussion porte principalement sur trois points : 19 La reine Tryphaine qui, à Antioche, prend Thécla sous sa protection (A. P. et Th., c. 27 s.) n’est pas un personnage fictif. Il y a eu, au milieu du 1er siècle, une reine du Pont de ce nom qui était la cousine issue de germaine de l’empereur Claude (voir Ramsay, p. 283 s.; S. REINACH,

p. 247 s.); 20 La route royale (Gxsuuxé 836c) qui

conduit à Lystre et que Paul emprunte pour aller d’Antioche à Iconium (4. P. et Th., ch. 2) n’était pas la route habituellement suivie au second siècle (RAMSAY, p. 390 s.; S. REINACH, p. 246); 30 Enfin, la description de l’apôtre qu'on lit au chapitre 3 des Actes de Paul et de Thécla présenterait, au jugement de beaucoup de critiques, de suffisantes garanties d'authenticité. Il convient d’examiner successivement ces trois points. Le rôle de la reine Tryphaine est celui d’une femme opulente et bonne ; l’auteur des Actes la fait intervenir pour éviter à Thécla le séjour dans la prison où sa chasteté aurait été exposée à de bien graves périls. Est-il inconcevable que le lettré qu'était l’auteur des Acta Pauli, ayant besoin de faire intervenir une grande dame, ait pensé, sans la suggestion d’un document écrit, à la reine Tryphaine dont le nom pouvait parfaitement être encore

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et dont on pouvait encore savoir quelle avait, été parente de l’empereur ? Il n’est pas plus. difficile d'admettre que, à la même époque, on ait encore su qu’autrefois on suivait une autre route pour aller d’Antioche à Iconiumr. Il est naturel que l’auteur des Actes ait intro duit ce trait dans son récit pour lui donner une couleur historique. L’explication est d'autant plus vraisemblable que le détail n’a aucune importance et que, si l’auteur n'avait pas eu une intention particulière, il n’aurait eu aucune raison de le donner.

Nous arrivons maintenant au portrait de Paul. Onésiphore qui attend. Paul sur la route royale, le reconnaît au signalement que lui a:

donné Tite. « Il vit venir Paul, disent les Actes.

(A: P. et Th, c. 3), homme de petite taille, à la tête chauve, aux jambes arquées, vigoureux, aux Sourcils joints, au nez légèrement bombé, plein de grâce, car tantôt il apparaissait tel qu'un homme, tantôt il avait le visage d’un ange »2,

1. CLEMEN, I, p. 339; Rozrrs, dans HENNECKE, Nt. Ap.1, p. 360.

2. Eïôev Gè rov Ilaÿdov épyôuevor, AVÔpa purpov To meyéler, Joy ri TANT &yxÿhov taïc XVAHOLS, EVEXTLXOY, aÜvo ppuv, #uxp@S énéppivov, yéptros mfpne * morè uèv yap évoalvero dc: dubpwros, motè äyyÉhou mpécwmav elyev. L'influence que cette description a exercée sur l’iconographie de l’apôtre.

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Preuschen: et S. Reinach (p. 243, 249) estiment que les Actes ayant été écrits amore Pauli un portrait. aussi peu flatteur doit reposer sur une ancienne tradition’. C’est prêter un point de vue esthétique tout moderne à un auteur dont nous connaissons cependant les tendances ascétiques et l’opposition à tout ce qui est la chair. Il faut, d’autre part, observer qu'il y a dans le dernier trait de la description une tendance à l’idéalisation. L'auteur veut illustrer le contraste qu’il y a entre la faiblesse et la laideur de l’apôtre et la puissance de son action. Dans sa description, il s’est inspiré du type juif tel qu'il l’avait sous les yeux. Le trait le plus caractéristique, la calvitie de l’apôtre, peut provenir soit de ce que les philosophes étaient généralement représentés chauves, soit peutêtre d’Actes, 18, 18; 21, 24. D’autres traits peuvent avoir aussi leur origine dans le Nouveau Testament. Paul n'atteste-t-il pas lui-même

est une preuve de la vogue qu’ont eue les Acta Pauli. C£. Jou. Ficxer, Die Darstellung der Apostel in der altchristlichen Kunst, Leipzig, 1887, p. 34 s.; WEISs-LIEBERSDORF, Ghristusund Apostelbilder, Freiburg i. B., 1902, p. 69 s., 111 5.

1. Paulus als Antichrist, Z. N. T. W., II, 1901, p. 191. Cest aussi l’opinion de RENAN (Les Apôtres, p. 170) et de ZAHN (G. K., II, p. 903 s.; N. k. Zeitschr., VIII, 1897, p. 939).

à C’est aussi l'opinion d’Ep. Meyer, Urspr. u. Anf., III, p. 413.

que son aspect n'avait rien d'imposant (11 Cor., 10, 10) et les Actes ne racontent-ils pas qu'à Lystre il fut pris seulement pour Hermès alors que Barnabas était pris pour Zeus (Actes, 14, 12) ? Il n’y a donc aucune raison de considérer que le portrait donné par les Acta Pauli repose sur une tradition indépendante et puisse être regardé comme un signalement exact de l’apôtret. La conclusion à laquelle nous sommes ainsi conduit est donc essentiellement négative.

Il n’y a aucune preuve que les Acta Pauli reposent sur un document plus ancien et il n’y a pas lieu de faire état des renseignements qu'ils contiennent, sinon peut-être pour certaines descriptions de lieux qui n’ont pas dû beaucoup varier en un siècle et demi.

1. C’est l'opinion de CLEMEN (I, p. 339; Miszellen zu den Paulusakten, Z. N. T. W., V, 1904, p. 228 s.); de SCHMIDT (A. P., p. xvui) ; de Vouaux (4. P., p. 122 s.), etc.

2. Il serait cependant exagéré de conclure de là, avec REY (Étude sur les Acta Pauli et Theclae et la légende de Thécla, Paris, 1890, p. 59) et avec ScHMIDT (A. P., p. XIV S., 206 s.), suivi par Krücer (Liter. Zentralbl., 1904, p. 486 s.,), que le personnage de Thécla a été inventé de toutes pièces. Sans aller jusqu’à croire, avec RaAmsAY et ZAHN, que ce que racontent d’elle les Actes ait, pour l'essentiel, une valeur réelle on peut admettre son existence avec HARNAGK (Chronologie, I, p. 506; Th. Litzg., 1904, col. 324), Rozrrs (dans HENNECKE, Hdb., p. 375 s.), CLEMEN (I, p. 339) et Vouaux (A. P., p. 127 5.), mais il ne faut pas aller plus loin ét prétendre, en aucune manière, pouvoir reconstituer son histoire véritable.

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H convient cependant de signaler, maïs c'est une constatation purement négative, que :

le fait que les Acta Paul ignorent tout d’une seconde captivité de Paul n’est pas sans signification et sans portée. Nous aurons à y revenir.

‘Ce qu’on. lit dans d’autres actes apocryphes où figure Paul a moins de valeur encore. Les. Acta Petri, composés en Asie Mineure vers 200, mentionnent (1-3) la présence de Paul à Rome et son départ pour l'Espagne; ils ne contiennent aucun détail qui puisse prétendre à une valeur historique indépendante?. Les Acta Petri et Pauli ne datent que du milieu du cinquième siècle et il n’y a aucune raison de penser qu’ils reposent sur un document plus ancien®. Il n'y a donc pas lieu de s'y arrêtert.

L'CLEMEN, Z.N. T. W., V, 1904, p. 247; Vouaux, A. 1P:" p. 126s.

2. Texte dans Lipsrus (Acta Apostolorum apocrypha, Lipsiae, 1891, p. 45 s.) et dans Vouaux (Les Actes de Pierre, Introduction, texte, traduction et commentaire, Paris, 1922, p. 221 s.). Sur les Acta Petri voir, entre autres : G. FICKER, dans HENNEKE, Nf. Ap., p. 212 s., Hdb. NI. Ap.,p. 395 s.; Vouaux, ouv. cité. On trouvera chez VouaAUux (p. 215 s.) unebibliographie complète.

3. Lipsrus, Die apokryphen Apostelgeschichten, Braun- Schweig, 1883-1890, 1, 1, p. 305 s., 331 S.; CLEMEN, 1, p. 3435.

4. Nous n’examinons pas ici la question de la tradition de la mort des apôtres Pierre et Paul à Rome et de leur ‘sépulture. Nous reviendrons sur cette question dans le chapitre sur la fin de la vie de Yapôtre. |

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| III. — CoNCLUSION

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