Sur les derniers calculs faits à ce sujet voir ACHELIS
Ein Versuch den Karfreitag zu datieren, Nachr. d. Goettingen .
Ges. der Wiss., Phil.-hist. KL, 1902, p. 707-717 et PREUSCHEN, Todesjahr und Todestag Jesu, Z. N. T. W., V, 1904, p. 1-17.
LES POINTS FIXES DE LA CHRONOLOGIE \ ue A
et bi le rebâtirais en trois jours ! l» (Jn., 2, 20).
Le Temple d'Hérode ne fut achevé que pendant le gouvernement d’Albinus (62-64), c’est-à-dire
peu de temps avant sa destruction. Le sens de
la parole considérée n’est donc pas : « On a
mis quarante-six ans à construire ce Temple »
mais : « On y travaille depuis quarante-six
ans ).
-Nous savons par Josèphe: que la construction
du Temple fut commencée par Hérode la dixhuitième année de son règne, soit en 734-735 de
Rome (20/19 avant J.-C.), l’année où l’empe-
reur vint en Syrie. Ce voyage se place, d’après
Dion Cassius (64, 7), en 734 de Rome (20 avant
-J.-C.). Du rapprochement de ces deux indications, il résulte que la construction fut commencée pendant la seconde partie de cette année ; les quarante-six ans furent donc accomplis dans la seconde partie de l’année 780 de Rome (27 après J.-C.) et la parole qui nous
1. Ant. jud., XV, 11, 1. Dans le De bel. jud. (1, 21, 1), Josèphe |
donne une autre indication : «la quinzième année d’Hérode », mais, de l’avis de la grande majorité des critiques, cette date,
si elle ne s’explique pas par une simple erreur, ce qui reste le
plus vraisemblable (Orro, Herodes, Beiträge zur Geschichte des letzten jüdischen Kônigshauses, Stuttgart, 1913, col. 84 n.), se rapporte peut-être à l’établissement du projet. La dix-
huitième année d’Hérode paraît bien établie. Cf. SCHÜRER,
Gesch., I, p. 369.
86 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
occupe a été prononcée dans la seconde moitié de l’an 27 ou dans la première de 28.
Comme l'épisode de la purification du Temple se place à la veille de la Passion (nir., IT, p.271 s.), ilen résulte que c’est à la Pâque de 28 que Jésus a péri.
Certains auteurs, Th. Zahn (Einl., Il, p. 631), par exemple, estiment qu'il a dû y avoir un intervalle assez long entre la mort de Jésus et Ja conversion de Paul. Dans cet intervalle se placerait une évolution sensible dans l'attitude -du parti pharisien à l’égard des chrétiens. Les pharisiens auraient d’abord pris une attitude expectative caractérisée par le discours de -Gamaliel (Actes, 5, 34-39). Mais si les saddu- -céens sont seuls mentionnés comme adversaires des chrétiens dans les premiers chapitres -des Actes, c'est qu'ils formaient la majorité du sanhédrin. Il n’y a pas un mot qui permette de conclure: à la bienveillance, ou même à la neutralité des pharisiens. Le discours de Gamaliel — même s’il fallait lui reconnaître quelque valeur historique — représenterait seulement le sentiment personnel d’un individu, il n’engagerait pas le parti auquel il appartenait. Quant aux faits rapportés dans les huit premiers chapitres des Actes, ce que nous avons vu (Intr., III, p. 172 s.) des sources de cette partie
du récit n’est pas de nature à inspirer grande confiance dans sa valeur.: :
Dans Rom., 16, 7, Paul dit d’Andronicus et de Junias qu'ils ont été chrétiens avant lui, mais s’il relève cette circonstance, c’est que ceux dont on pouvait en dire autant ne devaient pas être très nombreux.
On dit encore que la propagation du christianisme de Jérusalem à Damas a dû demander
un certain temps, mais la démarche de Paul à°
. Damas s'explique si les chrétiens de cette ville représentaient le seul groupe de disciples en dehors de Jérusalem beaucoup mieux que si l'Église avait déjà essaimé dans toutes les directions. La présence de croyants à Damas a
tenu sans doute à quelque circonstance parti-
culière, elle ne suppose pas nécessairement une mission organisée. Ceci nous transporte aux tout PpRriets temps du christianismet.
1. La date du martyre d’Étienne dans lequel Paul a peutêtre joué un rôle (voir p. 186 s.) n’est pas connue. RENAN ‘(Les Apôtres, p. 141 s.) et HAUSRATH (Neutestamentliche Zeitgeschichte, II2, Heidelberg, 1875, p. 347) pensent qu’il faut le placer en 36 ou 37, alors que Pilate ayant été suspendu par le légat de Syrie Vitellius, Marcellus exerçait l'intérim du gouvernement de Judée avant la nomination de Marullus, .maïs Étienne a péri au cours d’une émeute et un tel mouvement, né d’une explosion de fanatisme, n’est pas plus invraisemblable sous le rude gouvernement de Pilate que sous l’administration plus douce .de Marcellus.
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88 -__ LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
© Nous savons par le livre des Actes (9,23-26) et surtout par le témoignage de Paul lui-même (II Cor., 11,32-33), que l’ethnarque du roi Arétas fit BRU les portes de Damas pour l'arrêter et qu’on le fit descendre par une corbeille le long des murailles et que c’est ainsi qu'il parvint à s'enfuir. Cet incident n’a pas dû précéder le voyage de Paul en Arabie (Gal., 1,17) car il serait étrange que l’apôtre
*se soit rendu dans le pays des Nabatéens au
moment précis où il venait d'échapper avee peine à leurs embüûches et qu’il ait ensuite pu revenir à Damas sans y être inquiété. La fuite de Damas se place donc à la veille de la première visite de Paul à Jérusalem, la troisième année qui suivit sa conversion. On a conjeeturé, mais d’une manière que le silence de Josèphe rend déjà assez hypothétique, que la ville de Damas avait été quelque temps sous
la domination d’Arétas vers 36 ou 37 pendant
ou avant la campagne de Vitelliust.
Schwartz? a montré que cette hypothèse,
1. Par exemple Scaürer, Gesch., I, p. 737, II, p. 82, n. 42. BLass (Acta Apost., ed. phil., p. 119) va même jusqu’à admettre que Damas a été entre les mains des Nabatéens à. partir de. 85 avant J.-C. Contre cette théorie, voy. SCHÜRER, Gesch., I, p. 734, II, p. 1185.
2. Die Aeren von Gerasa und Eleutheropolis, Nachr. d. kgl. Ges. d. Wiss. z. Goettingen, Phil.-Hist. KI., 1906, p. 367 s.
suggérée par le fait que les deux empereurs Caligula et Claude sont les seuls dont l'effigie ne figure pas sur les monnaies de Damas, était très fragile. Il serait incompréhensible que la
Ville ait été volontairement cédée à Arétas. à
Quant à l'idée d’une campagne malheureuse qui l'aurait fait perdre aux armées impériales, elle n’est guère admissible car la défaite «qu’il faudrait supposer aurait difficilement pu être passée sous silence par les historiens. D'’ailleurs, si Damas avait appartenu aux Nabatéens, l’ethnarque aurait pu faire arrêter Paul dans la ville même et n’aurait pas eu besoin de préparer un guet-apens dans lequel l’apôtre devait tomber dès qu’il franchirait les portes. Il faut se représenter, comme l’admettent divers auteurs!, que l’ethnarque d’Arétas était, non pas le gouverneur de la ville, mais le chef national des Arabes qui y résidaient, ce qu’en langage moderne, on appellerait un consul général, ou bien le chef d’une bande de nomades qui cam-
pait aux portes de Damas pour tenter de s’em-
parer de Paul quand il en sortirait.
La seule conclusion à tirer du passage où
1. O. HorTzmanx, Neutestamentliche Zeitgeschichte?, Frei ;. burg i. B., Leipzig, 1895, p. 97; ZAHN, Einl., II, p. 632; Zur Lebensgeschichte des Paulus, N. k. Z., XV, 1904, p. 36 s. :. CLEMEN, I, p. 85.
A0 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
Paul mentionne sa fuite de Damas c'est qu'il a qu'tté cette ville avant 40, date de la mort d'Arétast. S’il a été de là directement à Jérusalem, comme paraissent le dire les Actes, la conversion ne pourrait, en tout Cas, pas être postérieure à 37, conclusion qui n'a guère de portée mais qui cependant écarte les opinions extrêmes, comme celles d’Anger et de: Renan, qui la mettent en 38, de Mac Neile qui la fixe à 39 et de Stolting qui la fait descendre jusqu'à 40. |
Paul a mis sa conversion en relation étroite avec la résurrection de Jésus et l’a attribuée à une apparition du Christ glorifié (I: Cor 190 qu'il assimile entièrement à celles que les autres apôtres ont eues avant lui et dont il fait la dernière de la série (I Cor. 15,8). Il a donceu ke sentiment que sa conversion marquait le terme des apparitions du ressuscité?. Si nous savions quelle durée l’ancienne Église attribuait à la période des apparitions, nous aurions par là une donnée précise sur la date de la conversion . de Paul par rapport à la mort de Jésus. Malheureusement l’ancienne Église n’a pas laissé sur ce point de tradition homogène. Luc: (24,50)
1. Scuürer, Geschichle, I, p. 736. : { 2. Sur cette question voir HARNACK, Chronologische Berechnung des « Tags von Damaskus ». :
- +.sÀ
place l’ascension le jour même ou le lendemain de la résurrection. Les Actes, dans un passage certainement interpolé et qui représente une des parties les plus jeunes du livre (1,3 ;cf. Intr., III, p. 155 s.), donnent la tradition qui a prédominé dans la suite et assignent aux apparitions une durée de quarante jours. Il n’est pas douteux qu’elle ait été fixée pour des raisons d'ordre allégorique et spéculatif. Les quarante jours qui s’écoulent entre la résurrection et l’ascension sont une préparation à la messianité glorieuse comme les quarante jours de la tentation au désert précèdent le début de l’activité messianique terrestre. Irénée (Adv. Haer., I, 30,14. Cf. 3,2) atteste que les Ophites et les disciples du valentinien Ptolémée assignaient à la période des appartitions une durée de dixhuit mois. Il peut s’agir là soit d'une donnée empruntée à la tradition, soit d’un chiffre éta- -bli par une construction spéculative.
. La première explication se recommande du fait que l’Ascension d'Ésaie qui n’est pas un livre hérétique mais un livre ecclésiastique du 1e siècle contient la même donnée’, Dans la
© 1: HaRNACK, Chron. Berechn., p. 678. L'idée de chercher dans l’Ascension d’'Ésaïe une indication sur la période écoulée entre la résurrection de Jésus et la conversion de Paul se trouve pour la première fois dans le livie d’un professeur de
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