‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 42 sur 154 · LES ÉPÎTRES PAULINIENNES · texte numérisé non relu

LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

l’origine de l'indication donnée par Eusèbe.

Il estime que, dans ses sources, l’indication était datée d’après les années du règne d’Agrippa, or, Comme ces années ont été comptées d’après deux systèmes entre lesquels il y avait une différence de cinq années (SCHÜRER, Geschichte, I, p. 589 n. 7), il est facile de se représenter comment une erreur s’est introduite dans l'établissement du synchronisme entre les années de Néron et celles d’Agrippa.

Harnack! remarque que, d’après Josèphe (Ant. Jud., XX, 8,9), Félix fut, après son rappel, accusé devant Néron par les Juifs et qu’il ne dut son acquittement qu’à l'influence de son frère Pallas. Celui-ci fut disgracié peu avant le jour où Britannicus devait avoir quatorze ans (TaciTe, Ann.; XIII 14,15), "sort :avant le 13 février 552. L'intervention de Pallas en faveur de son frère serait donc antérieure à février 55. En admettant avec Harnack (Chronologie, I, p.238) une erreur d’un an chez Tacite, on aurait une indication qui concorderait avec celle d'Eusèbe. Schürer (Z. f. wiss. Th., 1898,

1. Chronologie, I, p. 235. Le même argument avait déjà été indiqué par V. Weser (Krit. Gesch., p.182s.) et par O. HozrTz- MANN (Neut. Zeitgesch., p. 129).

2. D'après SuÉtonE (Vita Claudii, 27) Britannicus était né deux jours après l’avènement de Claude, soit le 13 février 41.

p. 39, cf. ERBESs, p. 18) objecte qu’il n’y a aucune raison d'admettre ce flottement d’un an chez Tacite et qu'entre l'avènement de Néron (13 octobre 54) et la chute de Pallas (avant le 13 février 55), on ne peut faire tenir la partie du gouvernement de Félix qui, d’après Josèphe, tombe sous le règne de Néron, le rappel de Félix, son retour, la plainte des Juifs contre lui et l'intervention de Pallas en sa faveur. On pourrait en conclure avec Schürer (Gesch., I, p.578 ; Z. f. wiss. Th., 1898, p. 39) que, même après sa chute, Pallas a conservé assez d'influence pour pouvoir intervenir efficacement en faveur de son frère:, ou plutôt, avec Schwartz (p. 286), que Pallas n’est pas en réalité intervenu. Le récit de Josèphe représenterait alors, comme. l’a pensé Erbes (p. 17), une hypothèse imaginée par les Juifs pour s'expliquer l’échec de leur plainte.

‘ Kellner? a proposé d'admettre que Félix

1. Meyer (Urspr. u. Anf., III, p. 53) fait remarquer que d’après TaciTe, Ann., XIII, 23, Pallas aurait réussi en 55 à. faire écarter une plainte déposée contre lui et contre Burrus et que, jusqu’à la fin de sa vie, il resta en possession de sa grande fortune, ce qui prouve que sa disgrâce ne l'avait pas. privé de toute influence.

2. KELLNER, Die rômischen Statthalter von Syrien und Judaea zur Zeit Christi und der Apostel, Z. f. kath. Th., 1888, p. 638.

n'avait pas été, à proprement parler, rappelé par Néron mais que ses pouvoirs n’avaient pas été renouvelés à la mort de Claude. Il est vrai qu'en théorie, les pouvoirs d’un gouverneur prenaient fin à la mort de l’empereur qui l'avait nommét, mais cette disposition n’a pas été appliquée à Félix et ses pouvoirs ont été renouvelés par Néron puisqu’au témoignage formel de Josèphe (Ant. Jud., XX, 81; De Bel.

jud., IT, 13,1, il a gouverné sous cet empereur. |

Schwartz (p. 286), sans aller aussi loin, pense que l’avènement de Néron a mis fin à la faveur dont les affranchis avaient joui sous Claude et que Félix, en particulier, fut entraîné dans la chute de Pallas. Pour expliquer comment il se fait que, malgré cela, Josèphe raconte la majeure partie du gouvernement de Félix sous. Néron, Schwartz (p. 285) admet que Josèphe:

place sous le règne de Néron la majeure partie de son récit sur Félix parce qu'il devait, à cet endroit, relater le rappel de Félix par Néron. L’explication est peu vraisemblable car, même sans attribuer à Josèphe une préoccupation d’entière rigueur chronologique, il est difficile

1. Hrrscurezp, Untersuchungen auf dem Gebiet der rômischen Verwaltungsgeschichte, Berlin, 1877, F, p. 248, 256, 268: Mommsen, Rômisches Staatsrecht, Berlin, 1887, II, p..295"8:€

de penser qu'il ait mis sous le règne de Néron ce qui s'était passé sous celui de Claude.

Félix a donc gouverné un certain temps après la mort de Claude. Son rappel ne peut être placé trop près de l’avènement de Néron car, deux ans auparavant, le tribun qui avait arrêté Paul lui avait dit : « N’es-tu pas cet Égyptien qui, ces derniers temps, a soulevé et emmené au désert 4.000 sicaires? » (Actes, 21,38). Or, d’après Josèphe (Ant. jud., XX, 8,4-6..

De Bel. jud., IT, 13, 1-5), l’'émeute de l’'Égyptien se place sous Néron et pas tout à fait au début de son règne (SCHüRER, Gesch., I, p. 579).

La date extrême au-delà de laquelle il est impossible de descendre résulte du fait que le second successeur de Félix, Albinus, est arrivé en Palestine, au plus tard, dans l'été de 62 et qu’on peut évaluer, d’après les événements racontés (JosèPHE, Ant. Jud., XX, 8, 9-11), la durée du gouvernement de Festus, au minimum à deux ans (SCHÜRER, Gesch., I, p. 579).

Schürer (Gesch., I, p. 579) estime qu’il ne faut pas remonter beaucoup plus’ haut que la date de 60, car, deux ans avant le rappel de Félix, Paul comparaissant devant lui, dit qu’il est gouverneur « depuis bien des années »

(Actes, 24,10). En 58, il l'aurait étédepuis six ans. L'’argument n’est pas décisif car,même en admet-

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