chapitre p. 173 s. 3. Il faut cependant ar que la dialectique de Paul
n’est pas entièrement grecque. L’apôtre fait aussi fréquemment emploi de deux procédés de raisonnement qui sont
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une aisance et une maîtrise qui prouvent qu'il se les était entièrement appropriés, et qu'ils étaient devenus pour lui comme une seconde nature.
La Bible dont se sert Paul, celle à laquelle sont.
empruntées les multiples citations dont les épîtres sont émaillées est la Bible grecque’. La portée de tous ces faits est réelle, elle ne doit cependant pas être exagérée. Ils prouvent que la première culture reçue par Paul a été grecque? ;ils ne prouvent pas, à eux seuls, que son influence ait été profonde. Comme le remarque Joh. Weiss (Urchr., p. 133 s.), on pourrait les comprendre si Paul avait faità Tarse ce qu'en termes modernes, on appellerait des études secondaires et il ne serait pas inconcevable qu’il ait dû à un maître juif, formé par les
spécifiquement rabbiniques, l’exégèse et la conclusion a majort ad minus (kal vaomer) définie par la première règle de Hillel cf. Scnürer, Gesch., II, p. 335.
1. Vorzmer, Die alttestamentlichen Citate bei Paulus, Freiburg i. B., Leïpzig, 1895, p. 103. L'emploi de la Bible grecque par Paul est confirmé par l'influence qu’a exercée: sur lui la Sagesse de Salomon, cf. GRAFE, Das Verhältniss. der paulinischen Schreften zur Sapientia Salomonis, dans Theol. Abhandl CG. von WEIZSAECKER, gewidmet, Freiburg i- B., 1892, p. 251-286.
2. Bônure, Geistesk., p. 154; SçawarTz, G. G. A., 1911, p. 667 s.; Mever, Urspr, u. Anf., III, p. 314.
écoles helléniques, ce qu’il savait de la dialectique et de la rhétorique grecques1.
Outre le grec, Paul a su l’araméen qu’il a dû apprendre chez ses parents. Il n’y a pas lieu de mettre en doute l'indication des Actes (21,40), d’après laquelle ce serait en cette langue qu'il se serait adressé à la foule de Jérusalem. L'emploi de quelques termes araméens dans les épîtres? montre que, si l’araméen n’était pas la langue dont Paul usait habituellement, elle restait cependant celle de ses plus profondes effusions religieuses?,
On ne saurait établir avec certitude si Paul a aussi su l’hébreu. Le fait qu'il utilise les LXX n'est pas une preuve du contraire, mais on ne peut apporter aucun argument qui résolve la question dans un sens ou dans l’autres.
La qualité de citoyen romain que possédait.
1. Ceci oblige, pensons-nous, à écarter l'opinion de K,. Bauer (Antiochia in der œeltesten Kirchengeschichte, Tübingen, 1919, p. 31) qui pense que ce fut pendant son Séjour à Antioche que Paul entra en contact avec la culture grecque. Il ne semble pas du reste que ce séjour ait été aussi prolongé que le pense Bauer,
2, Maran ata (TZ Cor., 16,22), Abba (Gal., 4,6. Rom., 8,15).
3. D’après Actes, 26,14, la voix céleste, sur le chemin de Damas, aurait parlé en araméen.
4, MOoMMSsEN a émis l'hypothèse d’une interdiction de l’emploi de l’hébreu par les Juifs de la Diaspora ; elle ne paraît pas fondée (cf, Jusrer, J, p. 365 5:),.
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Paul n’oblige pas nécessairement à penser qu'il
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> SYECNE. LAL ar
ait su le latin’, comme le croient Ramsay
(Paul. a. ofh. St, p. 65,68) et Souter (Did St.
Paul speak latin? Expositor, 1911, p. 337-342).
“Les questions dont nous venons de parler,
quelle que soit leur importance, ne nous font encore saisir, dans le domaine de la langue et dans celui de la dialectique, qu’un contact, en somme, secondaire, entre l’apôtre Paul etl’hellénisme.
Le fait que Paul est né dans la Diaspora, dans
une ville qui était un centre de syncrétisme reli- gieux, a eu, tout au moins, pour conséquence,
ainsi que l’a montré Ramsay (Paul. a. oth. St.
p. 55 s.), que le problème du monde païen — ne
serait-ce que considéré comme un champ de mission — s’est posé, pour ainsi dire, de luimême devant sa conscience : ainsi s'explique l'importance qu'a eue pour lui l’activité mis-
sionnaire. Cette préoccupation peut être anté-.
rieure chez lui à la conversion et il n’est pas déraisonnable de penser qu’il a été propagan-
1. JustERr (1, p. 366 n. 2) pense que l’emploi du latin était obligatoire pour les Juifs citoyens romains. Il en donne pour preuve le fait que, d’après SUÉTONE ( Vita Claudii, 16) et DioN (XL,17,4), Claude retira le titre de citoyen romain à un Grec qui ne savait pas le latin. Même si l’on admettait l’existence d’une obligation légale, on ne pourrait affirmer qu’elle a été toujours strictement appliquée dans les provinces, |
diste juif avant d’être missionnaire de l'Évangile. | | Pour soutenir que Paul n’a subi en rien l’influence de l’hellénismet, on a fait valoir qu'à une seule exception, près’, on ne trouve chez lui
aucune citation d'auteur classique. Ce qui est plus caractéristique encore, c’est que nulle part, sinon dans le discours à l’Aréopage qui ne peut
être tenu pour historique (cf. Intr., III, p. 267 S-); on ne trouve d’allusion aux doctrines des philosophes grecst. Ces constatations toutes néga-
1 Cette idée était autrefois couramment admise. Voir, par ex., HAUSRATH, Neut. Zeitgesch., II, LEADNOE KRENKEL, p. 14; SABATIER, art. Paul, Encycl. de LicHTENBERGER, x p. 269; L’apôtre Pau, Paris, 1896, p. 28 s. s