‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 96 sur 154 · LES ÉPÎTRES PAULI · texte numérisé non relu

LES ÉPÎTRES PAULI

ATOM téristique dans l’histoire de la crise corinthienne!.

D'autre part, Paul a certainement tenu grand compte, dans l’organisation de ses voyages, des conditions matérielles. Ses itinéraires paraissent souvent déterminés par le tracé des grandes routes. Dans l’évangélisation de la Macédoine, il suit la via Egnatia de Néapolis à Philippes, puis par Amphipolis et Apollonie, jusqu'à Thessalonique (Actes, 16,11; 17,1). S'il la quitte ensuite pour aller à Bérée (17,10) au lieu de la continuer vers l'Ouest dans la direction ‘de Dyrrhachium c’est que son intention, au départ de Thessalonique, était d'y revenir bientôt, ce que les circonstances ne lui permirent pas.

L'apôtre a aussi dû tenir compte des conditions de la navigation qui était interrompue de la fin de l’automné au printemps ; ainsi s'expliquent des projets comme celui de rester à Éphèse jusqu’à la Pentecôte (1 Cor., 16,8) et celui d’hiverner à Corinthe (1 Cor., 16,6).

Paul a exercé son activité surtout dans les grandes villes où un voyageur pouvait plus facilement s'établir que dans les campagnes, et trouver du travail et des moyens de subsis-

1. Nous ne parlons pas ici de l’ajournement du retour en Macédoine projeté par Paul (1 Thess., 2,18), car ce retour fut

empêché par un obstacle extérieur indépendant de la volonté de l’apôtre.

tance qu’il aurait difficilement rencontrés dans des centres moins importants.

Le choix des villes peut aussi avoir été dicté à Paul par lefait qu’il y trouvait, dans les colonies juives et dans les synagogues!t, un point d'appui précieux pour son œuvre missionnairez. La prédilection de l’apôtre pour les villes ne l’a

Sy

pas empêché, à les campagnes, notamment dans la région d’Éphèse (Actes, 13,49 ; 14,7).

. Les Actes attribuent à Paul une méthode mis-

sionnaire constante qu'illustrent, par exemple,

les événements d’Antioche de Pisidie (13,45) et de Corinthe (18,6 s.). Profitant des occasions

que les réunions de la synagogue lui offraient

pour faire entendre la prédication de l’'Évangile, Paul se serait d’abord et exclusivement

adressé aux Juifs. Les. faits racontés ne se rap-

portent pas à un RS aussi rigide. À Antioche

1. Les Actes (17, 1) en disant que Paul s’arrête à Thessalonique notent qu'il y avait une synagogue dans cette ville.

2. RamsAx, Paulus i. d. Apgsch, p. 60 ; K. AXENFELD, Die jädische Propaganda als Vorlaüferin und Wegbereiterin der urchristlichen Mission, Missionswissenschaftliche Studien, Festschrift für G. WaRNECcKk, 1904; P. WENDLAND, Urchr. Liütf., p. 255; Jou. Weiss, Urchr., p. 154 s.; Loisy, Actes,

p. 509 s. Il se peut aussi que Paul ait choisi les villes parce:

qu'on y parlait grec ce qui n’était pas toujours le cas dans les campagnes et parce que la culture des habitants des villes les rendait plus accessibles à la prédication chrétienne.

certains moments, d’évangéliser

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et à Éphèsele résultat de cette prédication initiale c’est que des Juifs'et des Grecs se convertissent (14,1; 18,4). Paul a donc dû parler ailleurs encore qu’à la synagogue. Il ne s'est cependant pas désintéressé du sort des Juifs. Ne dit-il pas lui-même qu'il se doit à tous et que pour gagner les Juifs, il s’est fait Juif pour eux (1 Cor., 9,20) et ne convertit-il pas, à Corinthe, Crispus le chef de la synagogue (Actes, 18,8, cf. I Cor., 1,14)? Les démélés de Paul avec les Juifs suffiraient d’ailleurs à prouver qu’il n'a pas poursuivi son œuvre sans contact avec la synagogue.

Si les Actes ont, sans doute, systématisé à l’excès en faisant, dans chaque ville, précéder la prédication directe aux païens d’une rupture avec la synagogue, il est cependant certain que partout Paul a dû être amené, par le développement même de son œuvre, à se séparer de la synagogue. Un texte comme J Cor., 10,32, montre que la communauté de Corinthe a le sentiment très net de former un groupement distinct aussi bien des païens que des Juifs. La synagogue constituait d’ailleurs un cadre trop étroit pour que l’œuvre missionnaire püût faire autre chose que s’y abriter à ses débuts. Les chrétiens avaient besoin de se réunir entre eux, quand cela n'aurait été que pour célébrer le repas du Seigneur et pour accueillir les païens,

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