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Une telle manière de voir nous paraît tout à fait inadmissible. À défaut d'une étude approfondie de la question que nous ne pouvons songer à faire ici, indiquons au moins un essai de solution (1).
Qu'à une époque lointaine de son développement, Israël ait limité le pouvoir de son dieu national au territoire qu'il occupait, cela est hors de doute. Mais le moment est arrivé — à notre avis bien avant Ezéchiel — où l'expression : loin de la face de Yahveh pour désigner l'Israélite se trouvant hors de Palestine, est devenue une formule stéréotypée, vide de signification précise et qu’il ne faut-pas plus prendre à la lettre que des expressions comme celle ci : Dieu demeure au ciel — Guillaume, roi de Prusse par la grâce de Dieu,
Lidzbarski (2) a montré que le eulte de Balsamim, dieu du ciel, se rencontre chez tous les peuples sémitiques du Nord,depuis la Sardaigne et Carthage jusqu'à Palmyre, mais il a remarqué qu'aucun texte ne latteste avant l'époque grecque. Cependant, une inseription cunéiforme nous a révélé l'existence du dieu du ciel au temps d'Assarhaddon (681-668) (3) en le mentionnant comme un ancien dieu phénicien. Plus récemment, Pognon (4) a établi, par une inseriplion du roi Zakir qu'il a découverte, que, dès le virre siècle avant notre ère, les Araméens connaissaient el ado-
(1) Cf. H. GRESsMaANN : Juice als Hinimelsgott article publié dans les Monatsblætter Jür den ceungelischen Religionsunterricht (janvier 1909). Nous tenons à remercier ici M. le Professeur Gressmann d’avoir bien voulu nous faire connaitre cet intéressant article.
(2) Ephemeris für semilische Épigraphik. — Giessen 1902 [ p. 243 ss.
(3) LinzBARSKI : op cit. II p. 122 cf. KAT* p. 357.
(4) Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopolamie et de la région de Mossoul. — Paris 1907, p. 156 ss.