‹ Introduction au prophète Sophonie [microform]Chapitre 8 sur 14 · EB · texte numérisé non relu

EB

ges : 1" un Kohatite, quatorzième ancêtre d'Héman le

chantre (1 Ghr. 6, 36 LXX : Sacpav(«) ; 2" un fils de Maaseyalî, prêtre de Jérusalem au temps de Sédécias (Jér. 21, 1 ; 29, 25. 29 ; 37, 3 LXX : So^ovt'a?) qui fut mis à mort par Nebuzaradan, lieutenant de Nebucadnessar après la prise de Jérusalem en 587 (2 Rois 25, 18 ; cf. Jér. 52, 24) ; 3° le père d'un exilé du nom de Josias dans la maison de qui les messagers des Juifs restés en Babylônie apportèrent les présents des. exilés (Zach. 6, 10. 40 LXX : 2o»ovi'«ç).

Notre prophète est fils de Kousi (1), fils deGuedalyah (Yahveh a été grand), fils de 'Amaryah (Yahveh a dit), fils deHizqyah (Yahveh a été fort, puissant). Déjà Cyrille

d'Alexandrie pensait que ce dernier personnage désigne le roi Ezéchias (2). Il est vrai que quatre générations sont mentionnées entre Ezéchias et Sophonie et trois seulement entre Ezéchias et Josias. Mais 2 Rois 21, 1

(1) On ne sait ce que signifle ce nom. Jérôme en dit : videtur sonare mysterium {Patrologie de Migne, vol. 25, col'. 1339). Il se rencontre comme nom d'homme dans une inscription d'Ipsamboul (CIS 112). Si, comme nous le verrons, Sophonie était un

jeune homme vers 625, Kousi à pu naître aux environs de 663, à l'époque du conflit entre l'Assyrie et l'Egypte et il est possible que, par opposition au parti de Manàssé qui s'attachait à imiter l'Assyrie, les adorateurs de Yahveh se soient ralliés à l'Egypte : c'était un moment favorable, à une époque où les noms étaient donnés à cause de leur signification, pour appeler un enfant

Kousi et cela devait faire, une impression particulièrement grande dans la famille royale (cf. G. A. Smith, II, p. 46).

(2) Depuis IBN EZRA, Coccejus (1652), Burk (1753), Michaelis (1782), Strauss, Bleek, Eichhorn, J/eger, H^evernick, Hitzig, Keil, Kuenen, Kleinert, Wellh, etc..,, ce point est à peu près généralement admis ; cependant Ribera au xvi" siècle, Castro, Cornélius a Lapide au xvii% Calmet, Carpzow au xviii' se sont élevés contre cette opinion ; au xix"' s. quelques critiques les ont suivis : .Tahn, Umbreit, Rosenmûller, Knobel, de Wette, Reinke, Schegg, Delitzsch (PRE^), Kônig, Reuss, Orelli, Elzas, Cornill etc..

nous apprend que Manassé monta sur le trône à 12 ans et régna 55 ans ; son fils Amon, qui lui succéda, avait 22 ans et fut remplacé, après deux ans de règne (1), par Joslas, enfant de 8 ans. D'autre part, d'après les textes cités plus haut, Manassé avait 45 ans à la naissance de de son fils Amon, ce qui devait être un âge très avancé, car, d'après 2 Rois 21, 19; 22, 1, Josias devait être déjà né lorsque son père Amon était âgé de 16 ans. Si Amaryali était frère de Manassé, il a pu avoir un petitfils contemporain d'Amon et même plus âgé que lui. D'ailleurs, le fait de remonter dans cette généalogie après le grand-père montre que l'auteur voulait introduire un ancêtre de renom, dans l'espèce le roi Ezéchias. Notons, du reste, que le nom d'Ezéchias n'est pas très répandu. Il est vrai q-îie nous ne connaissons pas à Manassé de frère ayant porté le nom d'Amaryali, mais cela ne prouve rien contre la descendance royale de Sophonie. Delitzscli oppose à cette interprétation le fait qu'Ezéchias n'est pas déterminé expressément comme roi de Juda ; mais, à l'époque où fut écrite la suscription, tous savaient de quel personnage il s'agissait. En outre, la mention ; roi de Juda se rencontre ailleurs dans notre verset : son omission après- le nom d'Ezéchias a pu être provoquée par le désir (|e ne pas embarrasser le style. Du reste, Sophonie se montre très au courant de l'état moral et religieux de l'entourage du roi (2) et il paraît naturel, étant donné que sa mission le plaçait dans un milieu très différent de celui de la cour, que l'auteur de la suscription n'ait pas voulu souligner l'origine royale du prophète.

Tout pousse à croire qu'il était jérusalémite (3) ; dans

(1) 2 Rois 21, 19.

(3) CORNILL6, p. 211 l'affirme.

sa prédication, qui embrasse le monde entier, seuls les traits dépeignant Jérusalem ressortent en relief, {( dans les premiers versets de Sophonie, nous voyons presque autant de Jérusalem que dans le livre entier d'Esaïe ou de Jérémie. » (G. A. Smith II, p. 48.) 11 n'y a cependant pas lieu de prendre en considération le renseignement de Pseudo-Epiphane dans sa Vie des Prophètes C. 19 (1) : (( S0Opv(aç Bè OTTpOÇ'/jT-flÇ, OUTOÇ 7]V SX (puXrjç

2]up,£cbv aTTO opouç SaêaoaÔà xal ÈTTpoçrjTeuffs Trsp'. ttjç ttôXsojç 'Ispou(7aX7)[x, 'àxi otxo8o[/,ir]67)(j£Ta£ sTrixpstTTtov stç [/.tjxoç xat TrXaxoç ' xal tcsoI teXouç sÔvcov, xal aî<j/ùv-/|ç atjeêojv xai Ttspt tt^ç Toîj xup''ou Trapouc'aç. 'ATreOavev 8e Iv aTroxaXuJ/et xuptou xat kxé.f'(\ èv TÛ àypw aùrou [/.ovôxaTOç. )) L'autOUr de l'écrit

juif miNM Din"» (2) veut que sa sépulture se soit trouvée à Geba, dans le Liban. Cette iïidication n'a pas plus de valeur que la précédente. Signalons enfin que, par suite d'une interprétation erronée de 1, 12, notre prophète est représenté dans les images de saints avec une lanteraie dans la main gauche (3).

De ce que nous avons dit plus haut, il résulte que Sophonie, au temps des débuts de Josias, devait être un jeune homme, comme le roi son parent et comme Jérémie qui, en 627, s'appelle un enfant (4). Le nom même de Sophonie lYahveh a caché) suggère du reste que la naissance du prophète doit être placée à l'époque des massacres d'enfants sous Manassé (5).

(1) Edition de Bâle, 1529, p. 33.

(2) Edition J. -H. Hottinger. Heidelberg, 1659, p. 50.-

(3) J.-E. Stadler : Heiligenlexicon 5'= vol. Augsburg, 1857.

(4) Jér. 1, 6.

(5) G. -A. Smith II p. 47. Kûper : Das Propkeienthuin des alten Blindes. Leipzig, 1870, p. 300 rapproche le nom de notre prophète de la phrase : peut-être serezvous à l'abri au jour de la colère, de Yahveh. Ce rapprochement ne nous paraît pas légitime, car, dans ce passage, c'est un autre verbe, que p" qui est employé.

Nous, ne croyons pas que Sophonie ait été l'un des prophètes dont parle 2 Rois 23, 2, et qui ont soutenu la grande réforme de Josias. L'absence de son nom dans ce dernier passage ne prouve rien en faveur de notre façon de penser. Aucun indice n'autorise à croire que notre prophète, ne voyant pas revenir linvasion scythe qu'il prédisait (1), qui devait tout anéantir, et par conséquent rendre inutile la réforme, se soit rallié au parti des réformateurs. D'autre part, à une époque où le parti prophétique devait certainement agir dans le sens d'une application pratique de ses principes, Sophonie ignore totalement un mouvement de ce genre. Peut-être est-il permis d'admettre, avec G. -A. Smith (II, p. 49), qu'il est mort jeune (2). Gela expliquerait que Josias, lors de la découverte du Deutéronome, ait envoyé consulter Yahveh, non auprès de son parent Sophonie, mais auprès de la prophétesse Hulda (3) .

(1) Voir ci-dessous ch. II, 2°-D.

(2) Cf. Orelli,p. 336. Cette hypothèse nous paraît préférable à celle de Schegg qui veut qu'à cette époque, Sophonie se soit retiré de la vie publique.

(3) 2 Rois 22, 12 ss.

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