‹ Introduction au Recueil de chartes et pièces relatives au prieuré N.D. des Moulineaux, membre dépendant prieuré N.D. de Louye, de l'ordre de Grandmont; et à la châtellenie de Poigny;Chapitre 2 sur 8 · FRANCHISE ET TERRITOIRE , RIENS ET REVENUS DU PRUIURE · texte numérisé non relu

FRANCHISE ET TERRITOIRE , RIENS ET REVENUS DU PRUIURE

DE LOUYE

Le territoire que Louis VII avait donné aux Bons-Hommes de Grandmont constituait l'ancienne et primitive dotation du Prieuré N.-D. de Louye. Il était entièrement clos de fossés qui lui servaient de limites, et formaient ce qu'on appelait la grande clôture ou clôture extérieure, dans laquelle était une moindre enceinte, nommée clôture intérieure ou petite clôture. Dans cette dernière étaient construits les bâtiments claustraux et réguliers : l'église, le cloître, le chapitre, les dortoirs et réfectoires, la bassecour, les granges, étables, écuries, bergeries, colombier à pied, jardins, et autres dépendances servant au monastère et à l'exploitation. Cette disposition était particulière à toutes les maisons

FRANCHISE DE LOUYE. xxv.j de Tordre , et nous la retrouvons dans les annexes de Louye, à Sainte-Radegonde et aux Moulineaux

Ce double enclos, ainsi formé et circonscrit, s'appelait aussi Franchise, parce que dans toutes les maisons de l'obédience il jouissait de beaux et nombreux privilèges, accordés à l'ordre de Grandmont par une foule de souverains pontifes, et confirmés dans la suite par les rois de France et d'Angleterre. Par privilèges spéciaux des papes, les maisons de cet ordre n'étaient ni sujettes ni soumises à la juridiction épiscopale et ordinaire du diocèse; mais elles dépendaient de l'abbé général de Grandmont, qui relevait immédiatement du saint-siége. En vertu d'une bulle d'Urbain III, donnée en 1186, elles pouvaient sonner les cloches et célébrer le service divin pendant le temps d'un interdit, mèmr général. De temps immémorial, elles étaient en possession, justifiée par plusieurs arrêts rendus en conséquence, de ne payera qui que ce fût aucunes dîmes, ni grosses ni menues, pour tout ce qui leur appartenait et se recueillait dans l'étendue des enclos, tant extérieurs qu'intérieurs, de leurs prieurés. En vertu d'un Committimus qui leur avait été accordé , tous les prieurés-chefs avaient leurs causes commises par-devant le grand conseil; mais, dans la suite , on a cessé de délivrer ce Committimus. Les religieux de Grandmont avaient aussi le droit d'administrer les sacrements, de faire les inhumations, et de remplir toutes les fonctions curiales et pastorales envers leurs domestiques et leurs commensaux. Ce droit avait été établi conformément aux saints décrets, et confirmé par le concile de Trente.

Par suite des privilèges accordés par les précédents rois de France, confirmés par Richard, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine et de Normandie, comte d'Anjou et de Poitou, puis par saint

• Voir plus bas l'acte de fondation de la maison de Sainte- Radtgonde, et les pièces I i-t XJ1I de ce recueil.

xxviij FRANCHISE DE LOUYE.

Louis, Charles V, Charles VI, Charles VII, Charles VIII, François I", Henri II, Charles IX, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, les fermiers, métayers et autres personnes demeurant dans l'enclos de l'abbaye de Grandmont, étaient exempts des tailles, du logement des gens de guerre, des droits de péage, passages, aides et subsides. En 1 696, les maisons de Bois-Rayer, au diocèse de Tours, fondée par Henri II, roi d'Angleterre; d'Entricort , au diocèse de Limoges, fondée en 1248, par Raymond Lobocz; de Breuil-Bellay, au diocèse d'Angers, fondée en 1208, par Aymar de Friac, huitième prieur de Grandmont; de Bandouille, au diocèse de la Rochelle, fondée en 1217; de Mâcheret, au diocèse de Troyes, érigée en abbaye dépendant de Grandmont, sous le pape Innocent X, et fondée en 1168 par les barons Guillaume de Dampierre et Hugues de Plancy; et enfin la maison de Vieux poux, au diocèse de Sens, fondée en 1 1 73 par Dreux de Mello , qui fut depuis connétable de France, jouissaient encore des mêmes exemptions. La maison de Louye les avait perdues depuis longtemps, parce qu'elle avait été dépourvue de religieux pendant quelques années; mais les religieux ne paraissaient pas avoir entièrement renoncé à recouvrer ces droits '.

Selon dom Nicod, dans son journal des revenus du prieuré, le titre primordial de n63 et la possession suffisaient seuls pour établir, à l'enclos de Louye, l'exemption de toute mouvance, cens, servitudes, et même de toute dîme. « L'exemption de la taille, des « corvées et des logements de guerre est, dit-il, selon l'ancien a usage , nécessairement renfermée dans les dotations en pure et « franche aumône; ce fut un privilège spécial pour l'ordre de « Grandmont, les fermiers, closiers et habitants de la franchise « ou enclos de sa dotation ancienne. C'est ce qu'on peut voir « dans le recueil de ses privilèges. »

' Inventaire de 1696, D. Nicod. Hermant, Util, des ordres religieux. \ ;

FRANCHISE DE LOUYE. xxix

Les rois avaient aussi donné à l'ordre de Grandmont la franchise autour de ses prieurés, avec le droit de justice haute, moyenne et basse dans toute l'étendue de leurs enclos. Comme les religieux étaient exactement cloîtrés, ils avaient encore, par privilège, le droit de choisir, dans les villes et villages proches de leurs possessions, des hommes qui, par ce choix, devenaient francs et libres de toute servitude, et faisaient les affaires extérieures de la maison '. La maison de Louye ne paraît pas avoir beaucoup usé de ce privilège : dans la liste des biens qu'elle a perdus , et que nous donnerons ci-après, nous n'en retrouvons qu'un seul donné par le comte de Montfort; mais nous en retrouverons de nombreux exemples dans les annexes des Moulineaux et de Sainte- Radegonde.

Le droit de chasse sur le territoire de Louye, qui n'avait pas la qualité de fief, n'était fondé que sur la possession : un arrêt de la Table de marbre, du la juillet 1703, rendu à la requête du prieur coinmendataire, et suivi d'une sentence de la maîtrise des Eaux et Forêts de Dourdaii, défend à toute personne de porter fusil et de chasser sur toute l'étendue de l'enclos \

Pour justification de tous ces droits et privilèges , le prieuré de Louye conservait dans ses archives un manuscrit ancien , écrit en caractères gothiques, contenant cent rôles de parchemins où étaient les bulles , les règles et les privilèges concédés à Tordre de Grandmont, divisés en sept collations, appelées vulgairement les collations de l'ordre. Ce recueil, que nous avons inutilement recherché dans ce qui reste des archives du couvent, contenait aussi différentes bulles relatives à l'exemption des dîmes et de la juridiction épiscopale, au droit de célébrer l'office divin en temps d'interdit , la bulle donnée à Avignon par le pape Jean XXII en j 3 1 7, et plusieurs autres non moins importantes. On conservait

' Heroiaot, Hlst. des ordres religieux.

' Jouro»! de D. Nicod.

xxx TERRITOIRE, BltNS ET REVENUS DE LOUYE.

aussi plusieurs lettres patentes, sentences et arrêts relatifs à ces

privilèges, depuis l'année 1499 jusqu'en I ^77 '•

Les deux clôtures qui formaient la franchise de Louye avaient, y compris les bâtiments, une contenance totale de 453 arpents environ, dont 96 arpents 72 perches étaient en terres labourables, et 346' en bois. I^es terres labourables étaient divisées en trois soles, et de bonne qualité; mais aboutissant de toutes parts aux. bois, l'ombrage de la haute futaie leur était très-préjudiciable, et elles étaient tellement ravagées par le gibier qui abondait dans la forêt de Dourdan, que le fermier était obligé de les faire garder jour et nuit. Celui-ci était logé dans des bâtiments dépendant de la maison; en 1770, il occupait l'ancienne salle à manger des hôtes. Les bois étaient autrefois divisés en neuf coupes, d'un peu moins de 38 arpents chacune. En 172a, la maîtrise des Eaux et Forêts de Dourdan fit dans ces coupes une réserve de 7^1 arpents, et le reste fut aménagé à vingt-cinq coupes s .

Nous trouvons, dans l'inventaire ^ es titres, la mention d'un procès-verbal de l'an i49 2 > qui autorise le prieur de Louye à faire relever les fossés d'enceinte; et d'un arrêt de la Table de marbre, du 23 août 1 555, qui prouve que ces fossés appartiennent et ont toujours appartènu au prieuré 3 . 11 est probable que ces fossés ne sont pas compris dans la contenance de l'enclos telle que nous venons de la rapporter, car l'inventaire porte cette contenance à environ 5oo arpents.

Prés. — Louye ne possédait que ft arpents de pré, en trois pièces assises en diverses parties de la paroisse de Dourdan : on ignore l'origine de la première pièce; on croit qu'elle faisait partie de l'ancienne dotation; la seconde et la troisième provenaient de fondations pieuses.

1 Inventaire de 1696. 3 Inventaire de 169$.

* Journal de D. Nicod.

BIENS ET REVENUS DE LOUYE. XX xj Dîmes de la paroisse Saint-Germain de Dourdan. — Le prieuré de Louye percevait le huitième des grosses dîmes de tous les grains de cette paroisse, après que le prieur de Saint-Germain en avait prélevé trois muidspour son gros; les dames de Villiers (ordre de Citeaux), près la Ferté-Alais, en percevaient un quart, et l'abbaye de Saint-Cheron lès Chartres prenait le surplus. Ces dîmes étaient affermées moyennant sept muids de grains, à la mesure de Dourdan, divisés en trois portions égales de froment , d'avoine et de seigle.

« Les charges ordinaires de cette dîme, dit dom Nicod, sont « d'entretenir le chœur et chancel de l'église Saint-Germain; la « fabrique étant riche, n'est pas dans le cas de réclamer les or- « nements : mais aussi l'entretien et les réparations du chœur « sont très-dispendieux. Il y a sept à huit ans, il nie coûta plus « de 3ooo livres en réparations : on vient de reconstruire à neuf « un pilier buttant qui a coûté i3a4 livres. Ce pilier a, par sa « ehute, occasionné une contestation entre les marguilliers, les « habitants de la paroisse et les décimateurs, à cause des dégâts « qu'il a faits aux couvertures de l'église et des petites maisons « qui y sont adossées. Cette contestation ne devoit pas avoir de

« suite, le pilier étant tombé par force majeure pendant

« l'ouragan du mois de février 1770. »

Dîmes des Granges-le-Roi. — Cette dîme était affermée moyennant 4$ setiers, dont deux tiers froment et nn tiers avoine. Le prieur de Louye en percevait aussi le huitième, après que les dames de Villiers en avaient prélevé le quart, et le prieur du lieu 8 setiers; le demeurant appartenait à l'abbaye de Saint- Cheron.

Dîme de Sermaizes. — Le prieuré de Louye ne possédait que le quart de cette dîme, qui provenait de la maison des Moulineaux, dont elle fut distraite lors de l'échange. (Voir les pièces XXIII et XLV1II.)

xxxij BIENS ET REVENUS DE LOUYE.

Le 27 juillet 1669, fut rendue au bailliage de Dourdan une sentence confirmative de cette propriété entre le prieur de Louye, le curé et les habitants de Sermaizes. Les décimateurs prélevaient une gerbe de tous grains par chaque arpent. On ne dit pas quel était le produit de cette dîme.

Terres et bois aux Grangcs-le-Roi et à Dourdan. — Deux pièces de terre de deux arpents environ , dans la censive de Sainte-Mesme , chargées de 1 I. 19 s. de cens annuel. Deux quartiers de terre au chantier de Montgilbert et un autre quartier au même lieu , donnés par le sieur Bidault, à la charge de deux messes basses par an. Trois quartiers à la Sablonnière; six perches chargées de 1a deniers de cens envers les religieux de Longchamp. Une pièce de bois, louée ta livres. Sur le territoire de Dourdan , un demi-arpent de vignes, loué 5 livres par an.

Rentes sur une maison à Dourdan. — Cette rente annuelle et perpétuelle est de 6 livres 5 sous, assise sur une maison de Dourdan, près le pont Saint-Laurent, et fondée en 1718 par Julien David , à la charge de six messes par an et Requiem.

Rentes sur l'hôtel de ville de Paris. — Elles étaient de i83 livres, provenant de fondations pieuses faites par les seigneurs de Plateau et de Sainte-Escobille ; etd'une'somme d'argent restant de la vente de la réserve des bois de Besnières, dont le surplus avait été employé à Tachât d'une terre à la Chapelle d'Aunainville. Elles constituaient des capitaux de aia4, 3ooo et aaoo livres, placés sur l'hôtel de ville de Paris.

Rente de Chalou-la- Reine (appendice, pièce B).— Elle était, dans l'origine, de vingt muids de blé et de dix livres parisis. Les grains furent constamment payés avec plus ou moins de difficulté par les Templiers ou les chevaliers de Malte ; mais l'argent parait ne l'avoir jamais été. L'inventaire de 1696 donne l'analyse de cinquante-neuf pièces relatives au payement de cette rente; elles témoignent toutes de la difficulté de sa perception

BIENS ET REVENUS DE LOUYE. xxxiij ft du mauvais vouloir des chevaliers. JSous nous bornerons à donner les extraits suivants :

« N" 2, i48o, 81 et 8a. — Un grand rouleau de parchemin « de la longueur de deux aunes, écrit en anciens et petits carac- « tères gothiques et en langue latine , contenant plusieurs pièces « relatives à un long procès entre les religieux de Louye et frère a Pierre Louffard, commandeur d'Etampes, à l'occasion de la « demande formée par les religieux contre ledit commandeur , « par-devant M" Arthur de Vaudétour, doyen de Saint-Marcel, et « vice-gérant commis par l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris, « conservateur des privilèges de l'ordre de Grandmont , en paye- « ment de la rente de 20 muids de blé et de 10 livres parisis, et « des arrérages depuis huit années : demande suivie d'une sen- « tence qui condamne ledit commandeur, lequel interjeta appel « par-devant l'abbé de Sainte-Geneviève comme juge supérieur, « en se fondant notamment sur ce qu'ayant été contraint (même a par censure ecclésiastique et par N. S. P. le pape) d'aller inces- « samment à l'île de Rhodes , assiégée par les Turcs et dans un o grand péril , il n'avoit pu se présenter pour se défendre.

« Il ne paroît pas qu'il ait été fait d'autre procédure sur cet « appel ; cette pièce , qui relate le titre primordial , a été intro- « duite au procès, sur lequel sont intervenus des arrêts de « et 1496, pour justifier des poursuites qui avoient interrompu « la perception.

« N° a3 , a8 février 1 537. — Sentence entre M" du Bellay, « prieur de Louye, et frère Guillaume Guinon , commandeur de « Saint-Jean de Latran à Paris et d'Etampes, qui, du consente- « ment dudit prieur, fait main-levée de la saisie des revenus et « des fruits de Ghalou.

« N° a4, 39 novembre i5a5. — Arrêt de défense et relief « d'appel signifié à M" du Bellay, à la requête de frère Philippe « de Villiers-l'Isle-Adam , grand maître de Rhodes etc. »

ixxiv BIENS ET REVENUS DE LOUYE.

Le» droits du prieuré de Louye étaient établis d'une manière incontestable; aussi les chevaliers succombèrent -ils toujours dans les procès qu'ils intentèrent ou qu'ils soutinrent , ce qui ne les empêcha pas de se montrer toujours récalcitrants.

« Il y avoit à Chalou , dit dom Nicod , une mesure matrice « qui a disparu sous le sieur Augier, commandeur ; ce qui donna « lieu à une longue et sérieuse contestation. Le procès fut ter- « miné par une transaction du 29 juin 1720. Le muid de Chalou « fut fixé à une mine de moins que la mesure d'Étampes. La « transaction fut exécutée le 8 janvier 1740, par l'étalonnage de « deux -mesures; l'une remise à Chalou, et l'autre à Louye. Deux « de ces mesures fotit le septier et douze septiers le muid , me- « sure de Chalou. Il est bon de ne point laisser accumuler les « arrérages; si les commandeurs meurent insolvables, ce qui ar- « rive quelquefois , ni leurs successeurs ni l'ordre ne veulent « payer. »

Rente sur Mérobert et GuillerviUe'. — - On ignore l'origine de ces deux rentes: celle de Mérobert était de 18 septiers de blé froment à la mesure du lieu , payable à la Saint-Martin d'hiver. Celle de GuillerviUe , de 8 septiers de blé à percevoir sur la métairie de ce nom. Toutes deux étaient foncières et perpétuelles : elles furent aliénées pendant longtemps, mais rentrèrent en la possession des religieux par arrêt du grand conseil, du 20 octobre 1667.

Rente sur la ferme de Durand, — Le lieu de Durand , sis dans la paroisse de Corbreuse, est décrit dans la déclaration de i5i8. Le 3i décembre i64o, Jacques du Lac, prieur corn menda taire, l'emphitéosa à Élisabeth de Pussay, veuve de Claude de Saint-

' La fermcdeGuillervilleestsiiuécdan» la pote de la pièce À, nous avons donné* la commune de Sainte-Escobillc. C'est par ce lieu une autre attribution, raitc de mauvaise information que, dan»

BIENS ET REVENUS DE LOUYE. xxx* Périer, écuyer, seigneur de Bandeville. Ce bail allait expirer, quand le sieur de Saint -Mars, gentilhomme, demeurant à Étampes, et à qui la ferme de Durand appartenait du chef de sa femme, proposa aux religieux de lui abandonner à perpétuité ces terres, sur lesquelles il avait fait de nouvelles constructions ; ce qui eut lieu en vertu d'un acte du 12 novembre 1738, moyennant une rente foncière de trois septiers de blé et de quatre septiers d'avoine, payable chaque année le jour de Noël. La contenance de ces terres était de 1 5 ou 16 arpents.

Rente sur la ferme des Bars. — Un muid de grain moitié froment et moitié méteil , à la mesure de Chartres. Cette métairie était dans la paroisse de Béville-le-Comte, et appartenait au chapitre de N.-D. de Chartres.

Annexes de Louye. (Voir les trois articles qui suivent sur le Bois-Saint-Martin , les Moulineaux et Sainte-Radegonde.)

Terre et seigneurie de Besnières. — Cette terre provenait de l'échange de l'annexe des Moulineaux , fait en 1576.

En 1 655, Gabriel Bailly, prieur commendataire de Louye, et le R. P. Thomas, supérieur de cette maison, obtinrent du roi des lettres patentes qui les autorisaient à vendre la coupe des 1 5o arpents de bois du Haut-Besnières. il y avait alors dans ces bois une très-grande quantité de baliveaux , qui empêchaient la croissance du taillis. Le produit de cette vente s'éleva à la somme de a3,65b' livres.

Terre de la Chapelle d'Aunainville.- — Cette terre, située dans la paroisse du même nom , près d'Auneau , avec toute la seigneurie directe, se composait de plusieurs fiefs, dont les plus connus sontGaudin et Garancières , d'où relevait le fief de Bouchemont; et en outre, de plusieurs terres tenues en roture. Le Cba pelle d'Aunainville consistait en une grande cour avec colombier à pied au milieu; manoir, jardin , granges, étables et autres bâtiments d'exploitation, avec un parc planté de bois; le tout clos de

xxxvj BIENS ET REVENUS DE LOUYE.

murailles ; une chapelle dans I église paroissiale , avec droit d'inhumation en icelle; un moulin à vent, huit ou neuf arpents de bois taillis entourés de fossés; dix muids de terres labourables, avec tous droits de cens, champart, Iods et ventes, etc.; le tout affermé moyennant i,5oo livres par an, payables en trois termes, Noël, Pâques et la Saint-Jean ; et , en outre, à la charge de recevoir et héberger les religieux et leurs chevaux toutes les fois qu'il leur plairait de venir visiter leur chapelle.

L'acquisition de cette seigneurie fut faite, le 2 septembre 1687, du sieur Gaston de Bernard, seigneur de Forax et de la Chapelle d'Aunainville. Elle fut payée, avec le produit de la vente du bois de Besnières et autres, la somme de 24,770 livres, sur laquelle 5oo livres furent employées à acheter un collier à madame de Forax.

Rente sur la métairie de Gault. — Cette métairie fut achetée à la même époque, et comprise dans l'acquisition de la Chapelle d'Aunainville, dans le territoire de laquelle elle était située. Elle avait appartenu à un sieur de Gault, qui lui donna son nom. En 1 760, le prieuré arrenta cette métairie foncièrement et à perpétuité, moyennant 4o livres.

Du prix de la vente des bois de Besnières, employé à diverses acquisitions, il restait une somme de 207 livres, dont 1 20 servirent à payer un calice d'argent pour l'église de Louye, et le reste aux réparations des bâtiments.

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