PERDUS OD ALIÉNÉS
Aux détails précédents , qui sont extraits du journal de dom Nicod et de l'inventaire de 1696, nous ajouterons les suivants, empruntés au dernier recueil, et qui donneront l'idée des pertes que les malheurs des temps firent souffrir à la maison de Louve.
BIENS ET REVENUS DE LOUYE. xxxvij
« i* Une maison sise à Dourdan, paroisse de Saint-Pierre. . . . laquelle avoit esté donnée au prieuré de Louye par M" du Bellay, prieur commendataire , pour la célébration d'un anniversaire chascun an; et a été aliénée depuis.
« a" Un demy arpent de vigne situé en la paroisse de Saint- Germain, au champtier de Larry-Castel.
« 3* Un muid de bled froment à prendre sur la métayrie de Gaud reville, aliéné et adjugé au sieur de Saint-Bonnet.
« 4° A Authon , au terme de Saint-Remy, un septier de modurange.
« 5° A Ville-Connin, au terme de Toussaint, vingt muids de bled mynage.
« 6* Aux Barres, sur Benville-le-Comte , un muid de froment. — Par cet article, on reconnoît que la rente de Benville estoit payée totalement en bled froment.
a y" Le seigneur de la Forest , un muid de bled.
« 8" L'église N.-D. de Chartres , sur la terre que tenoit feu Jean Gaveau, à Giroudet, deux muids de froment et un d'avoine.
« 9° Sur un héritage de Haut-de-Villiers , pour un anniversaire, cinq sols.
« io° M" Jean Baillarget, pour avoir trois messes à Louye par chascun an, donna sept arpens de terre à Corbreuse.
« 1 1* A Garancières, sur les Rattiners, demy muid de froment.
« 12° Pierret Jouaux et Mieheau Jouaux son frère, à causé de certaines vignes estant à Dourdan, deux septiers de vin, c'est-àdire seize pintes.
* i3° Sur la dixme de vin et de bled de Dourdan et de Granges-le-Roy, là huitiesme partye : excepté que l'abbé et couvent de Saint-Cheron prendront vingt muids de vin commun à la mesure de Dourdan. — Par cet article, il paroît qu'on avoit
xsxviij BIENS ET REVENUS DE LOUYE.
aussy le» dix mes de vin de Saint-Germain et des Granges , que Ton a laissé perdre. De plus, il paroît encore que Louye prenoit sa huitième partie préférablement aux religieuses de Villiers, comme il se justifie par l'article cy-après.
« Le prieur de Dourdan, deux mnids de bled et un muid d'avoine pris les premiers; à Louye la huitième partye au résidu.
« i4° A Garancières sur les Raguins, et sur le bois que sou loi t tenir feu Poulain , six sep tiers de froment.
« 1 5" Au PJessis-Saint-Benoît , six septiers.
« i6* A Psalmayre, près Galardon, la dixme de vin et de bled.
« 17" Louys, tix de roy, rente de bled.
« 18 0 A Rou in ville, demy arpent de vigne en une pièce nommée Rolle-Nostre-Peau : au-dessus, cinq arpens en une pièce; au-dessus du Chesne de l'Oye, un arpent et demy.
« 19 0 A VUle-Conin et Souplainville , prend le commandeur de Chaufour les dixmes une année seul , et pour le tout.
a 20° L'hostel et terre de Loches, appartenant à M" Robin de Boutvilliers , au terme de Saint-Remy, deux septiers de froment.
«ai* M" Guillaume de Boutvilliers, chevalier, un muid de bled sur la maison et champart de Guillerville, à la mesure d'Estampes.
« aa' Le seigneur de Montfort , un muid de froment en la grange de Sonchamp, et vingt solz et un homme franc au chasteau de Rochefort '.
champ n'existait pas encore. Nous en trouvons la preuve dans le passage suivant d'an compromis passé cetle même année entre Simon de Montfort et l'abbé de Saint-Bermttour Loire, an sujet de la terre de Son-
' A cet article semble commencer la série des biens perdus par la maison des Houlincaux. La donation dont il s'agit ne peut avoir été faite avant l'année 110a :
car, a cette époque, la grande de Son-
BIENS ET REVENUS DE LOUYE. xxxix « 23° A Sarmaize, près Dourdan, dixme tant grosse que menue, que le seigneur de Gallardon vendit aux frères de Mollineaulx. Messire Guillaume, curé, en fîna à frère Jean Guillaumeau, prieur, à trois septiers de froment et troys d'avoyne, I'ani445'.
« a4" Sur les dixmes d'Auneau , quatre muids de froment, le premier pris et deux muids d'avoyne et quarante sols parisis snr les cens de la Saint-Remy \
a afi" Le comte de Montfort donna dix livres , c'est assavoir : cent six solz à Espernon, et cent six solz à Montfort.
« 26* A Espernon , un homme franc 3 .
e 27° Composition fut faite entre le comte de Montfort et les frères de Molineaux de estans, de six muids de bled et de cent sols pris à Espernon; et ou cas que les moulins faudront, pris sur la prévosté 4 .
« 28* Sur les cens de Oden *, quarante sols parisis.
« 29 0 Audit Oden, deux muids d'avoyne et deux hommes francs.
« 3o° Sur le molin de Savonnières, deux muids et demy de seigle
champ. «... Nullam a modo in parrochia
• Sunecampi donium, nullum omnino edi- « ficium, nec ego nec heredes mei edifica-
• bimus, Tel ememus, vel aliquo modo ac— « quiremus (nec etiam prior Saucti Arnul-
■ phi),praeter unumarpentum terre, et illud
• extra commune» terram , in qua edifi- « cabo liumile/n graugiam et siiuplicem ,
■ sine fo&sato et sine qualibet a lia muni- . lioue...» {Gallia ChrittUuta, inter instrumenta ecclaicc jiureliai%e*sù , t. VIII, p. 5a4.) Il est probabli-qwecefut Sisnoa IV qui fit cette aumône aux Moulineaux.
• Voir la pièce XXIII. - Jean Guillau-
meau n'est autre que le Johannes Guiiioneau et GuiltonctU des pièces XXXIV et XXXV. Cette dîme ne devrait pas être au nombre des revenus perdus , puisqu'elle fut perçue jusqu'à l'extinction du prieuré des Moulineaux (XLII, XLUJ, XXVIII).
' Pièce IV.
3 Pièces I et XIV.
* Pièce xvn.
«le Montfort, arrondissem. de Mantes.
6 Par la suite, le moulin de Savonnières appartint au monastère, puisqu'il est compté dans l'acte d'échange de i5 7 S.
xl BIENS ET REVENUS DE LOUYE.
« 3 r A Espernon , six muids de bled deubz au molin : à Noël , deux muids ; au premier jour de caresme, deux muids, et à Pasques , deux muids ; et au cas que le molin faudra , sur la prévosté'.
« 3a° Sur le molin d'Espernon , troys muids de modu range à la feste de Toussaint» '.
« 33" A Chevrcuse , une maison et un vergier tenuz franchement , que le seigneur de Chevreuse donna J .
« 34" Un muid de modurange sur le moulin de Gazeran *.
« 35° A Oden, troys arpens de pré; lesquels tient à présent un nommé Mariavala.
« 36* Audit Oden , sept arpens de terre qui souloient estre en vignes ; et une maison et roche près desdites terres.
« 3j° Jean de Ville-Dieu, demourant à Chartres, a aussy des terres labourables, vignes, grange, en la paroisse deSaint-Symphorien ; troys septiers de froment.
« 38° A Mante, une ostelerye pour loger les frères; que ceux qui les attendront seront francs.
« 39 0 L'abbé de Marmoutiers laissa aux frères de Mol in eaux le droit qu'ils ont sur le molin d'Espernou *.
« 4o° A Esclimont, sur les terres feu Nicolas Michelet et sur les héritages, six septiers de froment 6 .
« 4i° Guillemin L'Espille, pour cinq quartiers de terres, deux sols six deniers parisis.
a 42° A Oden, une maison franche et un chapeau de rouzes et
Nous ignorons de quelle manière il de- 5 II y a probablement erreur dans l'é-
vint la propriété des religieux. nonciation de cet article, qui se rapporte
■ Pièce XVII. Double emploi avec le aux pièces I et XIV.
numéro %•}. ' EncUmont est un château dans la
* Modurange, blé de mouture ; c'est le commune de Saint - Symphorien , près
mixtura commuait de la pièce XXII. Gallerdon, canton de Maintenon (Eure-ct-
» Pièce VU. Loir).
» Pièce XXII
BIENS ET REVENUS DE LOUYE. xlj un fromage frais venant de la fesselle et la nappe blanehe et du pain à souyre (sic)'.
« 43* A Gambet 5 , les héritiers Jean Coursier, à cause des terres et héritages tenuz franchement, six sols parisis.
o 44° A Maule-sur-Mauhlre, en la paroisse du Aymon, du vin et un homme franc*.
« 4^° A Meulan , dixme de vin et de bled, et un homme franc 5 .
« 46° Un bourgeois franc à Espernon et en toute la terre; un homme franc*.
« 47° Le seigneur de Montfort donna trois bourgeois, c'est assavoir : un à Montfort, l'autre à Espernon et l'autre à Gambet , francs en toute la terre; et dix livres douze sous, lesquelles il assigna in prefectura Montisfortis, et très modios annone bone et laudabilis, in molendino de Espernon , in lésto Omnium Sanctorum , et medietatem décime quam habebat in molendino de Gambet.
« 48" La dixme de Morainval fut donnée aux Moulineaux : .
■ Fesselle ou faisselle, cageron, moule à faire le fromage.
* Soujre. Nous ignorons la signification de ce mot , qui, du reste, nous paraît avoir «'•té mal écrit. Nous serions tenté de lire sougnic, qui, d'après Roquefort, veut dire droit de loger et de manger chez son vassal, ou ce qu'on pare pour ce droit , toute espèce de redevances. Il faudrait alors entendre fromage et paiu de redevance. Il est à regretter que le titre de cette bizarre redevance ne se soil pas conservé.
' Gambet, Gambais, commune du canton de Hondan, <•! ancienne rhâtelleniedu domaine de* seigneurs de Montfort -TA-
* Les religieux avaient encore d'autres possessions à Maule, qui leur avaient été données par le seigneur de ce lieu. PièceX.
5 Nous croyons devoir attribuer cette donation, ainsi que celle rapportée précédemment au d° 3o, k Robert IV, qui fut le dernier comte de Meulent et de Mantes , et mourut en iao3. Il était le neveu de Simon III, comte d'Évreux et seigneur de Montfort, qui (en 1140) avait marié sa soeur Agnès a Galeran ou Waleran III , comte de Mantes et de Moulent, père de Robert IV. [Art de vérifier Us dates.)
« Pièces I, IX, XIV.
' Pièce XXVI.
xlij BIENS ET REVENUS DE LOUYE.
« 49* A Voyse-sous-Auneau, deux aiuids de froment et deux muids d'avoyne'.
« 5o° Sur le péage d'Ablis, quarante solz et un homme franc *.
« 5r Sur le molin d'Auneau, un muid de modurange aux festes de Noël, pour la dixme du poisson del'estang neuf; et fut ladite donation faite aux frères de Louye 1 .
« 5a° Guyon, seigneur d'Auneau, donna aux frères de Moulineaux , pour un anniversaire, sur le cens d'Auneau , vingt solz tournois 4 .
« 53" Neurlin d'Urfin* donna, sur le péage d'Ablis, pour le salut de son âme et de Julienne sa femme, dix solz tournois, au terme de Saint-Remy.
« 54* Au Moulineau, sur les bouchers d'Espernon, par sepmaine six solz.
Suit, en soixante-quatorze autres articles, l'énumération des biens perdus par les deux autres annexes de Louye, le Bois Saint-Martin et Sainte-Radegonde. Quoique ces articles révèlent des faits intéressants, nous ne croyons pas devoir les reproduire ici , parce qu'ils sont totalement étrangers au comté de Montfort, à l'arrondissement de Rambouillet et même au département de Seine-et-Oise.
En terminant ce chapitre, le dernier de son inventaire, l'auteur ajoute :
' Pièces IV et XXXI. effet , dans X'BUtoire de Chartres , par
• Pièce IV. Cette mention est en dou- Doyen, p. 86, que « Nivelon d'Orfin avait
ble emploi avec le o° »4- • pour femme Julienne de Talvoisin (Jta-
' Cet article parait étranger aux Mou- « meaa de la commune d'Ymtray t près
lineaux et particulier à Louye. • Gallardon, Eure-et-Loir), laquelle dota,
♦Pièce XXVII. «en 1187, l'abbaye de Josaphat, située
' Neurtin d'Urfin. Nous proposerons « dans la paroisse de Saint-Maurice de
de lire Nivelon d'Orfin. Nous lisons en « Chartres. »
BIENS ET REVENUS DE LOUYE xliij « Tous lesquelz biens et anciens revenus ont été tirez d'un petit livre manuscrit fait il y a environ trois cents ans. Quoiqu'il n'y ait plus aucun moyen de rentrer dans la possession desdits biens, veue la très-longue prescription d'iceulx, on les a cependant insérez au présent inventaire pour servir d'advertissement, et donner du soin et de la vigilance pour la conservation de ceux qui sont encore à la maison et prieuré de Louyc. — Achevé le ai août 1696. »
ANNEXES DE LOUYE.
U PRIEURÉ DU BOIS SAITT-MAKTIH.
Le prieuré du Bois Saint-Martin était situé dans la paroisse de Montainville, au milieu des bois de Saint-Martin, et près du château de Villequoy '. « Cette maison étoit fort ancienne, et existoit « déjà du vivant même de saint Etienne de Muret, fondateur de « l'ordre de Grandmont. C'est du moins ce que l'on doit conclure « d'une charte de l'année 1 1 a 1 , par laquelle Louis de Blois, comte « de Clermont, donna à perpétuité aux frères du Bois Saint-Martin, « sur le moulin à foulon de Chartres, cinq sols chartrains tous « les dimanches, quarante aunes de bure tous les ans, dix livres «de rente, un millier de harengs, une charge d'huile et cinq « muids de vin. En iaa8, Jean, comte de Chartres, et Isabelle, sa « femme, confirmèrent cette riche aumône '. »
De tous les biens qui composaient la dotation de ce monastère, il ne restait plu», en 1696 et en 1770, que les cent trentequatre arpents du bois Saint-Martin , au milieu desquels était
' Montaioville , commune du canton de Voves , arrondissement de Chartres. 1> Bois Saint-Martin et Villequoy iont des hameaux de cette commune. 1 Inventaire de 1696.
xliv PRIEURÉ DU BOIS-SAINT-MÀRT1N.
construite la chapelle conventuelle. L'aumône du comte de Clermont avait été convertie depuis longtemps en une rente annuelle et perpétuelle sur le domaine de Chartres. On ignore à quelle époque fut faite cette conversion ; ce qui est certain , c'est qu'en 154?. les religieux de Louye furent encore payés d'après l'évaluation faite sur le titre primordial '. Jusqu'en 1762, les bois de Saint-Martin avaient été exploités par les religieux euxmêmes, et sous la direction d'un garde qu'ils y entretenaient. Mais ne trouvant plus d'avantage à ce mode d'exploitation, par contrat du 2 août, ils arrentèrent cette propriété au sieur Dumas, receveur général des finances et seigneur de Villequoy, moyennant une rente de 3,ooo livres payable sans retour à la Saint- Martin de chaque année. «Jusqu'à présent (ajoute dom Nicod, auquel nous empruntons ces derniers détails), ç'a été de l'or en barre pour le payement. »