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L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE L HISTOIRE

rencontrèrent, sur ce terrain, la concurrence triomphante d' « écoles spéciales », antérieurement instituées : Ecole normale. Ecole polytechnique. Les Facultés de Théologie catholique, des Sciences et des Lettres eurent donc à justifier leur existence par d'autres modes d'activité. En particulier, les professeurs d'histoire dans les Facultés des Lettres renoncèrent à instruire les jeunes gens qui se destinaient à enseigner l'histoire dans les lycées. Privés de •ces auditeurs spéciaux, ils se trouvèrent dans une situation fort analogue à celle des titulaires de l'enseignement historique au Collège de France. Ils n'étaient pas en général, eux non plus, des techniciens. Ils firent durant un demi-siècle, devant les nombreux auditoires -il'Gisifs (dont on a souvent médit depuis) qu'attiraient la force, l'élégance et l'agrément de leur parole, de la vulgarisation supérieure.

A l'Ecole normale supérieure était réservée la fonction de dresser les futurs maîtres de l'enseignement secondaire. Or, c'était à cette époque un principe admis <{ue, pour être un bon maître de l'enseignement secondaire, il faut savoir, et il suffit de savoir parfaitement, ce que l'on est chargé d'enseigner. Cela est à la vérité nécessaire, mais cela n'est pas suffisant : des connaissances d'un ordre différent, d'un ordre supérieur, ne sont pas moins indispensables que le bagage proprement « scolaire ». De ces connaissances-là il n'était jamais question à l'École, où, conformément à la théorie régnante, pour préparer à l'enseignement secondaire, on se contentait d'en faire. Toutefois, comme le recru* tement de l'École normale a toujours été excellent, jamais le .système en vigueur n'a empêché que des hommes de premier ordre, non seulement comme professeurs, comme penseurs, ou comme écrivains, mais

même comme érudits, en sortissent. Mais on doit reconnaître qu'ils se sont débrouillés tout seuls, en dépit du système, non grâce à lui; après, non pendant leur scolarité, et surtout lorsqu'ils ont eu le bénéfice, pendant un séjour à l'Ecole française d'Athènes, du bienfaisant contact avec les documents qui leur avait manqué rue d'Ulm. « N'cst-ii pas invraisemblable, a-t-on dit, qu'on ait laissé partir de l'Ecole normale tant de générations de professeurs incapables de mettre en oeuvre les documents?... En somme les élèves historiens n'étaient prêts, jadis, au sortir de l'École, ni pour l'enseignement de l'histoire qu'ils avaient apprise en grande hâte, ni pour les recherches sur les choses difficiles '. »

Quant à l'École des chartes, créée sous la Restauration, c'était, à un certain point de vue, une école spéciale comme les autres, destinée en théorie à former ces utiles fonctionnaires, les archivistes et les bibliothécaires. Mais, de bonne heure, l'enseignement professionnel y fut réduit au strict minimum, et l'École s'organisa d'une façon très originale, en vue de l'apprentissage rationnel et intégral des jeunes gens qui se proposeraient d'étudier l'histoire de France au moyen âge. Les élèves de l'École des chartes n'y suivaient aucun cours d' « histoire du moyen âge », mais ils apprenaient tout ce qui est nécessaire pour travailler à résoudre les problèmes encore pendants de l'histoire du moyen âge. Là seulement, par suite d'une anomalie accidentelle, les « connaissances préalables » et auxiliaires des recherches historiques étaient systématiquement enseignées. Nous avons eu plus haut l'occasion de constater les résultats de ce régime -.

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