‹ Introduction aux mâemoires sur la râevolution franðcaise, ou, Tableau comparatif des mandats et pouvoirs donnâes par les provinces áa leurs dâeputâes aux âEtats-gâenâeraux de 1789Chapitre 3 sur 23 · II. â · texte numérisé non relu

II. â

Les sacremens seront administre^ gratuitement. Les casuels seront supprimés. ( Dourdan.)

Dans les actes de mariage et de sépulture on énoncera le lieu de naissance des futurs et des défunts. (Reims.)

La translation des cimetières hors des villes sera ordonnée (0. ( La Rochelle. )

Les cimetières qui sont dans l'intérieur des villes seront transportés au dehors (2).

Toute sépulture dans les églises sera prohibée (3).

(Paris , extra muros.)

pèce, mais cela venait de l'époque et des négligences qui se montraient partout. Les mairies n'auraient pas alors mieux fait que les églises. Aujourd'hui un ordre général, uniforme, est établi; les municipalités sont chargées de la tenue des registres de baptême, de mariage et d'enterrement. L'état civil est assurément fort bien placé entre les mains de l'autorité civile. Sans doute il y a encore plus d'une commune où les enregistremens ne sont pas faits avec une grande régularité. Quelques maires savent peu écrire, et leurs secrétaires n'ont pas toujours le soin désirable en une telle affaire. Les curés et vicaires sont au moins aussi instruits ; ils voudraient bien ressaisir leurs anciens droits à ce sujet, mais il y aurait un véritable danger à céder à leurs prétentions, car il faudrait donc autant de registres que de religions ; et s'il n'y avait qu'un seul livre d'enregistrement , qu'on juge des difficultés, des petites vexations, des erreurs sinon des tromperies qui arriveraient quand il s'agirait de l'enfant d'un culte dissident ; l'expérience du passé prouve ce qu'il faudrait craindre pour l'avenir. Peut-être que dans l'état actuel des esprits il y aurait plus d'inconvéniens que jamais à une mesure pareille. Qu'on laisse donc les registres aux mairies , mais que seulement on veille à leur meilleure tenue partout.

(i)TJn décret de prairial an XII ordonne cette translation; mais il s'en faut qu'il ait été exécuté partout, et on néglige bien aujourd'hui cette mesure, qui tient pourtant de si prés à la salubrité.

(2) On a calculé qu'en France les cimetières occupaient six mille hectares de terrain.

(3) Ce n'était pas assez du règne de la vie, il fallait y ajouter le régns

Éducation,

Clergé. — L'éducation publique ayant une influence marquée sur le sort des empires, par les sentimens qu'elle fait germer dans le cœur des citoyens, ot

delà mort. Ce n'était pas assez des supériorités de la terre, il fallait encore des hiérarchies dans l'autre monde. Ce n'était pas assez d'avoir été insulté et comprimé pendant cinquante ans par son seigneur , il fallait encore que son cadavre vous empoisonnât, vous et les vôtres, pendant des siècles. En vain la religion prescrivait l'égalité du sépulcre, ses ministres toléraient et encourageaient les différences. L'orgueil d'une église se fondait sur la pompe des noms qui couvraient ses pavés 5 et le plus élevé de nos sentimens, le plus saint des mystères de notre âme, devait, au gré de ces préjugés frivoles, se rehausser par les marques fragiles des honneurs mondains et des profanes vanités.

Mais que disons-nous?.... Ce luxe des tombeaux, s'il est sorti de nos temples , s'est réfugié dans les cimetières publics. Là se retrouvent les ordres, les rangs, les échelons de la société, quand toute société est détruite, et que tout lien matériel est rompu.

Que la tendresse d'une mère ou d'une épouse consacre une simple tombe à l'objet de ses souvenirs, ce n'est pas nous qui ne pouvons le comprendre, nous qui avons payé nous-mêmes ce tribut à des êtres chéris trop tôt enlevés à notre amour....

Mais qu'il y ait là des bronzes, des marbres; que les afféteries de

notre moderne architecture se mêlent aux gravités de ce séjour; qu'il

y ait dans nos champs de repos des quartiers distingués, des places

de faveur, et des lieux de réprobation, c'est là ce qui nous fait bien

connaître qu'aucune pensée morale et vraiment religieuse ne préside à

ces affaires, qu'aucun pouvoir n'est attentif à diriger les esprits dans

des routes philosophiques, et à fonder nos institutions sur la solide base

de cet inévitable passage qui frappe tous les yeux malgré leur distrac-

les mœurs auxquelles elle les forme , le clergé a mis au nombre de ses devoirs l'obligation de s'en occuper essentiellement (0. Les ressources qu'offre à la capi-

tion, et qui touche les cœurs les moins portés par leur nature à la sagesse et la réflexion.

Nous voudrions qu'en un lieu pareil toute somptuosité fut interdite, toute distinction défendue; que le nom seul des morts fût inscrit sur la pierre , et qu'une vaste plaine , ouverte à tous , éloignant toute idée d'entassement irrespectueux et infect, permît de donner à chacun son coin de terre, et offrît du moins cette espérance d'une inhumation honorable au malheureux qui traîne ses jours dans la détresse et dans l'affliction.

(i) Nous engageons ceux qui n'ont pas lu le discours que M. Vévêcjue d' A utun iprononca à l'assemblée nationale, sur l'instruction publique, à se le procurer et à se pénétrer des principes qu'il contient. Jamais plus vaste et plus beau plan d'éducation nationale ne fut rédigé et ne mérita mieux d'être mis à exécution. Avec de la suite dans ses mesures, l'administration en serait aisément venue à bout, et nous jouirions maintenant du fruit des soins qu'elle se serait donnés dans un but si utile et si louable.

Dans ce plan , toutes les parties se tenaient et se fortifiaient l'une par l'autre, depuis les notions les plus simples jusqu'aux sciences les plus compliquées , depuis le plus modeste maître de village jusqu'au fonctionnaire le plus renommé de l'Institut. Tous les membres des corps savans et enseignans avaient inspection les uns sur les autres. L'émulation naissait d'un côté, la surveillance s'exerçait de l'autre ; la célérité des études était jointe à leur perfection, et le peuple devait profiter de tous les avantages qui sortaient naturellement d'un si excellent ordre de choses.

Ce fut une des portions de ce projet qui fut la base de l'organisation des écoles centrales, écoles instituées d'après des principes généreux, et qui faisaient non pas des machines, mais des hommes; non pas des écoliers, brillant surtout par la mémoire, mais des élèves distingués par leur esprit analytique et la sûreté de leur jugement. Les lycées pas plus que les collèges n'ont remplacé et fait oublier ces écoles. Les collèges nous donnent des latinistes et des hellénistes, et nous font des littérateurs; mais quand de là on sort pour entrer dans le commerce,

( 53) taie le corps célèbre de l'université, laisse à cet égard peu de vœux à former. Cependant le clergé ne peut voir sans douleur les sources de la première éducation, pour ainsi dire taries, et la plupart des collèges des provinces, autrefois si florissans, manquer souvent de maîtres dont les vertus, les talens et la stabilité puissent mériter la confiance. C'est pourquoi le clergé demande que l'éducation soit confiée à des ordres religieux qui s'empresseront de se consacrer à cet objet d'utilité publique, ou qu'on y appelle des congrégations séculières et régulières; que, dans l'un ou l'autre cas, les collèges soient mis sous l'inspection de l'ordinaire, et que pour la réformation des abus, qui auraient pu s'introduire dans les études publiques de Paris, et les améliorations dont elles seraient susceptibles, l'université soit consultée et entendue.

«. ( Paris. )

Tous les bons citoyens, et surtout les ministres de la religion , gémissent sur l'état de décadence où l'éducation est tombée en France ; on reconnaît qu'elle dégénère depuis plus de vingt-cinq ans, et qu'à cet égard une société célèbre a laissé un vide qui n?a pu être rempli. Il n'est pas d'objet qui mérite une atten-

l'armée, la culture des biens ruraux, on n'a nulle idée suffisante de géographie , de mécanique et d'histoire naturelle. Sans doute on peut entrer alors dans des écoles spéciales et compléter son éducation. Mais il faut bien plutÔFla recommencer ; et arrivé à l'âge de vingt ans, on en est à se faire des idées positives sur les matières les plus essentielles 5 on n'a aucune idée des lois de son pays , et si l'on veut apprendre à fond les mathématiques, étudier sérieusement l'histoire, faire un bon cours de droit, on ne quille les bancs qu'à vingt-cinq ou trente ans, c'est-à dire quand on a déjà passé la plus belle moitié de la vie.

tion plus sérieuse dans l'assemblée nationale; c'est au milieu d'elle que des hommes sages pourront méditer la réforme des premières études ; c'est du sein des lumières réuuies aux états que doit sortir enfin le plan d'une éducation salutaire et générale.

( Bar- sur- Seine. )

L'éducation est dans le plus déplorable état, et il est nécessaire de prendre les moyens les plus prompts pour l'améliorer; l'ordre du clergé demande : i°que l'éducation ne soit confiée qu'à des personnes d'une vertu et d'une capacité reconnues ; 20 qu'aucune maison d'éducation ne puisse être établie que conformément aux lois; 3° que toutes celles qui ont été établies d'une manière contraire soient supprimées; 4° qu'il soit pourvu aux besoins des monastères et des communautés religeuses qui se consacrent à l'éducation des jeunes personnes du sexe; 5p qu'il soit pareillement pourvu à l'établissement de maîtres et maîtresses d'école dans les paroisses qui en manquent; 6° que ces maîtres et maîtresses soient soumis à l'inspection des curés, et destituables par eux , s'ils s'acquittent mal de leurs fonctions, sauf le recours aux supérieurs ecclésiastiques. {Paris ^ extra muros. )

Qu'il soit fait un plan d'éducation nationale pour la jeunesse. (Rhodez.)

Que pour mettre tous les magistrats et gens en place dans le cas d'acquérir les lumières et les connaissances requises, il soit formé un plan d'étude nationale, et que les réglemens des universités soient observés à la rigueur. (Saumur.)

Les universités, les collèges et les séminaires méritent d'exciter le plus vif intérêt. Les députés solli-

(55) citeront les états d'en ordonner l'établissement dans les lieux où ils paraîtront nécessaires, d'en consolider l'existence dans ceux où ils sont établis, d'en améliorer le régime, d'en corriger les abus, d'en perfectionner l'enseignement, et de s'occuper aussi sérieusement des mœurs et de la capacité des maîtres, que du progrès des élèves. {Rouen. )

Que l'éducation publique, déchue depuis quelques années, et dont les vices vont en augmentant, soit prise en considération , et que l'on travaille à la réformer ; que, pour y parvenir, elle soit confiée à un corps enseignant , dont les membres soient amovibles pour cause de négligence, d'inconduite ou d'incapacité, dont le régime serait sous l'autorité des évêques, dont l'émulation serait excitée par les récompenses.

(Laon. )

Que les corps ecclésiastiques soient chargés de l'éducation publique. Le succès avec lequel une société religieuse a long-temps dirigé les collèges, et dont, à cet égard , l'on ne saurait trop déplorer la suppression; la supériorité des établissemens confiés à des communautés , prouvent quelles ressources la nation peut trouver dans le zèle et les talens des corps ecclésiastiques, qui ne demandent eux-mêmes qu'à se rendre utiles. (Lyoni1).)

(i) En 1818, M. Laine, ministre, s'occupa de l'instruction publique avec la chaleur qu'il mettait à tous les grands objets d'administration. Il écrivit coniidentiellement à tous les préfets pour avoir leur avis et connaître l'opinion de leur département sur la forme à donner à l'éducation nationale, et les personnes à y employer. Les réponses les plus intéressantes, les plus curieuses, arrivèrent de toutes parts. Les uns pensèrent qu'il fallait conserver l'université actuelle- d'au-

Sa Majesté sera suppliée de jeter un regard sur l'état déplorable des collèges , et d'ordonner quil soit pourvu à leur rétablissement par les administrations provinciales, de concert avec les évêques; et Ton pense qu'il serait avantageux de ne confier l'instruction qu'à des réguliers, en les assujettissant à la juridiction de l'ordinaire; et alors, pour prévenir l'extinction de ces corps , il serait à désirer qu'en dérogeant à l'édit qui a fixé à vingt-un ans la profession religieuse, il fût permis de la faire à dix-huit ans. (Angoumois.)

Que les maisons religieuses rentées, de l'un et de l'autre sexe , soient obligées de donner gratuitement leurs soins à la première éducation des enfans des lieux où elles sont établies ; cette honorable destination détruira le reproche d'inutilité, dont on aime à les accabler. (Coltnar et Schélestadt.)

On devrait s'occuper de réformer les abus qui se sont glissés dans les universités, et s'assurer d'un nombre suffisant de maîtres dans les villes particulières , avec une subsistance convenable -, établir dans chaque province des récompenses pour les maîtres qui se seraient distingués dans leur état. A. défaut de dotation suffisante pour l'entretien des collèges, on pourrait proposer à différens corps réguliers rentes de se

très, qu'il était temps de rappeler les Jésuites 5 d'autres, de reconstituer les Oratoriens. M. de Chabrol de Crousol, alors préfet de Lyon, fit entre autres des rapports raisonnes sur cette matière importante, et il prévit dès lors des choses qui semblaient pour d'autres cependant encore bien éloignées. Tous ces documens que M. Laine, privé trop tôt de son porte-feuille, n'eut pas le temps de metire à profit, fissent maintenant dans les cartons du ministère des Affaires-Ecclésiastiques

(57 ) charger de l'éducation de la jeunesse 3 c'est un moyen de les rendre plus sensiblement utiles à la société, et qui dispenserait de voter la suppression de leurs maisons. (Vitiy.)

Que les universités trop voisines les unes des autres soient réduites à un moindre nombre ou transférées, et les études ranimées dans celles que Ton jugera nécessaires de conserver, notamment dans celle de la capitale , qui doit servir de modèle à toutes.

( Vicomte de Paris. )

Il ne sera admis dans les universités et sociétés académiques aucun professeur qui n'ait donné des preuves de capacité et de son respectueux attachement à la religion catholique , la diversité des sentimens sur la religion dans les institutions de la jeunesse française étant la chose la plus à craindre. (Dourdan.)

Quiconque s'intéresse à la solidité des principes et à la bonne conduite de ceux qui se destinent au saint ministère, doit désirer que les états prennent des moyens pour la dotation des séminaires, et pour le paiement de la pension des séminaristes privés de fortune , mais non privés de talens. ( Limoges, )

Il sera établi dans chaque diocèse une ou plusieurs maisons d'éducation, ou petits séminaires, dans lesquels il y aura un grand nombre de places ou de demiplaces gratuites, destinées à soulager les parens pauvres des aspirans à l'état ecclésiastique. (Rhodez.)

Que tous les instituteurs publics soient tenus de se conformer à un plan uniforme , approuvé par les états-généraux. ( Lyon. )

Que l'enseignement des diocèses soit soumis à l'au^ torisation des évêques, et l'enseignement de chaque

(58) canton à l'inspection des cure's, de peur que, pat le mélange que va introduire la concession de l'état civil donné aux protestans, il ne se glisse des instituteurs non catholiques. (Montargîs.)

Que non-seulement les collèges d'exercices publics et gratuits, mais encore les établissemens d'éducation que forment les particuliers , soient soumis à l'autorité ecclésiastique. ( Lyon. )

La première instruction se prend dans les écoles ; en les multipliant, on en fait recueillir le fruit à un plus grand nombre d'individus ; les députés demanderont qu'il en soit établi dans toutes les paroisses sous l'inspection des curés. {Rouen.)

Que les moyens d'instruction soient multipliés , et qu'il soit établi dans chaque paroisse des maîtres et maîtresses d'école, soumis à l'inspection des curés.

(Lyon. )

Que la classe des maîtres d'école soit perfectionnée, encouragée; que leurs places ne soient données qu'au concours et avec l'approbation des curés ; qu'il soit formé des pépinières de ces hommes si nécessaires.

(Colmar et Schélestadt. )

Qu'il soit fondé dans toutes les paroisses , en proportion de leur étendue , des écoles gratuites , mais distinctes et séparées pour l'un et l'autre sexe.

Que toutes les maisons d'éducation dans Paris et les environs, qui ne sont sous l'inspection d'aucun supérieur ecclésiastique ou de l'université, soient supprimées ; une funeste expérience a appris que cette clandestinité ouvre la porte à une foule d'abus , et sert à propager les principes les plus pernicieux.

Que pour faire participer tous les citoyens au bien-

(59) fait de l'éducation publique et gratuite dans cette capitale , quelques collèges de plein exercice soient transférés dans les quartiers les plus éloignés du centre de l'université. (Paris.)

Les discussions qui s'élèvent au sujet des maîtres d'école déterminent à demander que les curés seuls aient le droit de les choisir sous l'autorité del'évêque, et de les renvoyer lorsque le bien des paroisses l'exigera. ( Bar- sur-Seine. )

Noblesse. — Les nations éclairées ont toujours regardé un bon système d'éducation publique comme la* source la plus sûre de prospérité.

Nos voisins qui nous envient plusieurs de nos instutions, sont surpris de l'état de nos collèges. [On les place généralement dans les grandes villes, et si les arts se réunissent autour d'eux, que d'inconvéniens viennent balancer cet avantage ! La corruption des mœurs s'y ouvre un passage ; d'un autre côté les prix y sont trop élevés; les études n'y sont point assez fortes pour faire passer par-dessus tout ; en sorte qu'il est nécessaire d'une refonte et d'une révision dans cette partie comme dans toutes les autres.

Il faut fixer la jeunesse dans un asile où elle ne respire qu'un air salutaire, où elle n'ait que des distractions faites pour son âge. C'est ce qu'elle trouverait dans un riche monastère, dont les vastes bâtimenssont aisés à disposer pour y recevoir des élèves , et dans lesquels la consommation de ces jeunes gens augmenterait le bien que les moines procurent aux campagnes.

L'émulation entre nos Oratoriens et les Jésuites,

(6o) fit du collège de Juilly ce qu'on dit qu'il est encore* Cette émulation entre les Bénédictins, les Augustins et autres, multiplierait les bons collèges, qui, sous l'inspection des états provinciaux, ne cesseraient pas d'en mériter les éloges.

Il faut, pour mieux assurer la bonne conduite des instituteurs de la jeunesse, qu'ils tiennent à une règle et à des supérieurs qui surveillent les membres de leur congrégation.

D'après ces circonstances, qui n'échapperont pas à la sagesse des états , le député est chargé de demander l'augmentation des écoles publiques, et des réglemens tendant à perfectionner un objet si intéressant pour la nation. (Sens.)

D'après le nouveau plan d'administration proposé par Sa Majesté y et accepté par la nation, chaque citoyen devra s'occuper de la chose publique. L'éducation nationale devient donc plus intéressante qu'elle ne le fut jamais. Les états seront sollicités de rechercher les moyens de perfectionner cette branche importante. (Angoumois.)

L'assemblée portera son attention sur les établissemens d'éducation, qui, manquant dans plusieurs parties du royaume, y sont presque partout imparfaits: ils ont conservé la routine des sièclesqui les ont vus naître. Il serait temps de les faire participer aux lumières acquises, de leur donner un régime propre à former des citoyens , et de propager dans les campagnes les moyens d'une instruction suffisante , qui puisse s'étendre jusqu'aux pauvres. Il faut demander l'établissement d'une commission chargée de s'occuper de l'instruction publique, et qui, composée d'honi-

mes aussi vertueux qu'éclairés , sache combien les lumières influent sur les mœurs des citoyens et sur le bonheur public. {Saintes.)

Les états s'occuperont des moyens d'inspirer un caractère national , par des changemens dans l'éducation des enfans de l'un et de l'autre sexe. (Lyon.)

Il sera avisé aux moyens de perfectionner l'éducation publique, et de préparer à l'Etat des citoyens utiles ; on examinera s'il est avantageux de la confier à des réguliers. ( Arras. )

Les vices de l'éducation actuelle semblent exiger qu'on la confie à des congrégations religieuses.

( Franche-Comté. )

Que nul ne puisse occuper les emplois civils et militaires avant l'âge de '20 ans; le temps, jusqu'à cet âge, devant être consacré à l'éducation.

Que la religion soit toujours la base de l'éducation scolastique et de l'éducation morale.

Qu'il y ait dans les villes des écoles supérieures, présidées par des citoyens dont les lumières soient reconnues , le seul objet qu'on doit s'y proposer étant d'enseigner : 1° les principes du droit naturel, qui éclairent sur les droits et les devoirs de l'homme ; 20 les principes du droit civil, qui éclairent sur les droits et les devoirs du citoyen ; 3° les principes du droit public qui éclairent sur les droits et les devoirs de la nation.

Qu'on ne soit reçu dans ces écoles qu'à dater de l'âge de quinze ans (0.

(1) On trouve dans le cahier de Dourdan le principe qui fit organiser les écoles centrales. Auprès de ces établissemens dont nous

Que l'éducation scolastique devant préparer à l'éducation morale, les professeurs gouvernant les écoles inférieures soient tenus de rendre compte de leur conduite et de leurs élèves aux professeurs gouvernant les écoles morales, et reçoivent leurs documens sur cet objet essentiel. ( Dourdan. )

Que l'éducation publique soit étendue à toutes les classes de citoyens; qu'il soit rédigé un livre élémentaire, contenant les points principaux de la constitution ; qu'il serve à l'éducation de la jeunesse, et que les Français apprennent en naissant à connaître, à respecter et à chérir leurs lois.

(Parisb).) La restauration si désirable du royaume ne peut être ni parfaite , ni durable, si elle ne s'appuie sur la régénération des mœurs, et sur le développement de l'esprit public; les députés demanderont que les états prennent en considération les moyens de perfectionner l'éducation publique, et de la diriger vers l'étude des devoirs que la morale prescrit a l'homme, et que le citoyen contracte en naissant envers son prince et sa patrie. ( Nanci. )

Qu'il soit établi des écoles d'administration et de

avons parlé plus haut, on avait placé des bibliothèques, des cabinets de physique et de chimie, des jardins de botanique. Quelques-unes de ces fondations fleurissent encore; d'autres ont été négligées, et elles manquent ou d'instrumens perfectionnés, ou de plantes utiles et nouvelles, ou des traités qui ont depuis trente ans, paru sur l'avancement des sciences.

(i) Partie toute négligée. On prend au hasard les diplomates et les administrateurs; aussi Dieu sait comment vont souvent les affaires du dedans et du dehors !

droit des gens, pour former des administrateurs et des membres du corps diplomatique.

(Bayonnc (T). )

Dans le moment où la France va se régénérer , où sa constitution jusqu'à présent flottante , va prendre une forme régulière et stable , l'éducation publique étant un des objets les plus importans dont puissent s'occuper les états-généraux, on insistera sur ce que le droit public fasse, après la religion, la base de toutes les études. ( Touraine.)

Qu'il soit formé un plan d'éducation publique ? dont les principes soient analogues à la constitution nationale. ( Guienne. )

Qu'il soit établi un conseil, composé des gens de lettres les plus éclairés, et de citoyens des différens ordres , pour former un plan d'éducation nationale à l'usage de toutes les classes de la société, et pour rédiger des traités élémentaires. ( BloisJ)

Il est recommandé aux députés de s'employer à obtenir une école à la fois nationale et militaire , dont le but soit d'inspirer à la jeune noblesse la religion, l'honneur et la subordination. (Evreux.)

Le tiers-état sera admis dans les écoles militaires , alternativement avec la noblesse , sur la présentatiou des états provinciaux. (Pont-à-Moussons.)

Les communautés et abbayes de filles doivent être chargées de l'éducation des enfans de leur sexe. L'on doit également créer, dans les plus riches de ces abbayes, un grand nombre de places gratuites,

(i) Si la noblesse n'émettait jamais que des vœux de cette espèce, quels droits n'aurait-elle point à notre reconnaissance.

qui seront partagées entre la noblesse et le tiers.

( Château-Thierry.)

Il faut qu'il y ait assignation de fonds certains destinés à entretenir et récompenser ceux qui se consacrent à l'éducation. (Melun. )

Les états-généraux aviseront aux moyens de trouver les fonds nécessaires pour l'entretien et la récompense des maîtres chargés de l'instruction des pauvres.

( Auxerre. )

On doit examiner s'il ne serait pas possible de tirer parti de la foule des enfans abandonnés que l'État recueille , et d'en faire de bons soldats et de bons matelots, en leur donnant une éducation patiotiqueC1). (Lyon. )

Il sera établi une école de droit dans toutes les villes où il y aura une cour souveraine. Les places y seront données au concours. (Clermont-Ferrand.)

Les parlemens veilleront aux études des universités et à l'admission aux grades. (Rhodezi?).)

(1) Tout avait été prévu en 1789. Nous venons de voir que les écoles centrales avaient été devinées par Dourdan, et voilà que les pupilles, qu'en un temps forma Bonaparte, ont été indiquées par Lyon. Plus on médite ces instructions données par les provinces à leurs députés , et plus on sent que leur étude peut devenir utile à l'homme d'Etat, soit pour adopter ce qui est bon, soit pour apprendre ce qui est dangereux et ce qu'il convient de repousser.

(2) C'était une bonne idée de faire veiller les corps les uns sur les autres. Il faudrait la mettre en pratique à présent. Les tribunaux surveilleraient les collèges , les académies surveilleraient les cours royales, et la crainte d'un blâme réciproque ferait tenir une conduite régulière à tous. Les rapports seraient adressés au Roi et aux chambres, et les lumières qui en jailliraient mettraient les pouvoirs souverains à même de réformer sans peine les abus au moment ou ils viendraient à apparaître. Ces espèces de pétitions auraient plus de poids que celles des

Tiers. — Il sera fait un plan d'éducation nationale, dont le principal but sera de donner aux élèves une constitution robuste (0, des sentimens patriotiques, et la connaissance des principes nécessaires à l'homme social, au chrétien et au Français. On examinera s'il ne faudrait pas séparer les différens âges, et reléguer hors des villes les maisons d'éducation.

{Paris y extra muros. )

simples particuliers. Ce ne serait pas une guerre qu'on fomenterait entre les corps, mais une dépendance naturelle dans laquelle on les mettrait, et qui serait très-fort de nature à rassurer sur l'oubli de leurs devoirs, ou sur les empiétemens qu'ils sont toujours enclins à tenter.

(i) Les essais en ce genre ne se sont faits que depuis peu. Ce n'est que depuis l'arrivée en France de M. Âmoros, colonel espagnol, qu'on a pensé à introduire en grand la gymnastique dans nos pensionnats ; les grands collèges ont été sur le point de l'admettre. Le château de Vanvres, appartenant au collège royal de Louis-le-Grand , offrait pour cela beaucoup de ressources: il y avait là de grands espaces, de belles pelouses et de beaux arbres; on a été sur le point d'y établir les cordes nouées et les trapèzes de notre colonel philosophe. M. le comte de Chabrol, préfet de la Seine, avait promis de faire les fonds, et tout était à la veille de prendre une allure qui eût fait avancer rapidement dans la carrière d'une éducation physique , appropriée aux besoins de l'homme; mais l'Université craignit les suites de cette innovation , il sembla qu'elle y vît quelque chose de la révolution. Cela même, qui l'aurait du engager à admettre, fut ce qui la porta à repousser; car c'est une chose remarquable, que le corps qui tendit toujours à l'amélioration des choses se rejette aujourd'hui en arrière, et marche tant qu'il peut en sens contraire du but de son institution. L'opposition de ce côté ne peut être vaincue, et tout l'appareil de M. Amoros fut réduit à servir aux exercices de quelques écoles particulières et de quelques régimens, qui même n'y vont plus que mol iement et se ralentissent tous les jours.

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