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LA DOCTRINE OCGULTE
Toute l'histoire est parcourue de 1 fantômes, de magiciens, de démons | et d’anges : le surnaturel remplit les annales
Aujourd'hui on cherche sa trace vainement. L’invisible a disparu et M. Homais en fait honneur aux Encyclopédistes et aux Septembriseurs. Cependant Pasteur donne raison à Paracelse et Berthelot la-
ve les alchimistes du reproche d'imposture. « Le virus dilué remédie à lui-même » — «Il nya
pas de corps simples ». La prophylaxie commence à s'incorporer dans l'hygiène.
Dans la primitive église, on faisait sortir le commun des fidèles avant de lire de l’évangile de Saint- Jean réservé aux initiés : aujJourd'hui, la plus humble dévote l'écoule et celte page 9 \rde son mys- {ère aussi bien qu'a Ne fois. Nous n'avons point d’ attention aux choses évidentes et coutumières ; Ja banalité voile aussi obscurément que le symbole. Les Maîtres de la Magie, s'ils lisaient les traités de
nos Jours, s’épouvanteraient de voir tant de révélations prodiguées, parce qu'en leur temps florissait une attentivité extrême.
Lorsque M. de Rochas donna la démonstration du corps astral et de l’envoûtement en une seule expérience, nul ne s’émut. Cependant, si en égratignant avec une épingle, la plaque seulement impressionnée, on voit l’égratignure paraître sur le corps du sujet, et que la place corresponde exactement à celle de l’égratignure sur le cliché développé, il faut bien admettre un ee de relation entre la couche sensible du verre et la peau du somnambule : et cet élément de rapport ne peut être que fluidique.
Papus a bien défini l’état hypnotique « un déplacement de la force nerveuse qui interrompt le courant avec l'esprit ». L'esprit ou, si On veut, la ou du magnétiseur, Se substitue à celui du sujet qui devient un instrument d’une puissance très complexe : car les
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facultés passives de l'endormi, vision à distance, et même perception psychologique, intuitions, présages, sont dirigées par une intelhgence calme et consciente. Pour entrer en contact avec la vie fluidique, il faut couper le courant qui va de la périphérie au ‘cerveau, exactement l'interrompre, Mais c’est toujours courir ou faire courir un danger ; car l’astral, comme je l’ai dit, est une mer de formes embryonnaires ou avortées qui roule dans ses ondes des volontés de vie à tous les états d’informité :
et on peut contracter des maladies fluidiques fort dangereuses.
Celui qui feuillette les anciens livres de Magie, s'étonne de la minutie du cérémonial et de la multiplicité des noms d'anges et de génies à prononcer. Ce répertoire n'a d'autre but que de fixer et de maintenir l'attention de l'opérateur. Il n’est pas utile de comprendre ce qu’on dit, mais bien de savoir ce qu’on veut et de le vouloir fortement. La magie ne réside pas
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dans les mots, ils prennent force de notre volonté. On voit aux grimoires des bergers, des noms hébreux et grecs déformés par le copiste illettré : ils auront autant d'action que s'ils avaient leur forme régulière, La Magie est Verbe et non langage et le Verbe est acüon, Avec Eliphas Levi, elle a quitté le jargon scolas tique et > sxphque ph 1los0p hiquemer 1t, en théories; mais le rituel reste à peu
près le même que chez Agrippa.
Prier et penser devraient être les seuls rites du véritable occultisme,
car la prière suffit à nous réconforter et à nous défendre. Chaque fois que nous répondons par de l'indulsence à une injustice, nous nous élevons, c’est-à-dire que nous nous mettons à l'abri des peines lutures. La vengeance est la plus triste muse, elle nous force à collaborer à l’œuvre de l'ennemi :
vouloir se venger, c’est aviver la blessure qui nous est faite, l’envenimer affreusement.
On doit se défendre, car ce mon-
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de est un champ de lutte et le Crime deviendrait tout puissant, si la vertu lui cédait sans cesse. Mais la défense initiale, cest de ne pas changer en idée fixe, en obsession, l'avanie que nous avons stbie. Même si on ne croit pas à la nécessité de pardonner pour obtenir le pardon à son tour, il faut s’épargner les transes de la haine.
L’orgueil de locculuste l'emporte sur celui des autres hommes
comme il s'identifie avec l’objet de ses études, il estime sacrilège ce qui n'est que méchanceté et appelle volontiers sainte, sa colère.
L’entraînement magique exalte la personnalité autant que l’ascèse religieuse la contient et l’enchaîne
aussi la perfection serait-elle lhumilité pour l’occultiste et la personnalité pour le moine, Il y a de la vanité dans tout homme et le studieux du mystère se croit engagé à étonner pour obtenir une confirmation de sa puissance ; même s’il parle ou s’il écrit, 1l se défend mal d’une affectation impérieuse
qui vient du genre de son application plutôt que de sa personne.
« Un poil de ma barbe en sait plus long qu'il n’y en a dans Avicenne et Galien » s’écriait Paracelse, et les Rose-Croix de 1613 cités par Naudé assurent : « qu'ils ne sont sujets m1 à la faim, ni à la soif, n1 à la vieillesse, ni aux maladies : qu'ils ont un livre où 1ls peuvent apprendre tout ce qui est ou sera dans les livres faits ou à faire, qu'ils peuvent forcer les esprits les plus puissants à se mettre à leur service et attirer à eux, par la vertu de leur chant, les perles et les pierres précieuses ». Ce sont de pareilles vantardises qui font accourir les méchants et les sots.
St l’Alchimie n'avait pas affiché la prétention de faire de l'or, elle n'aurait point eu de si nombreux souffleurs ; et si le profane savait qu'il ne peut rien obtenir de Mammon par l'occulte, nul doute qu'il s'en éloignerait de lui-même.
Ici se place un avertissement véridique et corroboré par la biogra-
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phie de tous les thaumaturges. Le doux Lavater, le prodigieux Fabre d'Olivet ont péri misérablement ; aucun mage illustre n'eut la vie heureuse. Dans cette voie inconnue, on ne s'arrête pas quand on le veut et les fameux pactes avec le démon figurent les conséquences irrémissibles de la témérité. Comment Jugerait-on celui qui oserait | s'aventurer sur une terre inconnue AT sans armes, sans provisions, seul LILAU et dans l'ignorance totale de la flo- BE + re, de la faune, du climat, des ha- | ET bitants ? C’est cependant le cas de (1 l'occultiste qui affronte l’interland astral. Et encore l’aventurier qui | se Jette dans une île inconnue peut EU en revenir et reprendre sa vie an- 4 térieure ; celui qui sort de la zone | 1 humaine n’y rentre pas seul : et ce |: 18 sont de tristes familiers que ceux qui le suivent. Inconvénient de la magie traditionnelle : elle est fille | de la solitude, pleine de défaillan- LR ces et d’hallucinations, elle em- (1 ploie par tradition des signes F morts, désaimantés depuis des | 1 3 | 14
millénaires. À toute époque, l'occulte paraît comme une branche de l'arbre religieux : et elle cesse de verdoyer dès qu'elle s’isole du tronc nourricier : car une religion constitue un foyer de chaleur où l'esprit conscient puise des forces indélinies. Le mage ne s'écarte de l'autel divin que pour des œuvres égoistes et noires. L’évocation d'un
grand esprit est ridicule, parce que les illustres morts ne peuvent se consacrer au rôle de répétiteurs de
la curiosité humaine même studieuse ; et il est plus rationnel de méditer Platon que de lévoquer voici ce qui fut répondu à un enthousiaste qui osa appeler Pit gore — Il va de soi que Île a silentiaire n’est pas venu, Qui l'a remplacé ? Nul ne le sait ! La réponse était d’un envoyé lumineux, et prémunira contre maints dan- SerTS — :
« Pythagore comme homme n'est plus même assez de cendre pour remplir le creux de ta main, et tu veux le voir ! Quand une intelli-
: Pr eee : ire pu = - — = sm TS ET F4 2 = EE DE. JOEL PRES. ee Ÿ Aa ne. er —
sence sort de ce monde d’épreuves, elle s’élance à travers les étapes de la purification, vers son auteur qu est l’unique bien : et tu penses que ton appel va l’arracher à Sa gravilation vers l’Absolu ! Ce que tu as appelé, c'est le Pythagorisme, c'est-à-dire le reflet
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que ce philosophe a cristallisé à son image, par l'application.
@ Toi qui commandes avec l’épée et t'enve eloppes du manteau philosophique, iu ignores qu’une apparition n’agit que sur l’âme !
L'homme ne voit pas simultanément par les yeux et par l'esprit.
“a cherches la volupté du mysté-
, le spasme de l’au-delà : tu n’es se "un iiate de l'étude, tu demandes des sensations à un ordre de faits où il n’y a plus de sens.
Tu veux voir Pythagore ? Ce désir N a qu'une excuse pour être demandé, et qu’une chance pour être obtenu : l'amour ! Seul il parcourt les degrés de l'invisible et attire à lui le reflet de son objet, Or, tu accepterais la venue de quelque au-
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