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tre grand philosophe. Donc, tu n'as pas sur moi les droits de l'amour et je n’ai pas sur toi les pouvoirs de l’amour ! Ta lecture t'a amené à désirer une vision, 1gnorant qui appliques les procédés de l'âme aux choses de l'esprit. Le mage est celui qui tire un parti extraordinaire de la circonstance usuelle. Phidias prit un peu de terre et fit son Athéné. S'il avait jeûné quarante Jours, et puis évoqué par les parfums et les gemmes la déesse, 1l eût été un enfant.
« Pense ta vie au lieu de la vivre et tu seras, sinon un Pythagore, du moins un disciple de Pythagore! Tu ne peux commander qu’à tes inférieurs : l’imparfait, l’informe et l’en-bas seuls t’obéiront : des êtres douteux et avides grefferont sur ta vie leur vie vacillante, parasites de ta santé, parasites de ta raison.
« La curiosité est une passion et non une vertu. Quand l'inconnu se manifeste, ou sa volonté est supérieure à la tienne, et alors il vient
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de lui-même : ou elle est inférieure et alors quel bien en tireras tu ? »
Ainsi parla ce qui n’avait pas de bouche.
Mais il faut finir ce discours et conclure. L'Occulte n'est pas une religion, une science ou un art, mais la part de la religion, de la science et de l’art, que l'Antiquité cachait autrefois et qui échappe sar essence à l'intelligence moyenne, c’est-à-dire la Triplicité de rapports dont toute notion est susceptible. L’Occulte n’est pas une doctrine, mais la méthode probatique applicable à toute doctrine et qu'on appelle analogie ; elle procède de l'homme au monde, du visible à linvisible, du fini à l'infini et apprend à l'initié à préparer son éternité ;: car le devenir réalisera notre idéal : nous ne serons que notre rêve et nous n'obtiendrons que notre demande. Malheur à l'homme d’un pauvre désir, car ce désir sera réalisé. Rien n’est que ce qu'on croit, rien ne sera que ce qu'on espère ; rien ne nous sera
fait, sinon ce que nous aurons fait.
L'éternité aura la splendeur de notre foi, la beauté de notre espérance et la chaieur de notre amour:
car la miséricorde est identique à la justice.
Mais si nous n'avons ni foi, ni espérance, ni amour, comme ce sont les conditions de l’éternité, nous serons rejetés dans le temps et dissous par les opérations qui
lui sont propres.
J'avais quitté le Caire assez tard dans la nuit, et quand j'arrivai devant le Sphinx, il faisait triste et gris : c'était ce moment de malaise où la nuit va cesser, où le Jour ne paraît pas encore. Alors les couleurs sont sales et neutres, et les formes apparaissent mornes.
Le monstre sacré, qui n'a plus de nez, semblait une bête d’effroi.
Je regardais cette face d'ombre, et cette face d'ombre regardait le point où l’aurore paraît. Une grande tristesse descendait en moi, et toute cette cendre du passé, qui nous oppresse comme le sable du
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désert oppresse le colosse, s'accumulait sur mon cœur. Soudain, une lueur passa dans les grands yeux de pierre qui ne sont plus que des trous : le menton plein de volonté s’accusa : les ailes déchiquetées de la coiffure devinrent nettes, et comme si un invisible artiste faisait jaillir l'œuvre de l'ébauche, l’être symbolique venait à la vie. Tout à coup, l’arcature des yeux, le sublime sourire des lèvres s’illuminèrent : le Sphinx renaissait au premier rayon du soleil.
Inoubliable spectacle et qui donne le plus pur enseignement de locculte : image de la mort ou triomphe de la vie, suivant le rayon pro- Jeté.
À quarante mètres du Sphinx, s'ouvre au ras du sol la plus ancienne maison du Mystère. L'intérieur, en forme de tau, seul est déblayé ; les piliers sont carrés :
l'angle droit règne partout, pas une moulure, pas un hiéroglyphe. Le caractère sacré du Temple de granit n'apparaît qu'au poli, à l’ajus-
tage, à l’arête vive de ces cubes
énormes qui évoquent le Joaillier et non le tailleur de pierre. Cela sionifie que le Mystère est un par essence et que les symboles qui le voilent n’ont d'autre raison que l’imperfection de nos esprits.
Depuis qu'il y a des hommes, quelques-uns se sont consacrés au culte du mystère dans chaque époque ; 1ls forment une suite ininterrompue de beiles intelligences, parfois les plus belles de leur race. Leurs œuvres n’expriment pas leurs pensées individuelles, ils incarnent et manifestent les appétences éparses autour d'eux, coryphées prodigieux du sentiment général. Faust étudie la même matière qui se constitue en superstition pour le simple. Là où le poète invente un accent d'expression éternelle, le mage découvre une loi.
L'esprit ne crée point les idées il perçoit des rapports entre lui et l’idéalité. Or, l'idéalité est une réalité. Le subjectif est le prisme
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où la lumière objective se décompose pour se colorer. Les spectacles de la nature, les chefs-d'œuvre de l’art, les mouvements de notre vie pa 1ssionnelle ne sont que des impr essions du Mystère. Les
aints, les génies, les poètes, les Sévatts sont ceux qui l’ont senti et exprimé,
L'Histoire déroule devant notre intelligence l'immense procès-verbal de l'expérience. Fabuleuse, errGnée, pal rtis le, même en dénaturant läs faits, La exprime toujours l’âme d’une époque. Ce que l'homme a toujour Fs pensé est humainement vrai ; cette constance vient de sa nature même. Or, 1l a toujours pensé au Mystère à travers la né-
cessité et les passions. S1 les ex-
pressions paraissent folles et 51 la science occulte n’est qu’une colossale superstition, elle tient dans l'histoire de l'humanité une telle place, qu’on ne peut se passer de Pétudièer, même en la jugeant vai-
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Les origines de l'Occulte recu-
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ANA LES FAITS OCCULTES 59 ll | ; À h : 4h lent bien au-delà de l’histoire et de | la fable même, par des traditions (|!
qui défient la critique. L’Hégémo- (ll nie humaine aurait eu trois pério- { des avant celle de notre race hin- | do-européenne : des civilisations } Jaune, rouge et noire auraient pré- 1
cédé nos temps historiques. Je me bornerai à rappeler la légende de l’Atlantide. Il est soutenable que lorsque s’abîma le continent Atlante, les rouges tentèrent de recons- | tituer leur civilisation sur les nou- | velles terres, fonds de mer exhaussés par le cataclysme : ils s journèrent au delta de l'Euphrat puis traversèrent le désert ét par l'actuel Suez, ils aboutirent au delta du Nil. Cela semble prouvé par les idenütés des anciens types et des formes d’art. On n’a rien trouvé en Egypte qui appartint à un temps de formation : les plus anciens monuments sont les plus parfans. . date de Sargon l’ancien (3800) n’est séparée de Snoproui et (ts
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60 x INTRODUCTION AUX SCIENCES OCCULTES
point de date. Quelques savanis avaient deviné que le cunéiforme kaldéen cachait sa clé dans les trigrammes chinois ; mais les armées de la civilisation chrétienne ont réduit en cendres les seuls textes qui pussent éclairer cette transcendentale question. En l’état de l’archéologie, l'Egypte, la Kaldée et la Chine se disputent la plus haute antiquité ; mais l'importance de ses ruines et le point avancé de leur étude obligent à donner la première place à la terre de Ra.
Jamais le mystère humain ne fût si complètement dévoilé. L’Egyptien savall que Son corps oOrganique était mû par un fluide vital, que son âme serait au jour de la mort séparée de son esprit, pour être jugée : et qu’ensuite l'esprit rejoindrait l'âme, comme exécuteur de la sentence.
À la naissance, l’âme (Ba) se vêt de fluide vital (Niwou) comme d’un manteau. L'esprit (Khou) s’involue dans l’âme. — Le Niwou, c'est à la fois l'âme du corps et le
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corps de l'esprit : c'est lui qui fait les miracles, les fantômes, les envoûtements. À la mort, le Niwou s'envole sans s'éloigner de l’esprit (Khou), retourne dans la sphère spirituelle pour attendre la sentence de l'âme (Ba). Le papyrus de Leyde indique formellement que les âmes délaissées par l'esprit cherchent un corps pour reprendre terre, et que si elles peuvent s'emparer d’un organisme, elles commettent tous les crimes de lycanthropie, de vampirisme et d'incubat. Mais l'esprit justicier épulse la résistance de l’âme impénitente, la consume et remonte à son foyer.
Quand. on lit au Livre des Morts « J'arrive en épervier et Je sors en bennou... je suis le chien d’Forus, » cela signifie des étapes de l'évolution et non d’absurdes mé-
tamorphoses. Le scarabée, — ver, chrysalide et papillon — constitue
la plus exacte image de l’immortalité de l’âme. Ce sont encore là les formules dévotieuses ; bien plus
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