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Jurations. Le grand ouvrage magique de Ninive qui est-au musée Brilannique fut exécuté par les scribes d’Assourbanipal d’après le texte d'Ereck. Il se divise en con- Jurations contre les Mauvais esprits, en incantations pour guérir, et en hymnes donnant la puissance. Daniel ne distinguet-il pas, trois classes sacerdotales : les exorcistes, les thérapeuthes et les théosophes,
Astrologie et Démonologie, teis sont les courants majeurs de la croyance du Delta. Le Kaldéen était sans cesse préoccupé du mauvais sort qui vient du milieu du
ciel et du sort mortel qui vient du
milieu de l’abîme : « les démons pénètrent sous les portes comme des serpents : ils empêchent l’épouse d’être fécondée. ils enlèvent l'enfant des genoux de l'homme ».
[Us habitent, comme nous le dira la légende du Mo yen Age, les lieux incultes, le désert, le marais, le ravin., Si la ,possession était Ja grande crainte du Bas- Euphrate,
elle affectait deux sortes : on pouvait être possédé par de bons démons et c'était le plus haut effet de la magie : « que le démon favorable pénètre dans ton corps »
dit une brique. La Peste et la Fièvre sont des diables. Il y a aussi ceux qui soumettent l’homme et la femme à leurs embrassemenis, pendant le sommeil. Après l’incube et le succube vient le lutin, le géme familier. Comme l'Hindou récite des mantras pour conjurer les diables les plus communs, l’homme du Bas-Euphrate disait des exorcismes. Le mot suprême, le schem qu'on n’écrit jamais, est un nombre, et la Kabbale juive en fera la base de ses spéculations. Le phylactère, les amulettes, les talismans, ont leurs plus anciens spécimens en Kaldée. On pensait faire fuir les démons en les sculptant épouvantables. Le taureau à face humaine est le bon génie qui veille au seuil des palais et en défend l'entrée aux mauvais esprits. La Kaldée connaissait l’envoûtement,
et on tirerait des briques cunéiformes une goëtie complète et identique à celle de l'Occident. Mais nous ne possédons pas la haute doctrine des Kasdim: : elle a enfanté la magie sémitique et on ne s’étonnera pas que les chrétiens, tributaires d'Israël au sens religieux, l’aient été aussi en sorcellerie. La faute impardonnable des occultistes, de Paracelse à nos jours, a été de rouvrir la porte de l'imagination humaine à l’invisible. Personne ne conservera sa raison et sa santé, qui s'inquiètera du démon, des jours, des heures, des lieux et qui croira aux présages, affaiblissant ainsi son entendement. Le fatalisme de l'Orient a opéré comme un remède nécessaire sur des âmes hantées par les innumérables fantômes du monde intermédiaire.
Mieux vaut croire que tout est écrit que d'essayer, par d’incessantes conjurations, de désarmer ces en:
nemis sans nombre que la démonologie décrit. La réaction sémitique contre la superstition fut une syn-
au 2e ns on —
thèse de la superstition même; avec la conceplion d’un Dieu unique, le sort de la créature ne dépendit plus d’influences secondaires, et le musulman reçut sa paix morale de cette conception : le dogme de la Trinité lui semble encore une 1dolâtrie, ou, au moins, un polythéisme. La race jaune qui fut mêlée aux Rouges et aux Sémites dans le colfe Persique fit son évolution par le rationalisme. Que l'on interroge le King, le plus ancien rituel, ou le Tao, ésotérisme trancendental, on trouve une théosophie profonde, mais précise et dégagée d'animisme. Confucius même réduit la métaphysique à son adaptation morale : nulle part on na si soigneusement revoilé le mystère. Seul, le culte des ancêtres est resté des anciens dogmes, idée merveilleusement sociale qui permet au vivant de glorifier le mort et à celui-ci de bénir et de protéger le vivant. Si l’'Occidental avait d’autres soucis que le négoce ou la rapine, il aurait vu dans la men
talité chinoise un caractère réaliste et logicien très semblable au scepticisme moderne : mais l’intérêt est si impérieux de mépriser ses victimes, qu’on s’obstinera encore à ne pas comprendre l'esprit des jaunes.
L'Inde nous est parvenue sous sa forme décadente, c’est-à-dire boudhique ; et en même temps des anglo-saxons se sont emparés d’un ésotérisme hybride qu’ils ont tâché d'importer en Occident, sous le nom de Théosophie. L'Inde a oublié dans son rêve ses propres origines, et malgré les nombreuses relations publiées et la domination anglaise, nous ne savons rien autre que ce que la critique des textes a donné à Coolebroke et à Burnouf.
Cette civilisation à l’état somnambulique ne nous fournira jamais ni son histoire, ni les commentaires de ses doctrines : mais elle nous montre ses yoghis et ses fakirs qui conservent les plus anciens secrets de la thaumaturgie. Quant à la Perse, depuis qu'elle est musulmane, elle
a disparu de la carte intellectuelle du monde : partout où s'implante le croissant, l’idée meurt, fauchée par le cimeterre du Prophète. Mais le Mazdéisme occupe une place considérable dans la mêlée des religions et l’angélologie chrétienne y prend ses origines. On a attribué à tort le nom de magisme à la religion Zoroastrienne. L'inscription de Behistoun relative au règne de Darius, montre que les deux doctrines étaient ennemies : le mot magus correspond au prêtre mède, héritier des traditions accadiennes, et celui d’atharva désigne le pontife persan, de race arya. Le Zend Avesta porte les traces évidentes d’une double doctrine. Le Mazdéisme pur déteste tout naturalisme
il n’est pas astrolâtre. Il ne faut pas trop rire de la prétention de faire descendre le feu du ciel par les cérémonies magiques. J’ai assisté, à la Pâque grecque de Jérusalem, à la cérémonie du feu nouveau, et les représentants de la Sainte-Russie en grand uniforme assistaient