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en croyants, à la venue céleste du prodige.
Je sais le charme infini qu’exercent sur nos esprits saturés de l'horreur moderne, l'évocation des vieux riles asiatiques. La splendeur des images cependant agit plus que la précision des idées : et quelles que soient la joie de boire aux sources même de l'imtiation et la recherche enivrante de la vérité la plus vénérable, n’oublions jamais que le génie grec a été le van miraculeux où la tradition s’est épurée et rationalisée. Certes, Pyihagore vient spirituellement de l'Egypte, et Orphée, à ne consulter que les documents figurés, est un Arya et probablement un Persan mais à l'Hellénie revient l’honneur d'avoir fait de la lumière pure avec les couleurs d'Orient, Fabre d'Olivet et après lui le marquis de Saint-Yves ont révélé ce qu'étaient les mystères d'Eleusis et le conseil des Amphyctions. Il suffit d’envisager le Prométhée d'’ Eschyle, l'OŒEdipe à Colone pour découvrir que
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1 ; HU 14 dl nulle part plus qu’en Grèce, la dé- Î marcation de l’ésotérisme et de l’e- 4 xotérisme ne s'accuse autant. | :
Cette conception d'une science aristocratique et d’une autre plébéienne irriterait le contemporain, |.
comme elle indigne Caliban. N ost- 1 ce pas étrange, que l'on ait pu con- il
cevoir la justice sans l'accompa- | oner de cette erreur in pardonnable | pour une époque qui s’attribue l'es- }l
prit scientifique : l'égalité ! La na- | ture n’est qu'une hiérarchie d’espèces, non de fonctions. S1 l'on veut que les enfants, les infirmes et les vieillards puissent cueillir les fruits d’un arbre, on devra le tailler de
facon à diminuer sa hauteur. Ainsi (Ha l'esprit démocratique qui à tou- l jours rêvé l’uniformité des intelli- VE sences, arrive logiquement à l’abo- h lition des hautes études parce qu'el- [1 les sont impossibles à la pluralité. [:
De Jean-Jacques Rousseau, qui [# voulait un travail manuel pour son 4 Emile, jusqu'à Tolstoï, qui a fait 1h une paire dé bottes en sa vie, on | arrive à la courtisanerie du coilec- je [ h F4 Fi Rens enne LE - i EEE EEE EEnennee me x°
tif. Les Grecs pensaient autrement.
La dévotion, chez eux, déformait le mythe à son gré : au peuple il faut des croyances populaires : du moins 1c1 elles vont se revêtir d’une beauté incomparable, que l’imagination humaine n’oubliera jamais. Les aventuriers de l’Argo cherchaient-ils une toison d’or ? En tout cas, Orphée, rapporte l’initiation. Cadmus vient de la Thèbes d'Egypte fonder une autre Thébes.
Les Vers Dorés de Pythagore, sa doctrine de la Tétractys ou du Quaternaire contiennent assez de lumière pour éblouir et vivifier l’intelligence la plus impérieuse ; mais une malsaine curiosité nous attire vers la sorcière de Thessalie, les lamics, les stryges, les empuses, tueuses d'enfants, violatrices de cadavres, plus ignobles que Circé, plus criminelles que Médée. Les grands initiés s'appellent cependant Platon et Aristote : l’un servira d'ancêtre aux pères de l'Eglise, l'autre sera le maître des scolastiques au moyen-âge. Pythagore im-
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posait un long et pénible noviciat à ses disciples, et le maître de l’Académie n’enseignait pas tout ce qu’il savait. « Ce ne sont pas les livres, dit-1l, qui donnent ces incomparables connaissances ; il faut les puiser en soi-même par une profonde Méditation, et trouver le feu sacré au fond de son être... C’est pourquoi je n’ai rien écrit de ces révélations et je n’en parlerai jamais ».
Les penseurs officiels de notre période ne conçoivent pas cette prudence et ne voient aucun danger à tout dire ; mais l’anarchie est devenue une théorie et elle a ses fanatiques redoutables, qui la réalisent avec l’explosif.
L'Italie ne fut pas, en réalité, la Grande Grèce, comme elle s’intitulait. La pensée romaine n’a point d'envergure. Cependant, Numa a les traits de l’initié, et les vestales sont les aïeules de nos religieuses.
Les mystères de la bonne Déesse ne furent pas à l’origine tels que les peint Juvénal. I] y eut à Rome de fortes vertus. Le paganisme ex:
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