‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 19 sur 48 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

compte, employant de plus mauvaises matières, truquant les produits par des artifices de: chimie, etc., réduisant leur existence au strict nécessaire, renonçant à toute dépense somptuaire, supprimant équipages et domestiques, ramenant au dernier carat les appointements, les gages et les salaires. du personnel, qui sera obligé, comme l'employeur, à des privations de. plus en plus pénibles. Ah ! parmi les réflexions que feront alors les économistes de l’école de M. Yves Guyot, l’art d'é’onomiser ne sera sans doute plus considéré Comme une passion sociale dépressive! IL est probable, au contraire, qu'ils en prôneront les vertus, préservatrices d’une fin trop proche. Mais cette fin, les privations des travailleurs sauraient-elles suffire à la conjurer ?

Pendant qu’il en est temps encore, nos dirigeants ne devraientils pas aviser ? Nous leur signalons le mal, il est dans le défaut d'ordre économique. Tout ici bas aboutit à des comptes, — disonsnous.en tête de cet ouvrage, — et il y a utilité et nécessité à ce que ces comptes soient faits et bien faits. Le progrès humain consiste dans la substitution de l’ordre au désordre, du bien au mal, de la science à l'ignorance ; c’est donc à répandre le plus possible la pratique de l’ordre comptable que doivent nécessairement s’efforcer les économisies, el, d’une manière générale, les hommes qui ont mission de diriger ou d’instruire les masses.

On peut d’ailleurs faire aux socialistes, collectivistes, communisles, marxistes, blanquistes, proudhonniens, ete., le même reproche qu'aux économistes en général, de ne s'être pas préoccupés de là question comptable qui, cependant, est primordiale, à peu près comme il l'est d'éclairer une pièce obscure dans laquelle on veul entrer.

Les socialistes parlent constamment du travail et du capital ;: on voudrait les entendre parler aussi de prévoyance, d'ordre, d’économie, d'épargne et de comptabilité. À quelque école qu’on apparüenne, il ne faudrait pas perdre de vue que toute théorie sociale doit avoir pour but, précisément, de mieux régler Les rapports. du travail et du capital, et que cela ne peut se faire sans: le secours de la comptabilité. Si le capital exploite le travail, c’est à démontrer, chiffres et comptes en mains. On démontrerait de la même manière que le travail est d'autant plus productif d’efiet utile pour le travailleur, que celui-ci est plus ordonné dans sa conduite et dans l'emploi qu’il: fait des produits de son travail. Aussi bien, jes. capitalistes, qui forment ce que l’on est convenu d'appeler la

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Le is A ce x HN VE SE a re aie her tons sua er + © em me gg Vote — + EC AS = | INTRODUCTION XXV 4 bourgeoisie, viennent-ils tous du peuple. Ce sont, d'ordinaire, des

travailleurs qui, prévovants, actifs, économes, ont su sortir de da misère par l’ordre dans le travail. Et ne voit-on pas, tous les jours, leurs enfants retourner à la pauvreté par le désordre ? Que faire à cela, sinon s’efforcer de moraliser les travailleurs et Îles capitalistes ? Et comment moraliser sans s'appuyer de la pratique de l’ordre ? Donc, toute théorie sociale doit avoir à sa base des comptes bien faits, sous peine, si l’on passe à l'application, de courir à des déboires socraux certains.

Aux socialistes sincères des diverses écoles, comme aux économistes, nous disons donc : Devenez comptables! Montrez que vous n'avez pas peur de la comptabilité, cette pierre de touche des commerces, des industries, des sociétés et des finances mal organisées et mal dirigées. Prouvez, p.r des comptes, que vos | théories, non seulement sont applicables, mais qu'elles constitue-

raient un progrès réel, du fait que leur application serait profitable à l'individu, à la famille, à la société entière.

Le socialisme doit avoir pour but de réaliser la plus grande somme de satisiactions légitimes pour chacun et pour tous. Ainsi entendu, il rencontre l’assentiment général.

Or, pour atteindre de tels résultats, les socialistes devraient tout d’abord se préoccuper de satisfaire au besoin d'ordre, qui est en tête des besoins les plus légitimes d’une société résolue à progresser.

— Qu'est-ce que le socialisme ? demande Fanian Populot à son

| père.

| Et Populot de répondre, en socialiste révolutionnaire qu'il est : __ Le socialisme, c’est ne rien faire et de la galette tout de même.

— Ce que j'en suis, alors !

Parbleu, tout le monde en serait. Mais ne rien faire et jouir n'est pas une solution possible. Il faut que queiqu'un travaille, produise, cultive, commerce, transporte, sinon l’on ne jouirait pas longtemps. Ceux qui répandent de telles hérésies dans les masses populaires sont

assurément inspirés par l'esprit de désordre, esprit antisocial au premier chef. Ce sont, qu’on nous passe le mot, des antisocialistes.

Où l’on cesse immédiatement de s’accorder c’est donc sur ce qu'il fautentendre par «satisfaction légitime » et c’est, aussi, dès que l'on passe aux voies et moyens de réaliser ces satisfactions pour chacun et pour tous. Les socialistes-économistes considèrent que la liberté

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