‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 3 sur 48 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

onée de la perfection atteinte par les autres connaissances humaines ?

Pour être convaincu de son antiquité, il suffit de considérer, en idée, l’homme à l’état primitif ou de guerre perpétuelle pour la vie. Nous le voyons, poussé par le besoin, sortir du lieu où il se cache et demander à la chasse, à Ia pêche, aux bois, aux plaines, aux eaux, tout Ce qui peut apaiser sa faim. Il rapporte son butin dans son antre, puis, harassé de cet effort, il se repose, jusqu’à ce qu'ayant tout consommé le besoin le pousse de nouveau à l’action. Evidemment, dans cette existence de fauve il n’éprouve pas encore le besoin de compter. Sa vie est purement bestiale. Il n'a même pas de famille, car, à l’exemple des autres animaux, il chasse ses petits hors de son gite dès qu’ils peuvent se pourvoir. Cet état dure jusqu’au jour où l’homme s'aperçoit qu’un de ses semblables, son fils peut-être, a su prendre, ou produire, certaines choses qu'il n’a pas, qu’il ne sait pas se procurer, et qu’il voudrait posséder aussi.

Deux moyens s'offrent alors à lui pour s'assurer la chose qu’il convoite : Ou la prendre de force, ou l'obtenir de gré. Dans cette alternative, et s’il se sent le moins fort, l’idée d’un échange vient un jour à son esprit. Eten même temps qu’il conçoit l’idée de ce premier échange, celle de ne pas consommer tout çce qu’il a

rapporté et d’épargner la part de cet échange lui vient aussi. EE a

supputé ce qu'il veut recevoir : des animaux, des fruits, des objets quelconques ; il compte, de l'œil, ce qu’il veut offrir en échange. Et il entre en pourparlers. I y a débat, car il offre le moins possible pour garder davantage, voulant épargner sa peine, souci qui le poursuivra éternellement. Mais autre fait le même calcul. Enfin, l’on transige et l’on s’arrète à un troc déterminé de part et d'autre. Chacun livre et recoit selon les conventions. Et voilà, résultant du premier échange conclu, le premier compte qu'a fait l’homme.

Or, par la suite, il arrive, nécessairement, qu’au lieu de livrer immédiatement la chose échangée, c’est une promesse de livrer, qui est faite par l’une des parties. L'autre échangiste a eu confiance, il a consenti à prêter, à attendre. Et voilà le crédit né.

Mais le prêteur a réclamé davantage que s’il recevait de suite, faisant valoir ses raisons : — D’abord l’objet qu’il livre lui fera défaut et, d'autre part, il faut qu’il se prive durant un €ertain temps de la chose à recevoir. Ensuite il craint d'oublier. Il va

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