‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 4 sur 48 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

falloir qu'il fixe ce marché dans sa mémoire, ou sur le sable, ou sur une écorce, ou atlleurs. Autant en emportera le vent, peutêtre... Il est juste qu’il réclame davantage, il veut un profit. Et voilà le premier marché à terme arrêté, en même temps que le premier intérêt réclamé. Et voilà l'humanité émergeant de l'animalité du fait du travail et de l’épargne, de l’échange et du crédit. Enfin, voilà la comptabilité née du besoin d'établir le compte des premières transactions humaines et d’en garder mémoire.

Notre démonstration — peut-être un peu longue — est farte. On le: voit, dès l’aurore de son existence, l’homme éprouve le besoin d'ordre comptable, il entend mêtre pas lésé, il veut avorr SO Compte.

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Dorénavant, d'épargne en épargne, d'échange en échange, Fhomme, sorti de son état primitif, verra son existence s'améliorer, ses mœurs s'adoucir. Déjà som voisin n’est plus nécessairement un ennemi, puisqu'il peut avoir besoin de lur. Et ses petits, pourquoi les chasser? il peut utiliser leurs jeunes forces, les dresser au travail. I les gardera désormais à son foyer élargt. C'est à eux qu'il laissera sa hutte, ses outils, ses réserves au jour de la mort. Et voilà la famille constituée, et voilà la propriété, fruit du travail, se perpétuant par l'héritage.

Entre temps, la notion du rapport des choses est venue à Fhomme : cela bien avant la création de Ia monnaie. En effet, après avoir appris à compter les objets en quantités il à appris à les compier en valeur, distinguant, par exemple, qu'un cheval vaut vingt moutons, plus ou moins, selon la rareté de l’un ou de l'autre.

La famille ayant maintenant un avoir pouvait se développer, le nombre des bouches n’était plus pour effrayer le père : chacun, selon ses aptitudes, pouvant rapporter au foyer plus que sa subsistance. Cette famille allait bientôt s'étendre aux collatéraux, devenir nombreuse, puissante, avoir des combattants, des esclaves. On ne lisserait plus mourir de faim, comme naguère, les ancètres accablés d'âge et d’infirmités ; om saurait parer aux disettes, aux revers possibles.

La vie patriarchale commençait, réclamant un patriarche prévoyant, ordonné, sachant utiliser les forces de chacun, sachant compter pour tous, veiller aux consommations, aux réserves, en un mot sachant régler le budget de la collectivité familiale.

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