‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 39 sur 48 · LIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LIV INTRODUCTION

qui apportent de nouveaux ferments de désorganisation dans l’administration.

Economie et politique sont d’ailleurs des mots qui hurlent d’être accolés. Quand l’on envisage les fautes économiques dues à l'ingérence de la politique en matière d’ädministration publique, seulement depuis 1870, on conclut qu’un particulier qui gérerait son bien comme celui de la France l’a été, serait, tout au moins, mis en interdit. L'élévation continuelle des dépenses publiques et des impôts pour y pourvoir ont paralysé à ce point notre industrie qu'elle ne peut presque plus lutter sur le terrain de l’exportation. Il ne nous restera bientôt plus que notre commerce intérieur et celui avec nos colonies, et encore il faudra recourir au système protecteur à outrance. De fait, les dépenses administratives ont augmenté dans une proportion considérable depuis vingt-cinq ans, alors qu'on les trouvait déjà excessives sous l’Empire. Il appartient pourtant à un gouvernement républicain, plus qu’à tout autre, d'administrer économiquement, puisqu'il n’a pas de liste civile à pourvoir, de famille royale à défrayer. On a dit solennellement au pays que la République était, par excellence, un gouvernement à bon marché. C'est ce qu’il aurait fallu démontrer par les faits. Nous devions cet exemple aux peuples en monarchie.

Nous n'attendons pas cela de ministres politiciens, grands aligneurs de phrases creuses, qui ne connaissent rien des affaires, ne les ayant jamais pratiquées. Mais nous pourrions l’espérer, d’anciens commerçants ou industriels, expérimentés et honnèêles, préoccupés, chacun, d'introduire des économies dans leur Département, de supprimer d’abord toutes les. dépenses inutiles, et ensuite toutes celles qui ne sont pas indispensables. Des fonctionnaires de la Guerre et de la Marine nous ont affirmé que l’on pouvait réaliser, dans ces deux ministères, au moins 150 millions d'économies, sans amoindrir nos forces. Il y a des économies pius importantes encore à faire aux Finances : en dirigeant commercialement, et d’une manière ordonnée, les domaines et toutes les administrations qui relèvent de ce vaste ministère. De même aux Travaux publics et au Commerce, etc., etc. Nour pourrions citer l'exemple, dont nous avons été témoin, d’une tentative de réforme administrative entreprise dans Ce dernier ministère, qui comprenait alors le Commerce, les Colonies et les Postes et Télégraphes.

Frappé de la complication des rouages de son département et de la paperasserie inutile qu’on y faisait, M. Siegfried, qui entrevoyait

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