‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 41 sur 48 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

à l'Académie des sciences morales et politiques, une section de comptabilité à côté de la section de statistique.

Aux moralistes et aux éducateurs nous demandons de s’efforcer de faire des hommes d'ordre. L'heure est critique. La foi s’en va. L’athéisme gagne les couches profondes. On voit bien Île frein qué l’on perd, on n’aperçoit pas l’action de celui sur lequel on comptait. La morale religieuse à une sanction dans la croyance à un avenir meilleur et réparateur des souffrances et des iniquités d'ici bas. Où est la sanction de la morale pure? — Dans Ia satisfaction du devoir accompli, dans la conscience, répondent philosophiquement les moralistes. Bon, cela, pour les hommes d'élite. La masse n’est pas si subtile. La pratique de l'ordre, au contraire, porte sa sanction en elle. Elle a sa récompense dans le bonheur que donnent l’économie et l'épargne, substituées au désordre et à la misère: dans la tranquillité d'esprit touchant le lendemain : dans les avantages quelle procure ici-bas et sans attendre une vie meilleure. Que nos éducateurs v réfléchissent : le niveau de Îa moralité baisse, et ce qu'il y a de pis c’est que, — résultat inattendu, — il baisse à mesure que le niveau de Finstruction monte. Faut-il donc en induire que linstruction est mal faite? Ou que, de sa nature, l'instruction ne peut donner les résultats moraux qu'on affirmait devoir en retirer ? Ou plutôt que l'instruction rend les hommes plus ardents aux satisfactions ? Quoi qu’il en soit, chacun peut constater que jouir de la vie, le plus que l’on peut, et travailler le moins possible paraît être la règle de conduite des générations nouvelles. L'instruction, en élevant les goûts et les aspirations de l’homme de nos jours a adouci ses mœurs, elle l’a porté à rechercher un bien-être qu'il ignorait dans sa jeunesse et dont il favorise ses enfants. Ceux-ci, élevés dans la mollesse, aspirent davantage encore que leurs parents aux Jouissances de la vie ; 1ls répugnent de plus en plus aux eflorts que le travail réclame. Ils veulent éloigner d’eux toute contrainte et tout frein contrariant leurs penchants. Dieu est une gêne. Les leçons de morale pure, un ennui. Conclusion : Il faudrait non seulement s’eflorcer de fortifier la foi en Dieu, mais introduire l’enseignement de la pratique de l’ordre dans toutes les écoles. L'un et l’autre freins ne seraient pas de trop pour préparer des générations meilleures. En un mot, restreindre l’action de l’esprit de désordre, augmenter celle de l’ordre

et de la méthode en toutes directions, tel doit être le but de l’ins-

ne.

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