VII INTRODUCTION
pas visible que ses rameaux reverdissent sans cessé, que ses racines sont toujours vivaces et puissantes, que la moindre terre lui suflit, que la moindre culture le développe, conséquemment, qu'il faut simplement s'attacher à améliorer cette terre et cette Culture. On ne voit, momentanément, dépérir l'Humanité, sous les efforts du désordre, que pour constater qu’elle refleurit plus loin, sous un régime et un ordre nouveaux, qui ont fait rentrer la vie dans ses membres et l’espoir en son cœur.
Mais les efforts du désordre sont sans cesse renaissants, et cela parce qu'ils n’ont jamais été combattus d’une manière rationnelle. Ce rêve d’une société meilleure, que tant d'hommes ont fait en idée, que tant d’autres ont travaillé à réaliser, les uns par leur iravail, les autres par le sacrifice de leurs biens les plus chers, d’autres encore par celui de leur existence même, ce rêve est réalisabie, et cela sans trouble, pacifiquement, par la pratique de Fordre comptable dans les rapports nombreux du travail et du Capital, pratique à défaut de laquelle on ne saurait parvenir à établir ies bases de Paccord des intérêts individuels et sociaux.
Et qu'on ne nous accuse pas d’exagérer l'expression d’une vérité, méconnue jusqu'ici, que nous voudrions faire prévaloir, non seulement auprès des néo-sociologistes, mais dans l'esprit des hommes qui ont charge de l'éducation de tous. La formule de cette vérité, — qui explique les étapes de l’histoire, qui jette un jour si nouveau sur les faits de l’économie des individus et des nations elles-mêmes, — cette formule est que l'insuffisance de pratique comptable mène inexorablement les particuliers à la misère, les entreprises à la ruine et les élats à cette anarchie économique qui précède les cataclysmes sociaux.
C'est précisément la situation dans laquelle se trouve actuellement, notre civilisation. En effet, ce malaise général, cet appauvrissement graduel, cette sombre inquiétude que nous ressentons, touchant l’avenir, si nous en cherchons les causes en toute sincérité, nous les trouvons, tout simplement, dans le défaut d’équilibre entire nos recettes et nos dépenses; en d’autres termes, dans l’abaissement de nos revenus et dans l’accroissement de nos frais généraux d'existence. Et cet abaissement de nos revenus ne provient-il pas de ce lait que notre commerce et notre industrie, — qui pouvaient aspirer au premier rang, — se sont laissé distancer, faute de pré-
om
ECC PT + ee qe he ge et