‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 7 sur 48 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

voyance, faute d'activité et surtout faute de cet ordre comptable qui éclaire les situations, qui pousse à les améliorer et à les étendre, au lieu de s’endormir dans un succès précaire ? D'autre part, cet abaissement de nos revenus n'a-t-il pas pour cause l'excès des impôts, lequei provient de l’excès de nos dépenses publiques ?

Quant à l'accroissement de nos fÎrais généraux d'existence, n’est il pas la conséquence d'une soif de jouissances qui accuse le désordre de nos idées et de notre conduite ? et n’allons-nous pas ainsi, petit à petit, à l’appauvrissement général, au mécontentement des masses, finalement à quelque cataclysme fé ocement guetté par les passions socialistes-révolutionnaires ? Ce ne sont pas ici exagérations d'une rhétorique spéciale, mais bien l'expression de faits montrant que linsuflisance d'ordre comptable mène les sociétés au désordre et à l’anarchie économiques. Les preuves de ce que nous avançons sont indéniables ; il nous est facile, d'ailleurs, de mettre le mal à nu et, pour ainsi parler, de placer le doigt sur la plaie : |

Envisageons tour à tour le marchand, le négociant, le fabricant, l'agriculteur, le capitaliste, l'employé, l’ouvrier et enfin l'Etat Tuimême. Que constatons-nous ? Partout, soit l’absence de toute comptabilité, soit le désarroi comptable inconscient, ou voulu, soit le désordre sous des apparences d'ordre.

Nous en prenons à témoignage les experts, les syndics de faillites et de liquidations judiciaires, les agréés, les juges des tribubunaux de commerce, elc., c’est à peine si l’on trouverait un commerçant sur mille, assez attentif et ordonné pour savoir, approzimativement, Ce qu'il gagne, nous ne dirons pas par jour, ni même par mois, mais par année, inventaire fait. Et en est-il un sur dix mille possédant une comptabilité assez affinée pour le renseigner d’une manière permanente, exacte et complète, en ce qui concerne les diverses parties de son actif et de son passif, la situation de son capital, les résultats de son entreprise ? Nous en doutons. |

Tel est l’état actuel de la pratique comptable. Partout, léparpillement des comptes, agencés sans cohésion, sans classement ; partout des écritures en retard, des livres mal établis, mal tenus, des balances indéchiftrables, que le commerçant consulte inutilement ; partout, en un mot, la routine, l’incurie, l'ignorance ou la duplicité s’exerçant à tromper soit le patron, quand il est à la merci du comptable, soit les tiers quand le patron et le comp-

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