‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 8 sur 48 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

table s'entendent dans ce dessein, soit le comptable lui-même quand le commerçant, ayant résolu de cacher la vérité même aux yeux de ce dernier, minore ou majore son inventaire, de facon à s'y reconnaitre seul. C’est ainsi, d’une manière générale, que le commerce se fait, au jour le jour et au juger; pour ainsi dire sans compter et Surtout sans Compter de près, parce que, paraît-il, cela prendrait trop de temps, ou coûterait trop cher et qu’on ne veut pas augmenter les frais généraux de ce chef. Enfin, l’idée générale est qu'il Suffit de se rendre compte grosso modo. À la fin de l'année. à l’Inventaire, on fera, plus exactement, le compte définilif, même on se promet d'approfondir les choses, si c’est nécessaire. Ce qui revient à dire qu’au courant de l’année, les errements du désordre ont carte blanche. Sans parler des détériorations et des déperditions de marchandises par négligence du personnel, le coulage sous toutes les formes peut s’exercer à l’aise, sans contrôles gènants. Rien n'empêche que les magasins soient mis à contribution tant par le public que par les magasiniers et les vendeurs, et la caisse par le caissier qui, d'ordinaire, est son

propre Contrôleur, sous le titre de caissier-comptable, — cumul :

de fonctions qui s’excluent, en bonne administration.

Quant à cet Inventaire de fin d'année, qui devrait faire le compte définitif et exact des choses, nous montrons, tout au long du présent livre, comment il n’aboutit, d'ordinaire, qu’à un bilan erroné, du fait que pour l’établir on substitue l'arbitraire des supputations et des estimations à la mathématique comptable.

On objecte que, dans bien des cas, le marchand et le négociant attentifs peuvent se rendre assez nettement compte de leurs affaires sans avoir nécessairement recours à un appareil comptable de précision. Jusqu'à un certain point, en effet, le petit et le moyen détaillants peuvent suppléer à l’ordre comptable intégral par la surveillance qu'ils savent exercer. Mais n’est-il pas clair que dans les commerces d'échange qui impliquent de nombreux magasins et la division du travail, l’œil du maître n’a plus la même puissance de contrôle ?

Cependant, là encore, comme il ne s’agit, en somme, que d'opérations de pur échange, le problème comptable se résume à déterminer la différence en bénéfice ou en perte entre un prix d'achat et un priæ de vente connus, différence qui doit couvrir les frais de vente et de capital et laisser un excédent, ou profit commercial.

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