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De 1800 à 1847, ia ialaise a perdu, par an, 80 centi

196 DESCRIPTION DE hk SURFACE

au milieu des ilôts des débris d'elles-mêmes'^

plus résistants : des aiguilles élancées que la lame ronge en vain, des arcades ogivales^ comme celles d'Étretat, qui semblent avoir appartenu à une ^gantesque cathédrale écroulée. Mais, d'ordinaii^e, la falaise en travail, comme disent les gens du pays, tombe et se brise avec le bruit du tonnerre. Les rochers bondissent, la mer recule et parfois, comme aux Longues, sous la pression de cette masse énorme, Tancien rivc^e effondré se relève du côté du large et forme une digue parctUèle à l'écroulement. C'est plus de 3 millions de

mètres devant le ])hare d'Ailly, et 30 devant les feux de la Hève. En 1200, l'église de Sainte-Adresse était sur un banc éloigné maintenant de 2000 mètres de la côte, qui, ici, a reculé, par an, de 2"", 60. Les petits ports d'Aull et de Veules ont été comblés par l'écroulement de leurs falaises. — A 2700, 3500 et 5200 mètres du rivage, la sonde a trouvé du lignite; la côte allait donc jadis au moins jusquelà. — Bande, côtes de Normandie. On a calculé que la côte, sur iinp longueur de 220 kilomètres, perdait annuellement une couche verticale de 0"\33 d'épaisseur. En septembre 1859, aux Longues, entre Arromanche et Port-en-Bessin, la falaise s'est écroulée sur une longueur de 1200 mètres et une largeur de 25. Cependant, giâce aux travaux de défense qui ont été entrepiis, la destruction se ralentit : depuis huit ou dix ans, par exemple, la situation n'a pas changé en face des phares de la Hève.

DU SOL FRANÇAIS. Id7

mètres cubes de débris que chaque année la • • terre abandonne à la mer. Celle-ci les broie incessamment avec ce gémissement plaintif qui est, au pied des falaises, la triste voix de rOcéan, et elle les réduit en ^able et en galets. Letf sables emportés par les courants vont au loin. La marée montante jette les uns sur les rivages du Boulonnais, où le vent d'ouest les amoncelle en dunes; la marée descendante emporte les antres dans l'embouchure de la Seine, où ils ont comblé Harileur, le vieux port normand. La plaine de l'Heure, aujourd'hui en culture, et celle qui est encore en formation au delà d'Harfleur, sous les falaises d'Orcher, sont dues aux mêmes atterrîssements. La portion la plus légère de ces sables traverse la baie, et va s'étendre sur la côte du Calvados, en plages immenses, où ne se trouve pas un caillou. Les galets plus lourds ne peuvent dépasser à l'ouest l'embouchure de la Seine, ni à Test celle de la Somme, mais ils pénètrent dans les é<îhancrures du littoral, rétrécissent chaque année les ports qu'ils n'ont, pas encore comblés, et seraient une menace pour le Havre et pour Dieppe, si, à mesure

qu'ils s'amoncellont, ou iic k'S enlevait atiu do fournir du lest aux navires. Aussi cette côte, . autrefois si commerçante, dépérit. Abbeville ne se relève point, malgré le canal et le che^ * niin de fer qu'on lui a construits. Sa population a augmenté à peine depuis . 169^, quand celle du département a triplé. Le Crotoy, tant disputé au moyen âge entre les Français et les Anglais, n'est plus qu'un pauvre boui^ à demi enfoui dans le sable. Saint-Yalery, port de Guillaume le Conquérant, est désert, et la charrue sillonne la plage où se rassembla la flotte qui porta en Angleterre les 60000 soldats du vaillant bâtard de Normandie. Le pays de Marquenterre, entre Rue et le Crotoy, était autrefois en grande partie sous les eaux. Dieppe lui-même, la patrie de Duquesne, ressemble*t-il k la ville d'Ango, de Bétbencourt, et des hardis marins qui visitèrent le cap de Bonne- Espérance avant Vasco de Gama, et l'Amérique avant Christophe Ck>lomb I Les atterrisseraents ont diminué la profondeur de son port, où nos grands navire» n'entrent plus, et la concurrence du Havre aurait accéléré sa décadence si le récent traité de commerce ne lui

avait valu des imporiatious considérables de houilles et de fontes anglaises.

Cependant, le génie^de l'homme a su entrer en lutte aree l'irrésistible puissance de la nature. Il ne Ta pas vaincue directement, mais il a si! l'obliger à se vaincre elle-même. En arrière des ports menacés par le sable et par le galet^ il a creusé de vastes bassins fermés, à l'entrée, par des écluses, et il y emmagasine aux marées de vive*eau, quand la mer monte de 20 pieds et plus, d'énormes quantités d'eau que les écluses laissent échapper à mer basse, de manière à former dans les ports un puissant courant qui les nettoie et les creuse. La mer est ainsi contrainte de reprendre ce qu'elle avait donné, et d'approfotidir le chenal qu'elle avait comblé. Les bassins de retenue et les écluses de chasse sont la précieuse ressource des ports de l'Océan. Ceux de la Méditerranée ne Tout pas, car cette mer n'a que des marées insensibles. A Toulon, le niveau ne s'élève que deOVl.

Les pêcheurs sont cependant encore nombreux sur cette cAte, à Ëtaples, au Tréport, à Saint-Valery, à Fécamp, à Ètretat; et la pe-

80Û DESCRIPTION DE LA SUBFâGE

ite pèche, qiii donne l'habitude de naviguer

au milieu des récifs et des courants, qui impose la nécessité d'être à la fois, dans la marnœuvre, le bras et la tète, est la meilleure école pour les matelots. 11 est triste pour nous que la Manche ait si inégalement dessiné ses deux rives. La nôtre, sans ports, sans abri, sans défense et, par conséquent, avec une navigation réduite, fait face à la rive anglaise, qui s'ouvre en bien des points à la mer par de profondes échancrures, et où se trouve le plus grand marché <lu monde, Londres^ avec les plus formidables arsenaux, Plymouth, Portsmouth : toule la force résistante et agressive de l'Angleterre, le Brest et le Toulon anglais eu l'ace de Boulogne, de Dieppe et de ^ FécampI C'est là notre faiblesse, que Çher^ bourg ne protège pas assez, malp:ré son admirable position au milieu de la Manche. 11 y a deux cents ans que Richelieu faisait chercher de Calais au Havre un autre Cherbourg, mais nul encore ue^ Ta trouvé ^

1 . Nous n'avons point de port de refuge dans la Manche, . et l'Angleterre. en crée trois, à Douvres, à Âurigny et à * Portiand. Les travaux sont assez a^cés à Portland pour

A partir de la Somme, les dunes de sables

recommeuceiit, moins larges, moins mobiles, mais tout aussi tristes à Fœil, tout aussi funestes aux navires et aux cités que celles de Gascogne. Leur largeur est souvent de 3 kilomètres, et, comme dans les Laudes et sur la c&te de Bretagne, elles ont envahi des lienx habités et contraint la population et la culture de reculer devant elles.

Wissant, « autrefois port fameux*, » où Edouard III descendait encore eu 1328 et faisait, après Crécy, élever de grands ouvrages de défense, Wissant n'est plus aujourd'hui qu'un bourgj les deux tiers de l'ancienne ville sont sous le sable. Ëtaples n'a plus de port. Grâce à la Gauche, qui y débouche dans la mer, elle conserve une plage et quelques bateaux de pèche, mais sa baie est féconde en naufrages. Deux magnifiques navires de 800 tonneaux, le Conqueror et la RelUuice s'y sont perdus il y a peu d'années. Amble-

que, dès Taimée 1857, un de mes amis y aîtyn, dans un coup de vent, plus de 1 50 voiles du commerce au mouillage et en sécurité.

1. Les antiquaires hésitent entre Boulogne et Wissant, comme port-d'embarquemébt de César,

leuse a eu aussi ses jours de prospérité :

Louis XIV y fît travailler Vauban ; Napoléon y creusa un port qui renferma 321 bâtiments de la flottille. De tout cela, il subsiste quelques ruines et des souvenirs. Un jour que, du haut d'un rocher de la plage, Napoléon contemplait la ligne d'embossage de ses yaisseaujc et mesurait d'un œil irrité la largeur du détroit, son chevaly répondant à Timpatience de celui qu'il portait^ frappa du pied la roche avec tant de violence, qu'il y laissa l'empreinte de ses fers; du moins on les y montre.

Les dunes touchent à Boulogne, où César s'embarqua, oii Napoléon, malheureusement, ne put s'embarquer. Boulogne, seul sur cette côte, s'est défendu contré les sables, qui, au lieu de monter atl rivage et dans le port, ^'arrêtent en mer, pour former parallèlement au * littoral un vaste banc, celui de la Bassure, où, moyennant bien des millions, il est Vrai, on pourrait renouveler les merveilles de Cherbourg, et placer à 7 lieues de Douvres une seconde terreur de T Angle terre

] . Un Iravail analopiir pourrait être exécuté dans la rade du Havre sur la ligue des récii's, qui court parallèlement

Boulogne, au lieu de dépérir, s'accroît tous le& jours. Comme pour la fortune du Havre, il y a pour celle de Boulogne une raison physique : par suite de. la conformatioa des lieux, le chenal est d'accès plus facile que celui des ports voisins, et l-élévation moyenne entre lahaute et la basse mer y est plus grande d'un mètre, de sorte que les navire^ y trouvent plus d'eau et y ont plus de teinps povu* toutes les manœuvres de rentré0 et de la sortie. «( Son atterrage n'est pas de ceux qui promettent plus qu'ils ne tiennent; on n*aperçoit du large que les falaises grisâtres, gurpiontées d'un peu de verdure, mais elles enveloppent la fraîche vallée de la Liaue, et la perle est dans l'écaillé. Le^heualf avec la cQur]>e gracieuse de ses jetées en charpente, sen^hle »' avancer entre deux profondes colonoades; un large quai, gai'ui de belh s constructions, se développe le

long du port; la viUe ^'étage au-dessus, avec

uu encadrement de grauds arbres : elle ressort au milieu des coteaux verdoyants, et les montagnes du haut Ëoulonncûs ferment ^u loin

au rivage. Malheui euspment, les falaises du Havre n'offrent que de mauvais matériaux de construction.

rhorizoli. Une ceinture de quinze redoutes^ batteries et forts détachés, construits par les soldats du camp de Tan XII, défend les approches de la ville et du port, et sur la hauteur voisine la colonne de la Grande-Armée domine cet ensemble et le couronne de glorieux souvenirs*. »

Au nord de Boulogne, les falaises reparaissent un moment; c'est Textrémité des collines de rArtois, qui viennent finir aux caps Gris- * Nez et Blanc-Nez. Là commence la mer du Nord, que la Norvège et le Jntland, FÊeosse et TAngleterre, enferment comme un immense canal , et dont les vagues pesantes viennent déferler sur les terres noyées qui s'étendent de Calais au Danemark. A Calais même, sans l'écluse de garde du canal, les hautes marées de vive- eau iraient jusqu'à Saint-Omer.

Toute cette zone, si bien appelée les Pays- Bas, se compose de terrains dont le niveau est inférieur à celui de la haute mer et supérieur à celui de la mer basse. « Plages incertaines, disait un poëte latin, qui tantôt appartiennent

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