‹ Introduction générale à l'histoire du droitChapitre 7 sur 52 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

franchise, pour nous inciter à y remédier, d'autant plus qu'elle n'aurait plus aujourd'hui l'excuse du temps et des circonstances.

Nos codes sont enfants de la révolution , et leur empire a commencé avec le siècle. Alors, dans le juste enthousiasme qu'inspira ce bienfait politique, on s'imagina que le droit national était arrivé à une perfection définitive ; qu'il ne restait plus qu'à appliquer, à la lettre, en l'isolant de ses origines et de ses sources , la législation nouvelle. Napoléon , à la vue du premier commentaire sur le code civil , s'écria : (( Mon code est perdu ! » Aussi , comme pour obéir à ce cri , point de doctrine, soit rationnelle , soit historique 5 et dans les cours, la jurisprudence fut timide, incertaine et divergente.

Que les choses se soient ainsi passées, rien d'étonnant. Napoléon devait maudire la moindre apparence qui tendait à troubler le silence et l'uniformité qu'il avait si fort à cœur : l'admiration des uns était naturelle , et l'ignorance des autres inévitable. Mais autant sous l'empire les sciences morales étaient

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