INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. LIX
toute connaissance réelle. Hume l'a compris, et la vivacité de ses attaques contre le principe de causalité suffirait au besoin pour nous révéler toute l'importance de ce principe.
La psychologie pure, telle que M. de Biran la conçoit, se renfermerait dans le développement des idées qui précèdent. Lorsqu'elle aurait analysé dans ses éléments, et suivi dans ses conséquences, le fait primitif du sens intime, sa tâche serait terminée. Mais, observe-t-il, ce ne serait là qu'une étude bien incomplète de l'homme. L'homme, en effet, n'est constitué dans la réalité de son existence que par la combinaison du sujet avec un élément étranger.
Cet élément étranger au moi, mais partie constitutive de notre être dans sa totalité, est une vie inconsciente par laquelle l'homme se rejoint à la nature, dont la conscience de son activité propre le distingue. Cette vie est celle dont la physiologie étudie les conditions organiques. Elle se compose d'impressions sans conscience et de mouvements de réaction sans conscience aussi, etbien différents des mouvements volontaires. C'est la vie de l'animal, une vie obscure dans laquelle l'être deinent véritablement les modifications dont il ne se distingue pas. Là se trouve en quelque sorte la matière bi'ute des phénomènes de l'esprit humain : des affections qui deviendront des sensations agréables ou douloureuses, lorsque la consciencâ sera présenta; des intuitions ou imagés organiques qui serviront de base aux représentations externes ; des mouvements instinctifs dont la volonté pourra s'emparer ; des in-