‹ Introduction générale aux œuvres inédites de Maine de BiranChapitre 43 sur 66 · CXXVI ŒUVRES DE M, DE BIRA · texte numérisé non relu

CXXVI ŒUVRES DE M, DE BIRA

« le fini, qui est conçu ou représenté par limitation « dans l'infini. »

En vertu de la nécessité de la pensée qui met un absolu sous toute manifestation phénoménale, la connaissance ne peut avoir lieu sans que la croyance se manifeste immédiatement et indivisiblement. D'autre part, sans la connaissance, la faculté de croire n'entrerait jamais en exercice. Les deux éléments sont donc intimement unis dans toute connaissance réelle ; mais dans leur union ils demeurent profondément distincts, et ne sortent l'un de l'autre par aucune transformation. L'empirisme, tant interne qu'externe , sans nul principe de croyance , ne donnera jamais l'universel et le nécessaire. Mais l'universel, le nécessaire, l'absolu, objets de la faculté de croire qui ne se manifeste qu'à l'occasion de l'expérience, ne sauraient devenir en eux - mêmes et dans leur abstraction le point de départ de la science. Nous n'en possédons pas une notion telle qu'il soit possible d'en déduire les existences réelles et qu'une science a priori puisse remplacer l'observation des faits. Les notions universelles et nécessaires échappent à l'empirisme; les existences réelles échappent à l'étude exclusive de ces notions et de leurs conséquences logiques.

Ainsi s'exprime M. de Biran.

Il est donc arrivé, comme nous le disions, à reconnaître formellement l'existence, la place et les droits de l'ordre rationnel dans l'ensemble des manifestations de l'esprit humain. Les dernières phases de son développement une fois connues, il ne sera plus

Page 1