Voir plus haut. p
comme la paralysie motrice) tandis que celle-là est «lu côté opposé croisée comme l'anesthésie).
L'influence trophique sur les articulations es1 toujours combinée avec une influence sur les os. Ce sonl des ostéoarthropathies que l'on observe le plus souvent. Les maladies du système nerveux entraînent aussi la fragilité des os (fractures spontanées, ou après un traumatisme insignifiant), leur atrophie, un arrêt dans leur développement, des déviations de la colonne vertébrale (scoliose), des déformations osseuses (ostéite déformante de Paget).
Vacromégalie est « une hypertrophie singulière, non congénitale, des extrémités, supérieures, inférieures et céphalique » (Pierre Marie). Ce syndrome paraît élre eu rapport avec l'hypertrophie du corps pituitaire ou hypophyse, petit organe nerveux suspendu par la tige pituitaire à la base du cerveau, immédiatement en arrière du chiasma des nerfs optiques. 11 est possible que le gigantisme soit en rapport avec la même lésion. Pour Brissaud el Meige, « le gigantisme et l'acromégalie sont une seule et même maladie » ».
Au même groupe des maladies osseuses d'origine nerveuse il faut rattacher riiémiatrophie faciale qui donne à certains sujets (Otto Schvvann par exemple) un aspect des plus bizarres par le contraste entre les deux moitiés de la ligure.
c. La trophicité de la peau et du tissu souscutanë.
Sur la fesse du côté paralysé dans l'apoplexie avec hémiplégie, sur la ligne médiane au niveau du sacrum dans certaines lésions médullaires avec paraplégie on voit la peau se mortifier rapidement, se gangrener avec le tissu cellulaire souscutané el il se forme une eschare noire qui tombe ensuite et peut laisser d'énormes perles de substance allant jusqu'à l'os.
Signalées par Brigbt (1831), les eschares uèvropathiques ont été dénommci s (1860) par Samuel (decubitus acutus) et bien décrites par Charcot (1868).
Encore d'origine nerveuse, le mal perforant (Vésignié d'Abbeville, Nélalon, 1852) est un durillon indolore qui se développe sur un point du pied s 'appuyant sur le sol, s'ulcère ensuite et peut gagner jusqu'à l'os (névrites, tabès...}.
1. Henry lieige a bien démontré que les géants sonl des monstres «'i dea
malades.
Le zona est une éruption de vésicules herpétiques à distribution nerveuse (périphérique, radiculaire ou segmentaire) et sous la dépendance de la lésion d'un nerf, d'une racine ou de certaines parties de la moelle.
Encore d'origine nerveuse est la scléroiermie (Gintrac, 1847), sclérémie d'Alibert (1817), sclérème des adultes de Thirial (1845), induration toute spéciale de l'enveloppe cutanée envahissant progressivement une grande partie du corps en effaçant les plis et donnant à la peau un aspect lisse, collé aux os, tout spécial.
Enfin beaucoup de dermatoses ont été rattachées à des altérations du système nerveux (érythèmes, urticaire, pemphigus, eczéma, lichen et névrodermiles, psoriasis, mélanodermie et troubles de la pigmentation1, pelade et altérations des poils et des ongles...).
Quoique la théorie palhogénique de certains de ces cas soit encore très discutable et très discutée, le fait, qui nous importe seul ici, est parfaitement établi de l'action certaine du système nerveux sur la trophicité de la peau et des tissus souscutanés.
d. Conclusions.
Il est encore impossible de préciser le trajet complet des voies trophiques; mais on peut affirmer qu'il y a des voies nerveuses de la trophicité : voies centripètes, voies centrifuges et centres. Les voies centripètes se confondent avec les nerfs sensitifs, les voies centrifuges avec les nerfs vasomoteurs et les nerfs moteurs, les centres sont dans les ganglions (sympathiques et rachidiens) dans la substance grise du bulbe et de la moelle, dans les centres de la base de l'encéphale et même dans récorce.
A l'état normal, la sensibilité des tissus les protège et règle leur nutrition ; d'où l'association fréquente des troubles trophiques avec les troubles de la sensibilité. Ce qui a fait dire à certains auteurs (Marinesco, Brissaud) que la nutrition, l'équilibre trophique, est un acte réllexe, comme tous les actes nerveux.