Idées fixes : parasites, obsédantes
Une idée n'est pas fixe par le seul fait qu'elle dure et se représente souvent dans noire vie psychique : l'idée de pairie, de famille, de profession... peut être très fréquente, constante, dans notre vie psychique sans que ce soit une idée lîxe.
Pour être qualifiée ainsi, une idée doit être morbide, anormale, c'est-à-dire se présenter à l'esprit, non seulement souvent, mais toujours et à contretemps] il Tant qu'elle soit obsédante, qu'elle soit comme un parasite (lliarcol) s'attachant inéluctablement, partout el toujours, à la vie psychique tout entière.
Celle idée fixe peut d'ailleurs se développer dans les centres psychiques supérieurs et dans les centres psychiques inférieurs. Le premier cas est réalisé dans les maladies mentales : idée de grandeur, de déformation, d'infirmité1... Le second cas est réalisé dans les psychonévroses, comme l'hystérie2.
L'idée fixe supérieure s'impose à l'attention et est facile à analyser. Pour découvrir une idée fixe polygonale et en préciser l'origine, il faut souvent employer des moyens détournés et provoquer chez le sujet un état tle désagrégation suspolygônale qui émancipe et mette au jour l'activité propre des neurones psychiques inférieurs.
Une malade de Pierre Jauet ne voulait pas manger (anorexique) et menaçait de mourir de faim. On l'endort et dans le sommeil hypnotique on apprend qu'elle esi hantée par des apparitions de sa mère qui lui dit de la rejoindre au ciel et, pour cela, de mourir de faim. Une fois qu'on eut ainsi précis''1 l'idée fixe pathogène, un la guérit par suggestion.
Parfois l'idée fixe polygonale pourra être révélée simplemenl par la distraction, l'écriture automatique...
L'idée fixe polygonale esl souvent le point de dépari d'une mauvaise habitude motrice lie, toux, hoquet, rire, tremble-
l. .le iir parlerai des délires qu'au paragraphe 36) des raisonnements ci des jugements.
2. On a distingué l'idée fixe dont le sujet reconnall la nature morbide el l'idée prêvalente (Werniekc), qui apparall au sujel normale et justifiée,
ment...); cette idée rixe pouvant être d'ailleurs due elle-même à un fait initial : la toux, s'établira après une angine ou un rhume, l'aboiement par l'imitation d'un chien ou «l'un jouet...
(J. Idées erronées : illusions.
L'illusion est une idée erronée consécutive à une sensation vraie; ce n'est ni un faux jugement ni une hallucination (que nous étudierons plus loin); c'est un acte psychique simple, un passage direct de la sensation à l'idée; seulement l'idée n'est pas adéquate et correspondante à la sensation, elle estmorbidement erronée.
De plus, pour qu'il y ait illusion vraie, au sens psychologique du mot, il Faut (pie cette perception inexacte soit crue exacte par le sujet. L'erreur du bâton vu cassé dans l'eau n'est pas une illusion si on sait qu'il est réellement droit.
L'erreur morbide dans le passage de la sensation à l'idée peut se produire dans les neurones psychiques inférieurs, c'est-àdire que l'illusion peut avoir un point de départ inconscient; elle ne se révèle alors que par l'acte qui en est la conséquence.
Ainsi certains dyspeptiques iront se mettre à table, tout en pensant à autre ebose, guidés inconsciemment par une illusoire sensation de faim. De même, un sujet qui se promène en lisant peut recevoir une sensation polygonale erronée par sa plante des pieds ou par son ouïe et tomber dans un bourbier ou dans une rivière, par erreur ou illusion purement polygonale.