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l'attention

a. Physiologie.

L'activité propre des neurones psychiques apparaît très nette dans l'attention. Si on fait attention aune sensation, à une émotion ou à une idée, c'est qu'on la reçoit, qu'on l'éprouve ou qu'on la perçoit activement .

Condilhac niait cette activité propre : « une sensation devient attention, soil pair,' qu'elle est seule, soit parce qu'elle est plus vive que les autres ». C'est une erreur : une sensation ne devient pas attention ; elle provoque l'attention.

La meilleure îles preuves (médicales) de la réalité de cette activité qui, au dire de William .lames, embarrasse certans philosophes et spécialement l'École anglaise du xix' siècle, esl que la maladie peut diminuer ou supprimer la fonction attention

sans modifier en rien la fonction sensation. Sensation et attention sont des actes psychiques d'ordre différent. Cette dissociation des deux actes par la maladie prouve môme qu'il y a des neurones différents qui entrent enjeu quand le sujet l'ait attention à une sensation et quand il la reçoit passivement.

L'attention est l'adaptation (le mot est dans la définition de Ribot), l'accommodation du psychisme à ses fonctions de réception et de représentation1. C'est à l'acte de sentir, d'éprouver ou de percevoir ce que l'acte de regarder, écouler, palper, flairer, déguster est à l'acte de voir, entendre, toucher, sentir, goûter. Ou, si Ton préfère, à chaque appareil nerveux est attachée une fonction d'attention (attention visuelle, auditive...) : l'attention sans épithète est alors V attention -psychique.

En se portant sur les actes psychiques plus complexes (mémoire, association, imagination, jugement , l'attention devient une fonction régulatrice de ces autres actes psychiques. D'où la distinction faite par les auteurs de l'attention sensorielle et de l'attention intellectuelle, suivant son objet.

Habituellement, c'est l'ensemble des centres psychiques qui fait attention. Mais chacun des deux grands groupes (supérieur et inférieur) peut être attentif de son côté, isolément et à un objet différent. Ainsi Archimède fait attention avec son polygone aux obstacles de la route et, avec son 0, à la solution de son problème. D'où la distinction de l'attention automatique (Pierre Janet) ou spontanée (Ribot) et de l'attention volontaire.

Pierre Janet a même pu étudier séparément les temps de réaction pour chacune de ces attentions.

Ainsi, chez le sujet VK, il étudie et enregistre la courbe de ses temps de réaction à des excitations auditives (8 à 10 par minute] Pendant l'expérience, VK tombe dans une crise d'extase. Elle ne fait plus attention volontaire au signal et cependant elle continue automatiquement à j répondre. On enregistre ainsi ses temps de réaction à l'étal de veille (attention supérieure) et dans la crise (attention polygonale). Chez un autre sujet il fait les mêmes recherches tantôt en lui disanl de l'aire bien attention, tantôt en l'autorisant à rêver à ce qu'il voudra pendant l'expc-

I. " L'attention esi un phénomène général à mécanisme actif, «lit J.- P. Nayrac dans la Revu; scientifique (7 avril 1906)... Le mécanisme de l'attention est inbiboactif... L'attention implique la participation générale »lcs forces nerveuses el musculaires de l'indh idu... I nie a l'elforl el à la volonté, elle constil lotre faculté d'adaptation mentale. ■

rience. L'inscription dans la période d'attention purement automatique révèle un temps de réaction plus court.

Ludwig Lange avait déjà remarqué que les réactions sont plus longues quand le sujet fait volontairement attention au signal. Onanof a montré aussi « que dans bien des cas le temps de réaction des mouvements subconscients, consécutifsà desexcitalions déterminées sur des régions anesthésiqucs, pouvait être plus court que celui des mouvements conscients à la suite d'excitations réellement senties ».

L'attention, étant avant tout un acte de concentration, a une sorte d'action inhibitrice1 et restreignante sur les actes psychiques qui ont un objet autre que celui visé, à ce moment, par l'attention.

b. Tempéraments.

Les attentifs généraux sont les sujets observateurs, curieux, analystes, enregistreurs... Les inattentifs généraux sont les sujets distraits, légers, peu observateurs, superficiels, imaginatifs...

Les attentifs partiels sont : ou polygonaux (sujets pratiques, méticuleux de la vie automatique, rangés, classeurs, collectionneurs...) ou supérieurs (sujets méditatifs, abstraits, philosophiques, religieux...). Les attentifs d'un seul psychisme sont en général des inaltentifs de l'autre. Ainsi l'attentif polygonal est souvent très inattentif aux eboscs élevées, abstraites, ne cherche que l'application pratique à l'automatisme quotidien, tandis que l'attentif supérieur est un distrait, négligeant les actes et les impressions de l'automatisme quotidien. Et ainsi certains esprits supérieurs seront souvent considérés comme des inattentifs, dans la vie courante.

Trois éléments principaux doivent être pris en considération pour fixer les types physiologiques au point de vue de l'attention :

1° La force de l'attention, force de résistance aux causes de distraction. De cette grande force Gœthe et Hegel sont de grands exemples, travaillant à côté dc^ batailles de Valmy ou d'Iéna;

■2' L'étendue de l'attention, possibilité de fixer l'attention

!. On trouvera les idées de Wundt sur ce point bien exposées dans le

chapitre « Physiologie de l'attention •• (qui esl toul entier à 'm-; de

W. B. Pillsbury (1 Bibliothèque internatio cl ilogie expérile et pathologique, 19(1

simultanément ou successivemenl et très rapidement sur un plus ou moins grand nombre d'objets différents. Napoléon paraît avoir eu ce champ ' de l'attention très étendu;

3° La rapidité plus ou moins grande avec laquelle l'attention se fatigue, h fréquence et la durée des oscillations prémonitoires qui précèdent et annoncent cette fatigue.

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