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LA MÉMOIRE

a. La mémoire, fonction des neurones psychiques, supérieurs et inférieurs

Ce serait donner au mot un sens tout à fait nouveau et rendre par suite le langage inintelligible que de reconnaître de la mémoire à tous les neurones, même non psychiques, comme le voudrait Renaut * (mémoire élémentaire de Charles Richet). On en arrive alors à répandre la mémoire dans tout le corps (van Biervliet) et à l'identifier, avec Sollicr, à la fixation de l'aimantation par le barreau de fer et à révocation par la limaille de fer de celte mémoire magnétique. Pourquoi alors, comme dit Pitres, ne pas ajouter que l'inertie d'un muscle isolé de ses nerfs moteurs est une amnésie de la contraclilité et que la gangrène d'un membre est l'amnésie de sa nutrition?

La mémoire est une fonction des seuls neurones psychiques, Mais c'est une fonction des neurones psychiques inférieurs, comme des neurones psychiques supérieurs, et il ne faut pas dire, avec Sergi, que la mémoire est la reviviscence des seuls états de conscience Ceci est assez important pour mériter d'être démontré par quelques exemples.

b. La mémoire dans les états de désagrégation suspolygonale.

Dans Crime et Châtiment Dostoïewski raconte que Svidrigaïloff donna un jour un renseignement à Raskolnickoff. Celui-ci qui était distrait à ce moment emmagasina néanmoins, à son insu, le renseignement et, à son grand étonnement, l'utilisa quelques jours après. Voilà un souvenir enregistré dans les neurones psychiques inférieurs pendant que le sujet est en distraction.

Dans ce cas, c'est automatiquement, c'est-à-dire encore inconsciemment, que le sujet utilise et applique le souvenir recueilli. C'est donc là un premier exemple de mémoire alternante, c'està-dire de souvenirs disparaissant entre deux crises (de désagrégation suspolygonale), mais se retrouvant d'une crise à l'autre.

La chose apparaît bien plus nette dans le sommeil. Mme Raehilde continue son rêve d'un sommeil à l'autre, connue

1. « Le neurone, a dil Renaut, esl une celulle avant tout sensible el qui se souvient. ••

les numéros d'un feuilleton. « J'ai repris bien souvent, dit Maury, à l'état de rêve, le til d'un rêve antérieur que j'avais oublié après m'ôtre réveillé et que j'ai eu parfaitement la conscience d'avoir fait, une fuis que ce nouveau rêve m'en eût rappelé le souvenir... Le rappel de souvenirs, se rapportant à un songe antérieur et se produisant dans un songe subséquent, bien qu'ils paraissent complètement effacés dans l'état de veille intermédiaire, semble même pouvoir remonter jusqu'à des rêves fort anciens.

L'hypnose permet encore mieux de démontrer et d'étudier la menu die polygonale.

Dans le sommeil provoqué on acquiert des souvenirs nouveaux que l'on a oubliés au réveil, mais que l'on retrouve dans l'hypnose ultérieure. La suggestion a naturellement une grande influence sur celte mémoire comme l'avait déjà démontré le général Noizet.

Mais le phénomène de mémoire le plus curieux est celui qui se produit dans les suggestions à distance. Dans le sommeil provoqué je donne un ordre à exécuter un certain temps après 42 et 43 jours dans un cas personnel, 63 jours dans un cas de Bernheim, 172 jours dans un cas de Beaunis et un an dans un cas de Liégeois . J'éveille le sujet; il reprend sa vie normale sans se rappeler aucunement l'ordre donné et, au jour fixé, il tombe spontanément en état d'hypnose et exécute facilement l'ordre donné.

Au fond, c'est le polygone qui a conservé le souvenir de l'ordre donne, à l'insu de 0, et qui, au moment voulu, l'a évoque et applique. Il y a là un phénomène de repérage (Binet , (^association mnémonique (Wundt), dans les neurones psychiques inférieurs,

Dans la vie polygonale physiologique ces repérages sont très fréquents. Non seulement nous nous éveillons souvent à l'heure que nous désirons, eu tous cas à l'heure de nos occupations habituelles, mais encore nous exécutons automatiquement ce que nous saxons devoir faire tel jour de la semaine ou du mois : on va à un marché, à une foire OU à un coins, un jour donné; on fait maigre on on va à la messe ou an temple tel autre jour. Ce -ont là des actes de mémoire polygonate à distance, à évocation rythmée el régulière.

Comment le poix npte-t-il le lemps pour exécuter son

ordre a jour el heure fixes? La mémoire des neurones psychi-

ques inférieurs s'entretient de temps en temps par des réminiscences passagères, spécialement dans de petits sommeils spontanés qui passent inaperçus ou dans certains cas ont été constatés, dans le sommeil naturel, dans les divers états accidentels de désagrégation suspolygonale : Bemheim l'a très bien constaté.

Il est bien entendu que ceci n'a pas la prétention d'être une explication ; mais ceci rapproche ces phénomènes curieux de suggestions posthypnotiques à longue échéance d'autres phénomènes de mémoire polygonale déjà connus et bien établis.

La mémoire polygonale alternante se retrouve encore bien nette dans le somnambulisme.

Une jeune fille, dont Erasme Darwin raconte l'histoire, « conservait pendant ses accès des idées de la même espèce que celles qu'elle avait eues le jour précédent et ne se rappelait plus l'instant suivant quand il y avait absence d'accès; ses parents s'imaginaient qu'elle avait deux âmes ». Le rêveur de Despine, toutes les nuits, se vole à lui-même des pièces d'or et va toujours les cacher au même endroit...

L'ivresse de l'opium et surtout l'alcool réalisent des états d'émancipation du polygone, dans lesquels on observe des faits analogues. « Un nègre complètement ivre dérobe des instruments de chirurgie au D1' Keulemans. Le lendemain, il soutient qu'il ne les a pas touchés et les cherche en vain sans pouvoir les retrouver; deux jours après, on le rencontre ivre de nouveau et on lui parle encore de la perte des instruments. Il réfléchit cette fois, part de suite et, malgré l'obscurité, va tout droit les trouver dans une boîte ou il les avait cachés pendant sa première ivresse. »

Cette évocation de souvenirs polygonaux, d'une crise à une autre d'un état donné de désagrégation suspolygonale, peut aussi se produire d'un état de désagrégation à un autre non similaire.

Ainsi j'ai cité (p. 90) les faits dans lesquels une idée fixe née dans une crise maladive quelconque est retrouvée clans l'hypnose. Un sujet est frappé, après une émotion, d'une attaque d'hystérie et d'amnésie rétrograde, c'est-à-dire qu'il ne peut plus acquérir de souvenirs pendant une période donnée. On l'endort : il retrouve tous ces souvenirs qu'il paraissait n'avoir pas acquis.

L'écriture automatique (en distraction) permet aussi de révéler dans le polygone des souvenirs qui y ont été déposés dans une crise antérieure (hystérie, somnambulisme). Un sujet de

giiasset. — Introduction. i

Tissié se rappelle, dans l'hypnose, tout ce qu'il a fail en élat de somnambulisme; on a pu ainsi reconstituer toute sa vie de voyage fugues morbides). El il l'ait son récit « avec une précision et une verve étonnante ». Léonie, en somnambulisme, raconte à Pierre Janet une crise de catalepsie.

Dans le sommeil ou peut retrouver en rêve un souvenir déposé en distraction.

Maury voit en rêve, plusieurs jours de suite, « un certain monsieur à cravate Manche, à chapeau à larges bords, d'une physionomie particulière et ayant dans sa tournure quelque chose d'un anglo-américain ». Ce monsieur lui est absolument inconnu, mais plus tard il le rencontre, absolument tel que, dans un quartier où il était allé souvent avant son rêve et où il l'avait certainement vu sans s'en rendre compte.

Brockelhank, dit Myers, perd un couteau de poche, le cherche vainement, n'y pense plus. Six mois après, il en rêve, voit la poche d'un vieux pantalon abandonné où est son couteau. Il s'éveille, y va, le trouve. Divination? Non. Souvenir polygonal emmagasiné en distraction et retrouvé dans le sommeil.

La chose devient hien plus jolie, mais pas plus mystérieuse, quand le polygone agrémente sa ressouvenance d'un peu de roman. Une lillette perd un petit couteau auquel elle tenait beaucoup et ne le trouve plus. Une nuit, elle rêve qu'un frère qu'elle avait perdu et beaucoup aimé lui apparaît et la conduit par la main à l'endroit précis où était le couteau. Elle s'éveille y va et le trouve. On prévoit combien il sera diflicile d'empêcher cette enfant de croire à une révélation d'oulre-tombe, alors que c'est un fait tout à fait simple et analogue à celui de Brockelhank.

Le cristal peut encore révéler un souvenir d'une période de distraction.

« Mlle Goodrich Frcer, raconte Myers, voit dans un cristal l'annonce de la mort d'une de ses amies, fait totalement étranger à son moi conscient d'ordinaire. En se reportant au Times, elle trouve, dans une feuille dont elle s'était servie [tour protéger sa face contre la chaleur de la cheminée, l'annonce de la mort d'une personne portant le même nom que sou amie; de sorte que, ajoute .Myers, les mois ont pénétré dans le champ de sa vision, sans atteindre son esprit éveillé. »

Enfin la reviviscence d'un souvenir polygonal peut se retrouver du sommeil naturel dans l'hypnose et réciproquement.

Dans l'hypnose, Auguste Voisin ordonne à un sujet d'assassiner, au réveil, une femme couchée dans un lit voisin et de tout oublier. Éveillé, le sujet y va et poignarde un mannequin couché à la place indiquée. Des magistrats, qui avaient assisté à l'expérience, ne purent ohtenir de lui l'aveu de l'acte ni le nom du complice qui l'avait suggéré. Mais, trois jours après, le sujet revenait à la Salpètrière. Sa physionomie portait les traces d'une souffrance morale et de l'insommie qu'il se plaignait d'éprouver depuis ce temps. Il se plaignait devoir, la nuit, l'apparition d'une femme qui lui reprochait de l'avoir frappée d'un coup de couteau. De même Albert, le sujet deTissié, voit apparaître son médecin dans le sommeil naturel et exécute alors un ordre donné dans une hypnose précédente.

c. Rapports de la mémoire inférieure avec le psychisme supérieur.

Au lieu de se révéler dans un autre état de désagrégation suspolygonale, similaire ou non du premier, le souvenir polygonal peut se révéler aux centres supérieurs, c'est-à-dire n l'état normal de veille.

Deux cas différents peuvent alors se présenter : ou 0 se rend compte de l'origine de ce souvenir qui lui est révélé ou bien il ne s'en rend pas compte (réminiscence) et le considère comme une impression psychique toute nouvelle.

a. Révélation de souvenirs polygonaux en 0 avec conscience de l'origine polygonale de ces souvenirs.

Dans la distraction la désagrégation est lâche et incomplète; avec un rappel et un peu d'insistance, 0 peut prendre conscience d'une impression déposée dans son polygone.

Vous faites une question à une personne distraite. Quoi? ditelle. Elle a entendu que vous l'interpelliez, mais n'a pas fait attention à la question posée. Sans répéter la question, vous insistez : rélléchissez; je vous ai demandé quelque chose. — Ah! oui, repreud-ellc. Elle fait effort, retrouve votre question dans son polygone et y répond... Dans une conversation, on s'aperçoit après coup, en 0, d'un mot qu'on a inconsciemment substitué à un autre, déjà depuis un moment, une série de fois...

Le phénomène se complique, mais reste du même ordre si, quand 0 recueille un souvenir polygonal, ce souvenir a déjà été

modifié par un raisonnement polygonal, par une association polygonale d'idées ou d'images.

Myers cite le cas d'un « étudiant en botanique qui, passant distraitement devant l'enseigne d'un restaurant, crut y lire les mots Verbascum thapsus. Or, le mot qui y était imprimé réellement était Bouillon; et le mot bouillon constitue la désignation française vulgaire de la plante Verbascum thapsus. Il s'est produit ici, continue Myers, une transformation subliminale de la perception optique actuelle et les mots Verbascum thapsus ont été le message envoyé au moi supraliminal distrait par le moi subliminal plus occupé de botanique que d'un dîner ».

Quelles graves erreurs de témoignages peuvent être entraînées par des modifications inconscientes de ce genre portant sur des souvenirs polygonaux, vrais dans leur origine, devenus trompeurs dans leur expression! Vous pouvez, en toute honnêteté, affirmer avoir rencontré M. A. à tel endroit, alors que vous y avez vu distraitement M. B. et que la couleur des gants ou la coupe de la jaquette ont associé l'idée de M. A. à l'idée de M. B. dans votre polygone, qui a finalement gardé le souvenir, précis et faux, de M. A.

On peut aussi se rappeler au réveil des souvenirs du sommeil; c'est ainsi qu'on raconte et qu'on peut étudier et analyser ses rêves. Ce rappel de mémoire peut d'ailleurs être spontané ou provoqué par une sensation accidentelle, qui rappelle le rêve de plus ou moins loin.

Il en est de même pour le somnambulisme spontané ou provoqué (hypnose), le phénomène étant d'ailleurs, dans ce dernier cas, sous l'influence de la suggestion. Ici encore, la provocation est souvent nécessaire pour l'évocation du souvenir. Ayant endormi son frère, Heidenhain « lui fit boire un verre de bière; il le réveilla et lui demanda s'il n'avait pas soif. Sur sa réponse négative et voyant qu'il ne se rappelait rien, il dit qu'il faisait chaud et aussitôt son frère lui apprit qu'il venait de boire ».

Dans tous les cas que je viens de citer 0 reconnaît mnshésitation l'origine et la nature du souvenir révélé. Dans d'autres cas, il reconnaît encore cette origine et cette nature, mais, avec hésitation et après un certain temps.

Au réveil, on se demande si on rêve ou si on est éveillé, ou plutôt si l'idée présente est une realité ou une rêverie.

Un soldat (Tissié) rêve qu'il passe en conseil de guerre et rend son sabre ; au réveil, il porte la main sur son sabre à côté du lit pour voir s'il y est encore. A Remy de Gourmont (Chabaneix) il arrive « de ne pouvoir distinguer le rêve de la réalité, de confondre, par exemple, ce qu'un ami (lui) a dit la veille et ce (qu'il a) rêvé dans la nuit ». Parfois je me trompais, dit Mme Racbilde; « je me figurais que ma vie réelle était mes songes »...

p. Révélation de souvenirs polygonaux en 0 sans conscience de l'origine polygonale du souvenir : réminiscences d'origine polygonale, sensation du « déjà vu. ».

Les neurones psychiques supérieurs, en recevant une idée préalablement déposée dans le polygone, peuvent aussi ne pas se rendre compte du tout de l'origine et de la nature de celte idée, ne pas la considérer comme un souvenir évoqué et la croire neuve, trouvée, inédite. C'est ce que Louis Dumur a dépeint dans son livre Un Coco de génie-, c'est ce qu'a éprouvé Raskolnickoff dans la scène de Crime et Châtiment que j'ai rappelée plus haut (p. 95).

Ce phénomène peut entraîner chez le sujet de l'étonncment et dé Y angoisse s'il reconnaît ainsi une chose qu'il n'a jamais vue. C'est la sensation du « déjà vu », du « déjà perçu », du déjà éprouvé », « illusion de fausse reconnaissance ».

« Il y a des jours, dit Alphonse Daudet (Notes sur la vie), où tout ce qui m'arrive a l'air de m'être arrivé déjà; où tout ce que je fais, je me ligure l'avoir fait, il y a longtemps, dans une autre vie, dans un rêve, avec le même concours de circonstances différentes. Certaines intonations de certaines paroles mettent en moi l'idée du déjà entendu : certaines couleurs ou associations de couleurs, l'idée du déjà vu. Que tout cela est difficile à-dire comme je le sens. »

Et Paul Bourget : « voici comment d'habitude cette fausse reconnaissance se produit. Quelqu'un prononce une phrase et, avant que cette phrase ne soit terminée, j'ai l'impression soudaine et irrésistible que j'ai déjà entendu les mêmes mots, dits par la même personne, avec le même accent. L'illusion va plus loin. Aussitôt, ma propre réponse que je n'ai pas encore prononcée me paraît avoir été entendue par moi. Ou, pour être plus précis, j'ai l'impression que j'ai déjà émis les sons que je vais émettre, et cela à mesure que je les émets... Je

suis pris malgré moi d'une angoisse analogue à celle qui m'étreint dans mon rêve le plus fréquent, qui consiste à voir, bougeanl el vivant, un ami que, même dans mon sommeil, je sais être mort... .le sais que mes relations émotives avec cette personne sont actuelles et je sens que ces mots ont déjà été dits... Celte dualité d'évidences inconciliables joue dans le champ de conscience... »

Quand l'ignorance en 0 est absolue de V origine et de la nature du souvenir, c'est vraiment une réminiscence '. Le mot est moins exact quand, comme dans la sensation du « déjà vu » il y a une conscience obscure (contradictoire et angoissante) de l'origine et de la nature du souvenir pohgonal.

Dans ce dernier cas, on ne peut surtout pas situer dans son passé la minute qui a été déjà vécue (Fernand Gregli). C'est à propos de ce « déjà vu » que Jules Lemaîtrc dit : « notre vie intellectuelle est en grande partie inconsciente; continuellement les objets font sur notre cerveau des impressions dont nous ne nous apercevons pas et qui s'emmagasinent sans que nous en soyons avertis ». Et enfin Dromard et Albès : « en résumé, fixation automatique des représentations d'une part et application d'une activité consciente à ces représentations d'autre part, telles sont les conditions dont doit dépendre, selon nous, l'illusion du déjà vécu -. »

d. Les tempéraments d'après la mémoire.

Les divers phénomènes que je viens de passer en revue ne se présentent pas avec la même netteté et la même intensité chez tout le monde : cela dépend du tempérament de chacun.

Pour distinguer et classer les tempéraments suivant la mémoire il faut d'abord faire la distinction sur laquelle je viens d'insister entre la mémoire des centres supérieurs et la mémoire des centres inférieurs et ensuite il faut rappeler que l'on divise classiquement les actes de mémoire en actes de fixation et actes de reproduction. On fait le plus souvent un troisième groupe

1. Par ce nu il, " aujourd'hui, un entend plutôt le retour d'un étal antérieur

qui n'est pas reconnu el parait nouveau » (Elle Blanc, Dictionnaire de l'hilusnphie, article Keininiseenee). « La réminiscence s'oppose au souvenir, qui esl caractérisé par le jugement d'antériorité » (Goblot, Vocabulaire philosophique, article Héniiniscenee).

2. Je ne m'OCCUpe la que (lu « déjà vu ■■ îles physiologistes ; je parlerai plus loin (p. I0(i), aux parainnésies, du « déjà VU » des alienisles.

avec les actes d' identification et de reconnaissance : ce sont là des parties d'actes plus complexes, dont l'étude est mieux placée dans le paragraphe du jugement (36). La fixation (Richct) comprend la pénétration et la conservation de l'image ou de l'idée; c'est la constitution du souvenir latent. La, reproduction ou recollection comprend Yévoccdion et la représentation actuelle de ce souvenir emmagasiné '.

Cela dit, on comprend les divers types de tempérament. L'un a beaucoup de mémoire, l'autre peu. L'un a surtout de la mémoire de pénétration (mémoire facile), un autre a plutôt de la mémoire de conservation (mémoire fidèle, sûre), un troisième a plutôt de la mémoire de reproduction (mémoire présente). Les sujets se divisent aussi suivant la nature des images ou des idées qu'ils se rappellent plus facilement : il y a les visuels, les auditifs, les abstraits...

L'importance relative de la mémoire polygonale est aussi un élément de classification des tempéraments. Ce que j'ai dit. plus haut de Remy de Gourmonl, de Mme Racbilde, ce que l'on sait d'Edgard Poe et de bien d'autres, caractérise le type à prédominance marquée delà mémoire polygonale dans la vie psychique générale. Le type inverse est caractérisé par le peu d'importance qu'a la mémoire polygonale dans la viepsychique générale : ce sont les sujets chez lesquels 0 garde une très haute., très grande et très habituelle autorité sur l'entier psychisme.

Il faut d'ailleurs remarquer que : 1° il y a beaucoup de termes intermédiaires entre ces tempéraments extrêmes; 2° le tempérament d'un individu n'est pas immuable: diverses circonstances, spécialement l'éducation, le développement par l'âge et l'instruction peuvent accroître chez un individu la force de contrôle de 0, diminuer progressivement la prédominance exagérée de la mémoire polygonale et même transformer parfois un polygonal en psychique supérieur. Dans d'autres cas, on observera l'inverse.

e. Pathologie.

Je ne crois pas qu'il y ait de véritable hypernwééie générale2. 1/hypermnésie générale apparente, telle qu'on l'observe dans

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