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ROI.E ET IMPORTANCE DU SYSTEME NERVEUX DANS L'ORGANISME UUMAIN

Dans celte Physiologie humaine, la physiologie du système nerveux occupe une place considérable.

Tous les corps de la nature (bruts ou vivants) sont faits de matière et d'énergie1.

Ce qui caractérise les êtres ou corps vivants, c'est d'abord l'unité de chaque individu vivant et ensuite c'est que non seulement ils contiennent de la matière et de l'énergie, mais ils reçoivent, emmagasinent, élaborent, transforment, émettent cette matière et celte énergie et c'est ainsi qu'ils naissent, s'accroissent, assimilent, désassirailent , se reproduisent, décroissent et meurent.

Dans cetle économie vivante, le rôle du système nerveux est double : c'est l'appareil de V énergie et c'est Vappareil de l'unité.

A la circulation et aux transformations de la matière dans l'organisme correspondent diverses fonctions el divers appareils : digestion, circulation, respiration, nutrition...; à la circulation et aux transformations de l'énergie correspond et préside seul le système nerveux : il reçoit, emmagasine, élabore, transforme et émet l'énergie. C'est donc bien l'appareil de l'énergie.

D'autre part, le système nerveux est en relations avec tous le? autres organes el appareils; à tous il distribue l'énergie el par

1. Je prends ces mots pour exprimer tics faits iiilmis de tout if mondi Bans chercher leur sens el leur portée métaphysiques.

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suite il en règle le fonctionnement. Il intervient dans toutes les grandes fonctions (digestion, circulation, respiration...) et par suite, médiatement mais certainement, il intervient dans les fonctions de circulation et de transformations de la matière, comme, immédiatement et seul, il préside à la circulation et aux transformations de l'énergie.

Ceci est vrai de l'état pathologique comme de l'état sain. La bataille contre l'agent pathogène est livrée par les diverses cellules de l'économie (leucocytes, etc.); mais elle est réglée, dirigée, conditionnée par le système nerveux.

Dans le corps humain donc, le système nerveux a une place qui n'est comparable à celle d'aucun autre appareil ou organe; il exerce une hégémonie indiscutable. 11 fait l'unité de la vie individuelle et de la lutte qui la constitue, à l'état normal et à l'état pathologique.

Plus on s'élève dans la série animale, plus est grande la division du travail et plus important par suite le rôle de cet appareil de l'unité qu'est le système nerveux. D'où la prééminence croissante du système nerveux au fur et à mesure qu'on se rapproche de la physiologie humaine.

3. — RAPPORTS DE LA PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX ET DE LA PSYCHOLOGIE.

a. Il ne faut pas confondre la physiologie du système nerveux avec la psychologie.

Il faut se garder de confondre la psychologie et la physiologie du système nerveux et de considérer, comme beaucoup voudraient le faire aujourd'hui, la psychologie comme une partie de cette physiologie. J'ai l'opinion personnelle que ce seront toujours là deux sciences distinctes; en tous cas, il faut affirmer que, dans l'état actuel de nos connaissances, ce sont deux sciences encore distinctes.

A première vue et en se rappelant le sens très large de « Science de l'homme vivant » que j'ai donné au mot « Physiologie humaine », on peut dire que la psychologie en fait partie : c'est bien un chapitre de la science de l'homme vivant.

Mais actuellement on considère la physiologie (et toute la biologie) comme une science positive et objective et, à ce litre,

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malgré tous les louables efforts faits pour établir le monisme sur ce point (comme sur beaucoup d'autres) je crois que la psychologie doit toujours être considérée comme une science distincte, spéciale, à part, à côté, niais hors de la biologie.

11 \ a une science îles zones neutres entre la psychologie el la physiologie : c'est la psychophysiologie, science récente, qui a déjà produit de beaux travaux et provoqué d'utiles recherches et qui est loin d'avoir dit son dernier mot; la psyclioplivsiolot>ie est vraiment un chapitre de la physiologie, mais ne peut pas remplacer la psychologie.

Je sortirais de mon sujet actuel en développant la démonstration (que j'ai essayée ailleurs ') de celte proposition : la psychologie reste une science à part avec une méthode et un objet particuliers. L'observation intérieure, l'étude des problèmes élevés (libre arbitre, destinée de l'âme, morale, esthétique, métaphysique) ne sont pas du domaine de la physiologie du système nerveux, et restent dans le domaine des sciences psychologiques.

Je reconnais d'ailleurs que cette manière de voir est controversable, longuement discutable. Mais il faut ajouter que la solution doctrinale de cette question est indépendante de l'étude qui nous occupe ici.

Alors même que la psychologie, comme la plnsiologie du s\stème nerveux, serait considérée comme un chapitre de la biologie humaine, ces deux sciences n'en formeraient pas moins toujours deux chapitres distincts : l'une étant l'entière science du moi et de la personne humaine, l'autre étant la science (plus étroite) du seul système nerveux de l'homme.

Je peux donc conclure ce paragraphe comme je l'ai commencé, en disant : il faut se garder de confondre la psychologie cl la physiologie du système nerveux.

h. Les fonctions psychiques appartiennent à la physiologie du système nerceux, uniquement comme fonctions du cerceau.

On tomberait dans une non moins grave erreur si, de ce qui précède, on concluait que la physiologie du système nerveux

1. Les Limites de l<t Biologie. Bibliothèque d<v philosophie contemporaine, B« édition, 1907, |>. 'et. (Paris, F. Alcan.)

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n'a pas à s'occuper des phénomènes psychiques, objet direct de la seule psychologie.

Quelle que soit l'idée que l'on se fait du principe même de la pensée, de sa nature, de son origine et de sa destinée, il est certain que chez l'homme vivant, tel que nous le connaissons et l'éludions, la pensée ne peut pas se produire sans certaines parties du système nerveux.

Dès lors, il faut bien reconnaître que les fonctions psychiques doivent être étudiées dans la science du fonctionnement du cerveau, au même titre que les fonctions motrices, sensitives, sensorielles ou du langage.

Le système nerveux, qui fait l'unité de tout l'organisme, présente lui-même une très réelle et très forte unité. Pas plus en physiologie pathologique qu'en physiologie normale, on ne doit perdre de vue cette unité : la psychiatrie n'est qu'un chapitre de la neuropathologie, puisque les phénomènes .psychiques imprègnent la pathologie nerveuse tout entière et que la maladie psychique ne diffère de la maladie motrice ou sensitive que par le siège de la lésion.

Donc, à titre de fonctions cérébrales, comme les fonctions motrices ou sensitives, les fonctions psychiques appartiennent à la physiologie du système nerveux.

c. La physiologie du système nerveux est indépendante des doctrines philosophiques ou religieuses de chacun.

Il me paraît facile de montrer que la proposition qui termine le précédent paragraphe ne doit heurter les convictions jjhilosophiques ou religieuses de personne, qu'elle est parfaitement compatible et conciliable avec toutes les doctrines et tous les systèmes.

Même parmi les spirilualistes les plus purs, les plus élevés, les moins organiques de ceux qui admettent une âme1 spirituelle, libre et immortelle, personne ne peut nier et ne songe à nier que le cerveau est un outil nécessaire, indispensable dans

1. 11 me parait désirable que te sens des mots ne change pas avec les doctrines de chacun : pour moi, le mot « âme; » veut toujours dire l'âme des spirilualistes. Chacun est libre d'en discuter ou d'en nier l'existence, mais ne doit pas être libre d'eu dénaturer et d'en transformer le sens, sous prétexte d'en moderniser la notion.

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