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Le Psychisme inférieur, p

Grasset. — Introduction. 1'

162 LOCALISATION ANATOMIQUE DBS CENTRES PSYCHIQI ES

par Jaboulay. — La malade (quarante-six ans) était prise d'impérieux besoins de dormir. Elle s'endormait chez les voisines où elle allait passer quelquefois l'après-midi; son sommeil était calme, lu jour, elle va chez son médecin (Cours de la Liberté, à Lyon) pour le consulter sur son mal de tête. « En en sortant, au lieu de retourner chez elle, elle se mit à marcher dans la direction opposée, sans savoir et sans se demander où (die allait. Au bout de trois heures environ, elle eut un petit éhlouisscment et se rendit compte qu'elle n'était pas dans sa maison. La nuit tomhait, elle eut peur en se retrouvant dans un endroit (Parc de la Tète d'Or) où elle était venue malgré elle et se mit a sangloter. Un passant à qui elle s'adressa lui dit où elle étaîtet la conduisit au tramway. Elle ne sait absolument rien de l'emploi de son temps pendant ces trois heures... Elle a dû marcher sans interruption; car ses souliers étaient couverts de poussière et elle était exténuée de fatigue quand elle arriva au tramway. » Elle eut plusieurs autres accès, moins longs, d'automatisme ambulatoire '.

3. Une malade de Rezek (soixante-deux ans) est prise soudain d'une impulsion à courir, finit par tomber sur le côté droit, sans perdre connaissance. Second accès procursif analogue quelques heures après... Sarcome du lobe frontal droit.

4. Chez un malade de Ventra après un traumatisme crânien (quinze ans), caractère modifié, intelligence amoindrie; de vif, expansif, affectueux avec ses parents, il devient taciturne, indifférent et distrait; il n'a plus de mémoire, n'est plus capable de vendre ses légumes au marché ni de discuter ses intérêts avec son patron. Il demeure seulement apte à son travail manuel routinier de cultivateur, aux besognes simples de la vie domestique.... A la mort (quarante-six ans on trouve une grosse lésion qui avait « vidé » les lobes frontaux. Dans ses conclusions, l'auteur insiste sur ce fait que son observation démontre bien -< que les lobes préfrontaux sont le siège des opérations psychiques les plus élevées. Le sujet en avait perdu la faculté ».

5. Chez une malade (trente-trois ans) de f.estan et Lejoiine (tumeur des lobes frontaux), » euphorie remarquable; plus de plaintes sur sa maladie; toujours l'air heureux et souriant.., Certain degré de puérilité... Si les réponses qu'elle doit faire aux

l. l'aiti 1 1 Lucien Mayct uni également publié un beau tas d'automatisme ambulatoire par une tumeur de siège analogue opérée .m^i par Jaboulai . Voir encore Devic et Gauthier, etc.

questions posées sont simples et ne nécessitent aucun effort intellectuel, elle les fait immédiatement d'une voix normale... Elle exécute les ordres donnés; elle répète des phrases brèves prononcées devant elle; elle fait mentalement des additions faciles, ainsi 3 et 4, 6 et 3 par exemple. Mais si la réponse est plus compliquée, nécessite une certaine réflexion et un effort intellectuel, la malade reste immobile, répond avec une placidité souriante qu'elle ne sait pas et on constate facilement qu'elle ne s'efforce nullement de chercher. Ainsi elle est incapable de faire une multiplication (3 fois 7 par exemple), de répéter une phrase un peu longue; tout acte intellectuel un peu compliqué lui est donc impossible, elle ne le tente même pas... Ce qui paraît lui manquer, c'est la faculté d'association, l'état intellectuel qui choisit, recueille et classe les sensations auditives (elle est aveugle) : cet acte n'est pas troublé dans son fonctionnement, il n'a pas lieu ».

6. Un phtisique (vingt-cinq ans) observé par Dupré et Camus (Société de Neurologie, 11 janvier 1906) accuse d'abord des rêves prolongés et fréquents portant sur sa jeunesse et son adolescence, puis un état d'euphorie continue, qui persiste deux mois, jusqu'à sa mort. De plus, il vit en plein subdélire onirique. A l'autopsie, double tubercule corticoméningé frontal symétrique.

Dupré rappelle à ce sujet un fait analogue qu'il a communiqué au Congrès de Pau (1904) et conclut : « il semble que cet état d'inconscience et d'euphorie soit lié aux lésions toxiques diffuses du cortex et particulièrement des lobes frontaux ' ».

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