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PSYCHOTHÉRAPIE INFÉRIEURE OU THÉRAPEUTIQUE SUGGESTIVE

a. Définition et généralités.

Pour faire de la psychothérapie inférieure, c'est-à-dire agir sur le seul psychisme inférieur, il faut d'abord désagréger celui-ci de ses centres supérieurs : on arrive à ce résultat par l'hypnotisme. La psychothérapie inférieure est donc la thérapeutique par V hypnotisme.

L'hypnotisme peut agir par deux procédés en thérapeutique : par le sommeil provoqué lui-même (hypnose) ou parla suggestion à laquelle il rend le sujet accessible.

L'hypnose, sans suggestion surajoutée, appartient à la psychothérapie parce qu'elle contient elle-même nu élément suggestif. On peut donc dire que la psychothérapie inférieure ou thérapeutique par l'hypnotisme se confond avec la thérapeutique suggestive.

1>. Indications et contreindications.

L'action thérapeutique fondamentale de la suggestion est l'action substitutive. Tout revient à l'implantation, par l'hypnotiseur, dans le polygone du sujet, d'une idée de guerison qui

remplace l'idée de maladie. Si la chose se fait 1res vivement, c'est la méthode perturbatrice', si elle se fait lentement, c'est la méthode correctrice. C'est toujours le remplacement de l'idée morbide par l'idée suggérée.

La suggestion thérapeutique pourra donc modifier lamolilité, la sensibilité, les idées polygonales et même le fonctionnement des appareils dont l'activité est ordinairement soustraite à la volonté. On pourra guérir ainsi une paralysie, une convulsion, une contracture, un tic, une anesthésie, une douleur, une idée W\c, une obsession, une impulsion... On peut même diminuer ou supprimer une hémorragie anormale, augmenter ou ramener une hémorragie physiologique, diminuer une hypersécrétion morbide ou augmenter une sécrétion défaillante... On purge par suggestion.

Donc la suggestion thérapeutique n'a aucune action sur le fond et l'essence dune névrose grave. La seule et véritable indication de la suggestion thérapeutique est la localisation étroite, bien définie, de la névrose sur un appareil ou sur un autre, non la maladie, mais le symptôme.

Ce procédé thérapeutique n'a aucune action sur 0, sur les maladies mentales, sur l'élément vraiment mental des maladies; il n'a aucune influence heureuse sur la désagrégation suspolvgonale, sur l'instabilité mentale, sur la tendance morbide qu'ont certains sujets à dissocier leurs centres psychiques et à laisser leur polvgone vagabonder et rêver à sa guise sans le contrôle deO.

Non seulement l'hypnotisme ne rétablit pas l'unité et la collaboration des psychismes, mais encore il crée ou accentue la désagrégation suspolygonale. 11 ne tend pas à reconstituer la personnalité normale et saine de l'individu; au contraire, il la disjoint. C'est pour cela que l'hypnotisme est souvent un révélateur de l'hystérie ; c'est pour cela que l'hypnotisme des représentations et des théâtres peut faire naître des dangers et doit être interdit.

On comprend par là les contreindications de la psychothérapie inférieure.

c. Hypnotisme et éducation; hypnotisme et volonté.

De ce qui précède il résulte qu'on ne peut pas, avec Berillon, voir, dans l'hypnotisme, un « agent moralisateur et réformateur »

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des enfants pervers, « un agent d'éducation systématique de la volonté ». Si Berillon obtient de très beaux résultats dans certains cas, c'est qu'il fait de la pédiatrie et non de La pédagogie. Il traite el guérit des malades chez lesquels des troubles polygogonaux morbides gênent et entravent le libre et normal exercice de la volonté et de la liante direction morale de 0. Une volonté ou un sens moral qui n'auraient d'autres racines dans l'esprit qu'une ou plusieurs suggestions n'auraient aucune consistance, n'existeraient pas.

Je ne peux donc pas admettre l'opinion des auteurs qui veulent assimiler la suggestion à Y éducation ou faire de la suggestion un moyen d'éducation. Hypnotisme et éducation sont des procédés psychiques, l'un et l'autre; mais ce sont des procédés psychiques absolument différents, l'un s'adressant au seul psychisme inférieur désagrégé, l'autre s'adressant au psychisme supérieur ou mieux à la totalité des psychismes unis et collaborants.

Les mêmes principes sont applicables à la grosse question des rapports de i'bypnotisme avec la volonté. Dans son livre sur Yéducation rationnelle de la volonté Paul-Emile Levy fait dériver ses procédés thérapeutiques de la suggestion; il les assimile à la suggestion et en arrive à demander à la suggestion « le renforcement du pouvoir volontaire ». Et, dans sa Préface au même livre, Bernbeim montre que c'est par la suggestion que Levy va essayer de faire l'éducation de la volonté.

Ceci est une erreur ou me paraît en être une. La suggestion dissocie les psychismes et par conséquent ne renforce pas la volonté. Pour agir sur la volonté et l'accroître, on peut bien faire de la psychothérapie, mais c'est de la psychothérapie supérieure, celle dont je vais parler.

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