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méthodes d'étude de la physiologie du système nerveux

a. Uanatomie et V embryologie.

Pour étudier la physiologie du système nerveux de l'homme, Vanatomie apparaît tout d'abord comme la première, et peutôtre la meilleure méthode.

Il est cci tain qu'il faut, au moins sommairement, connaître anatomiqueinent les organes pour en étudier les fondions; c'est indispensable, au moins pour bien comprendre les mots employés : les mots anatomiques interviennent constamment dans le penser physiologique.

Mais il y aurait danger à exagérer l'importance de la méthode anatomique d'étude.

L'unité et l'individualité d'un appareil dépendent exclusivement de la fonction de cet appareil et les unités physiologiques ne correspondent pas toujours aux unités anatomiques.

Ainsi, anatoiniquement l'homme a un œil droit dans l'orbite droit et un œil gauche dans l'orbite gauche. Nous verrons plus loin que physiologiquement il en est tout autrement : l'homme a un œil droit formé de la moitié droite de chacun des deux globes oculaires et un œil gauche formé de la moitié gauche de chacun des deux globes oculaires; si chaque hémisphère célébrai voit et regarde du côté opposé, ce n'est pas avec l'œil opposé, mais avec une moitié des deux yeux et la ligne médiane qui, de la tète aux pieds, divise l'homme en deux moitiés latérales (droite et gauche), se bifurque à la racine du nez et passe au milieu de chacun des deux yeux.

Nous verrons aussi que les mêmes nerfs périphériques font mouvoir la langue pour la parole, pour la gustation et pour la digestion. L'unité anatomique de ce nerf hypoglosse serait cause d'erreur pour le physiologiste qui en ferait la hase de son étude : le physiologiste doit considérer comme unité à étudier l'appareil du langage, puis l'appareil du goût, puis l'appareil de la digestion.

L'anatomiste ne peut indiquer que la géographie, la distribution topographique des organes : ainsi les libres de la vision destinées au globe oculaire droit sont nécessairement rapprochées pour pénétrer dans le même orbite; l'anatomiste ne voit que cet accolement et l'ail de ces libres l'approchées un nerf qu'il appelle le nerf optique droit. En réalité les nécessités de la

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distribution périphérique ont rapproché des parties de deux appareils distincts : le physiologiste ne doit voir, lui, que les appareils eux-mêmes dont l'unité est faite, non par la distribution périphérique, mais par l'origine centrale.

Les anatomistes décrivent séparément le cerveau et la moelle, parce que l'un est dans le crâne, l'autre dans la colonne vertébrale. Ces unités anatomiques, le physiologiste les ignore; dans le cerveau et la moelle il sépare les parties qui appartiennent à des appareils divers (vision, mouvements, etc.), et dans le cerveau et la moelle il rapproche les parties qui appartiennent au même appareil.

Donc (et ceci est vrai non seulement du système nerveux que j'étudie exclusivement, mais de tout l'organisme) l'unité nerveuse n'a pas d'individualité anatomique et périphérique; la véritable unité nerveuse est physiologique et centrale.

On comprend combien cette proposition limite la valeur et l'importance de l'anatomie comme méthode d'étude en physiologie nerveuse '.

b. L'expérimentation sur les animaux.

Avec Y expérimentation sur les animaux nous sortons du cadavre, nous interrogeons l'être vivant : il y a donc là une méthode bien supérieure à la précédente pour l'étude du fonctionnement de cet êlre vivant. Et, en fait, la vivisection et l'étude de l'animal vivant rendent de grands services en physiologie.

Mais il ne faut pas méconnaître que, de tous les chapitres de

1. 11 ne faut cependant pas nier l'utilité de l'anatomie. Non seulement par ses investigations macroscopiques elle détermine la situation et la ferme des organes, niais encore par ses investigations microscopiques [histologie) elle permet de suivre utilement les fibres nerveuses dans l'intimité des organes, nerveux ou autres. Cette histologie rend de plus grands services encore quand elle étudie l'homme aux diverses périodes de son développement {embryologie).

Ainsi un a étudié le développement des éléments nerveux aux divers âges de la vie embryonnaire et dans les premiers temps de la vie extrautérine. Les filaments oerveux, d'abord simples (cylindraxes), s'entourent ensuite d'une gaine appelée myéline. Or. Flechsig a remarqué que cette myélinisatioD se fait d'une manière tirs régulière: toutes les libres nerveuses ayant la même origine et la même terminaison, devant par suite remplir les mêmes fonctions, se myélinisent a la même époque, c'est-à-dire au môme âge du Indus ou du nouveau-né. Il y a là un moyeu utile d'étude | ■ la détermination particulière des divers appareils nerveux dans 1rs grandes masses complexes du cerveau et de la moelle.

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la physiologie, le système nerveux est certainement celui pour lequel l'expérimentation sur les animaux est le moins utile.

Le système nerveux est (je l'ai déjà dit) un appareil de perfectionnement, dont l'importance et la complexité vont en croissant au fur et à mesure qu'on s'élève dans l'échelle animale et qui acquiert chez l'homme un degré tel de perfection relative qu'il apparaît presque comme un appareil nouveau.

Comment étudier les fonctions du langage et toutes les fonctions psychiques chez les animaux?

Certes, je ne nie pas (et j'ai proclamé tout à l'heure) l'utilité et l'importance de l'expérimentation chez les animaux en neurophysiologie. Mais en même temps, au risque d'être accusé d'anthropocentrisme exagéré, je tiens à répéter qu'il y aurait danger à trop étendre la valeur de cette méthode dans l'étude du fonctionnement du système nerveux humain ; notamment il y aurait danger à trop se servir, dans cette étude, des théories et des comparaisons évolutionnistes.

Beaucoup d'auteurs ont aujourd'hui l'habitude, dans les études biologiques, de remonter de l'amibe à l'homme. Pour la physiologie du système nerveux il faut procéder tout autrement et appliquer les préceptes d'Auguste Comte que j'ai rappelés ailleurs d'après Lévy Bruhl : « dans les sciences du monde inorganique, on procède du cas le moins compose aux cas plus composés; on commence par l'élude des phénomènes séparés les uns des autres; mais les êtres vivants, au contraire, nous sont d'autant mieux connus qu'ils sont plus complexes. L'idée d'animal est plus claire pour nous que celle de végétal. L'idée des animaux supérieurs est plus claire que celle des animaux inférieurs. L'homme enfin est pour nous lu principale unité biologique et c'est d'elle que pari lu spéculation dans celle science. » Et ailleurs : « dès qu'il s'agit i\c> caractères de l'animalité, nous devons partir de l'homme et voir comment ils se dégradent peu à peu, plutôt que de partir de l'éponge et de chercher comment ils se développent. La vie animale de V homme nous aide à comprendre celle de l'éponge; mais la réciproque n'est pas vraie. »

Ces propositions d'Auguste Comte, très discutables et très discutées quand il s'agit d'autres fonctions (digestion, respiralion ou génération par exemple), me paraissent au contraire absolument applicables à l'étude i\u fonctionnement du système nerveux et prouvent par conséquent que l'expérimentation sur

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les animaux peut et doit aider le physiologiste, mais ne peut pas conslituer la méthode maîtresse pour l'étude de la physiologie du svstème nerveux de l'homme.

c. L'homme vivant, sain et malade.

En somme, la vraie, la grande méthode d'étude en neurophysiologie humaine, c'est Y étude de Vhomme vivant, sain et malade, c'est-à-dire par Y observation et par Y expérimentation.

a. Observation. Étude physiologique de Vhomme sain.

On peut d'abord et on doit observer l'homme sain. Sur nousmêmes et sur nos semblables, l'analyse des divers mouvements, de la marche, de l'équilibre, des sensations générales ou sensorielles, des émotions, des diverses fonctions psychiques (mémoire, association des idées et des images...), fournira de précieux renseignements pour l'élude de ces divers chapitres de la physiologie du système nerveux de l'homme.

Il ne faut pas oublier que cette observation n'est pas nécessairement et exclusivement attentive et subjective. Beaucoup des phénomènes dont je parle sont susceptibles d'enregistrement et de mensuration.

Avec les tambours de Marey on fixe l'influence des émotions par exemple ou de divers phénomènes psychiques sur la circulation ou sur la respiration. Pour les sensations visuelles, auditives, voire même gustatives ou olfactives, on a imaginé des appareils de mensuration...

La proposition est donc évidente, sans qu'il soit utile d'en poursuivre la démonstration : l'observation de Vhomme sain est une grande et féconde méthode d'étude en neurophysiologie.

[3 Expérimentation. Étude de l'homme malade et dans les états exlraphysiologiques.

Toute science expérimentale doit comprendre, à côté de l'observation, Y expérimentation.

A première vue, l'expérimentation semble impossible chez L'homme. Et de fait nous n'avons pas le droit de faire sur nos semblables des vivisections, condition de l'expérimentation sur l'être vivant.

Celle expérimentation humaine est rendue possible par la maladie qui réalise vraiment sur l'homme une expérience dont

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