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La surdité verbale et son centre (A. fig. 20, p

On place la lésion de ces cas dans les première et deuxième circonvolutions temporales gauches (Scppilli). plus spécialement dans la première (Gilbert Ballet, soit dans la partie moyenne (Brissaud), soit dans la partie postérieure (d'Heilly et Chantemesse, Chauffard), soit dans la partie antérieure (Pietrina et Claus). Wernicke et Déjerine acceptent la partie postérieure des première et deuxième temporales. (Voirie foyer du milieu sur la fig. 24 de la page 203.)

Nous verrons (chap. xv) que le centre auditif verbal est très rapproché du centre auditif général. Seulement celui-ci est bilatéral, tandis que le premier n'est que sur l'hémisphère gauche.

Dans ces cas, le sujet ne comprend pas les mots parlés (aAO), comprend les mots 1ns (yVO , parle (OMm) et écrit (OEe) volontairement, ne répète pas ce qu'on dit (aAMm), lit tout liant (»VMm), n'écrit pas sous la dictée (flAEe , copie un texte écrit (uVEe .

La surdité verbale Incomplète peut se limiter à certains mots, certaines voyelles on consonnes, certaines syllabes, à une seule langue chez un polyglotte, la musique iil \ a autant de types d'amusie que de l\|>cs d'aphasie, dit Déjerine). Si |«> sujet est un auditif, la lecture et l'écriture pourront être influencées.

Brissaud admet trois degrés au symptôme : 1" le sujet entend

le bruit, sans savoir qu'on lui parle; 8° il sail qu'on lui parle,

mais ne sait pas la langue qu'on lui parle ; 3° il reconnaît la langue, mais ne la comprend pas.

Dans le fonctionnement du langage ces divers centres polygonaux (MEVA) ont des actions frénatrices mutuelles (Hughlings Jackson i; le centre auditif A a une action directrice sur le centre moteur M (Wernicke, Broadbent) et spécialement une action frénatrice (Pick). Aussi, quand la surdité verbale survient brusquement, certains malades' présentent-ils de la logorrhée. Par ce mécanisme, l'aphasique sensoriel est, d'après Déjerine, un verbeux et peut avoir de la jargonaphasie création de mots de toutes pièces, syllabes sans suite)..

b. Aphasies souspolygonales (Fig. 21, p. 200).

Difficiles à distinguer cliniquement des précédentes, ces apbasies sont dues à la lésion des fibres blanches immédiatement sous-jacentes aux centres que je viens d'énumérer.

Lichtheim et Déjerine ont cherché à les caractériser par l'expérience suivante (déjà faite par Proust) : le sujet souspolygonal ne peut pas plus parler que l'aphasique moteur polygonal, mais il a conservé les images motrices des mots en M et il peut dès lors indiquer d'une façon quelconque, par un certain nombre de serrements de mains MK.A (Lichtheim) ou par un certain nombre d'efforts d'expiration (Déjerine) combien de syllabes, c'est-à-dire combien de parties articulées renferme un mot donné. Ce signe n'est pas absolu, parce que la conservation des images sensorielles des mots peut suffire à le réaliser, même dans l'aphasie motrice polygonale.

c. Aphasies suspolygonales (Fig. 22 p. 200).

Ces aphasies sont caractérisées par l'intégrité du polygone et par suite par la persistance de l'entier langage automatique avec disparition d'une, ou plusieurs, des fonctions idéomotrices ou idéosensorielles. C'est le symptôme qu'a présenté et analysé sur lui-même Lordat en 1843. Dans cette variété, dit Brissaud, « le déficit intéresse, non pas les fibres de projection de la troisième frontale, mais certaines fibres qui réunissent le champ de Broca à des légions de l'écoree où l'on place provisoirement et hypothétiquement le centre de l'idéation. »

Dans l'aphasie idéomotrice, la parole volontaire OM est seule

supprimée; tout le reste est conservé, même la parole automatique : les malades peuvent chanter, réciter des prières, proférer des jurons, répondre par écrit aux questions écrites ou orales. Brown-Sequard a cité un aphasique qui parlait dans le sommeil chloroformique : il parlait quand son polygone émancipé de 0 présidait seul à la fonction du langage.

De même dans l'aphasie idéographique : tout est conservé (même l'écriture automatique) sauf l'écriture volontaire OEe.

Dans l'aphasie idèovisueUe {cécité psychique) le malade lit à haute voix, mais sans comprendre ce qu'il lit, à la façon du distrait (Brissaud).

De même pour l'audition dans l'aphasie idéoauditive.

d. Aphasies transpolygonales (Fig\ 23, p. 200).

La lésion est sur les fibres d'association qui unissent entre eux les divers centres polygonaux.

Pour Flechsig, l'insula de Reil ffig. 13, p. 146), centre d'association moyen, serait « le centre qui réunit en un seul tout, toutes les régions corticales, sensitives et motrices, dont l'intégrité est indispensable à la conservation du langage articulé et principalement les impressions auditives avec les images motrices des lèvres, de la langue, du voile du palais, du larynx » (van Gehuchten). C'est, aussi dans l'insula qu'Otuszewski localise l'automatisme du langage. Cette localisation est encore très discutée par les cliniciens.

Dans ce groupe qui est l'opposé ou plutôt le complémentaire du précédent, le langage volontaire est conservé et le langage automatique plus ou moins compromis.

Dans les visuelles, tout est possible, sauf la lecture à haute voix t>VMm ou la copie d'un texte lu wVEe. A ce groupe optomoteur se rattache l'aphasie optique de Freud (1889) dans laquelle le sujet ne peut pas prononcer le nom d'un objet qu'il voit, mais bien celui d'un objet qu'il touche ou flaire : « l'image visuelle, de l'objet est incapable de réveiller l'image motrice d'articulation correspondante : au contraire, les mémoires tactile, olfactive, gustative, réveillent facilement cette image ». La lésion est en VM.

Dans les aphasie- aud&ives [auditivomotrices la seule chose impossible est la parole en écho ou répétition des mots entendus

faAMw) et l'écriture sous la dictée foAEe).

Dans ces types, plus encore que dans les précédents, le tempérament (auditif, visuel...) du sujet influera sur la gravité du trouble symptomatique.

A côté des aphasies sensoriomotrices dont je viens de parler, on conçoit aussi la possibilité de motomotrices (KME) et de sensoriosensorielles (AVT). Dans ce dernier cas, un sujet présentant à l'état normal de l'audition colorée aurait des symptômes spéciaux pour une lésion entre A et V.

5b. — LES PARAPUASIES. RAPPORTS DE L APHASIE ET DE L AMNESIE.

Créé par Armand de Fleury (1865), le mot de « paraphasie » a été bien défini par Kussmaul (1884) : un « trouble de la parole dans lequel les idées ne répondent plus à leurs images vocales, si bien qu'au lieu de mots conformes au sens surgissent des mots d'un sens contraire, complètement étrangers ou incompréhensibles ». C'est Tataxie du langage comme l'aphasie en est la paralysie.

Pitres (1899) a légitimement étendu ce mot aux diverses formes de langage et a reconnu deux éléments dans ce trouble : 1° surtout un trouble suspolygonal idéomoteur (idéophonétique et idéographique) ; 2° d'une manière moins constante, un trouble des associations intrapolygonales. La paraphasie devient ainsi un symptôme des aphasies des troisième et quatrième groupes suspolygonales (psychonucléaires de Pitres) et aphasies transcorticales et aphasies polygonales (internucléaires de Pitres). « Elle ne fait pas partie, dit Pitres, des aphasies nucléaires » (aphasies polygonales, p. 202! et des aphasies souscorticales (souspolygonales, p. 205).

A première vue, l'amnésie verbale apparaît comme le degré inférieur de l'aphasie. L'aphasique incomplet répète les mots quand on les lui dit, mais il ne peut pas les retrouver spontanément : c'est un amnésique verbal. L'aphasique complet ne peut même plus répéter ce qu'on lui dit : c'est un degré de plus dans le trouble. Voilà la première notion classique ' exposée par Charcot (1883) et par Gilbert Ballet (1886).

Pitres a repris la question 1898 et montré que, dans l'aphasie amnésique, les centres ne sont pas atteints eux-mêmes; c'est

1. Voir mes Maladies 'lu Système nerveux, IS7S, t. I, p. 172.

plutôt la communication (suspolygonale) entre les centres psychiques supérieurs et les centres du langage : l'aphasie amnésique devient une variété particulière du groupe psychonucléaire ' suspolygonal, p. "205).

Ceci est très juste, à la condition de n'être pas pris dans un sens trop absolu. Pitres ne tient compte que de la mémoire supérieure, certainement la plus importante. Dans la mémoire, l'évocation, la reconnaissance, la recollection sont essentiellement des fonctions des neurones psychiques supérieurs; mais la fixation, la pénétration, la rétention, la conservation des souvenirs verbaux peuvent être et sont dans un certain nombre de cas des fonctions des neurones psychiques inférieurs polygonaux.

Donc, tout ce que dit Pitres s'applique 1res bien aux cas dans lesquels il y a amnésie supérieure avec conservation des fonctions polygonales du langage (aphasies psychonucléaires ou suspolygonales), mais il y a aussi des amnésiques verbaux chez lesquels le langage automatique n'est pas conservé. Dans ces cas il y a altération des centres polygonaux ou des communications intrapolygonales, et on retrouve les symptômes ordinaires de ces variétés d'aphasie.

L'aphasie amnésique ne doit donc pas être considérée, comme le voudrait Pitres, comme une variété à part, univoque. Il faut encore, malgré les objections de Sollier, admettre les amnésies partielles, les effacements partiels des images verbales admis par Charcot et la diminution de la faculté amnésique dans les centres nucléaires polygonaux eux-mêmes 2.

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