‹ Introduction théorique et pratique à la science de l'ingénieurChapitre 309 sur 381 · NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

128». Le temps est cette quantité non matérielle infinie qui n’a pas eu de commencement, qui n’aura pas de fin, dont la notion nous est acquise parce que tous les événements qui nous arrivent n’existent que par son concours, mais que nous ne pouvons définir.

1280. De même que d’une quantité infinie, et par conséquent non évaluable , quelconque , on peut représenter les parties, on a trouvé le moyen de comparer les différentes portions du temps. Ayant remarqué que la terre met toujours la même durée à faire sa révolution autour du soleil , on conçoit que l’on puisse prendre cette durée , qui est Vannée, pour unité de temps. L ejour est aussi pris pour unité de temps (215).

Outre ces unités naturelles fondamentales , créées , comme le temps, par l’être qui préside à tout , l’homme a établi des machines qui lui permettent de diviser, aussi exactement que le comporte l’intelligence dont il est doué, le jour en 24 parties égales, appelées heures, l'heure en 60 minutes et la minute en 60 secondes, et on conçoit que chacune de ces portions bien déterminées peut aussi être prise pour unité de temps.

1287. Une partie infiniment petite du temps se nomme un instant. Une portion quelconque du temps commence par un instant appelé instant initial, et se termine par un instant dit instant final.

1288. Un corps est en repos ou en mouvement selon qu’à deux instants successifs quelconques tous ses points occupent ou non la même position dans l’espace.

Dans la pratique, on considère un corps comme étant en repos quand il ne change pas de position par rapport à des corps qui l’entourent, c’est-à-dire quand sa distance à ces points reste constante ; mais tous les corps du globe terrestre participant aux mouvements autour de l’axe de la terre et, autour du soleil , on conçoit qu’il n’y a peut-être

SEPTIÈME PARTIE. — MÉCANIQUE

aucun corps en repos absolu , et que le repos que uous pouvons remarquer n’est qu’apparent ou mieux relatif.

De même, le mouvement ne dépendant que de la variation des distances du mobile à d’autres corps, les mouvements que nous considérons en mécanique ne sont que relatifs.

lin homme assis sur le pont d’un navire est en repos par rapport au navire; il a un mouvement déterminé par rapport ù la ville de laquelle il s'éloigne ; mais ce repos et ce mouvement ne sont que relatifs.

1280. On nomme trajectoire la ligne que suit un point mobile. Le mouvement est dit rectiligne, lorsque le point se meut suivant une droite, et curviligne, s’il suit une courbe.

1200. L’expérience a fait admettre une loi à laquelle tous les corps sont soumis, et qui est le fondement de la mécanique. Cette loi consiste dans la propriété qu’a la matière de persévérer dans l’état où elle se trouve : ainsi un corps no peut par lui-même passer de l’état de repos à celui de mouvement, ni modifier, soit en intensité, soit en direction, le mouvement dont 11 est doué.

Cette propriété de la matière est ce que l’on appelle son inertie.

C’est elle qui fait qu’un corps frappé par un autre résiste plus ou moins à son impulsion, et absorbe une partie ou la totalité de Son mouvement. C’est encore en vertu de l’inertie qü’un corps qui a reçu une impulsion primitive se mouvrait indéfiniment en ligne droite et d’une manière uniforme, s’il n’était sollicité par aucune cause étrangère. SI, dans la nature, nous n’avons pas d’exemple d’ün tel mouvement continu , c’est que, en outre de la première impulsion, un Corps est constamment sollicité, soit par la gravité (1312), soit par la résistance de l’air, soit encore par d’autres Causes qui modifient son mouvement.

1201. Quand un corps passe du repos au mouvement, OU qüè soO mouvement se modifie d’une manière quelconque, o’est qu’il est soumis ù l’action d’une cause étrangère, que l’on appelle force. Ainsi une force est la cause quelconque qui modifie l'état de repos ou de mouvement d'un corps, ou encore qui tend à le modifier, car il peut arriver qu’une autre cause également puissante détruise son effet et que le corps reste dans son état primitif.

1202. Les forces se désignent souvent par la source où elles prennent naissance ; on distingue ainsi la pesanteur, les forces musculaires , la force expansive des gai et des vapeurs, les forces moléculaires, les forces électriques et magnétiques, etc.

Sans connaître la nature des forces , les sensations qu’elles nous font éprouver d’une manière permanente font que nous acquérons presque en naissant l’idée de leur intensité et de leur direction.

Il est naturel de représenter les directions des forces par les lignes droites suivant lesquelles elles tefidem 8 faire; mouvoir les corps qu’elles sollicitent. En convenant de représenter leurs intensités par des lon-

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