LA FUITE DE VAEENNES
Le roi et la reine^ comme à Fordinaire^ admirent à leur coucher les personnes qui avaient ^habitude de leur faire leur cour à cette heure. Ils ne congédièrent pas leur domesticité plus tôt que les autres jours. Mais aussitôt quMls furent laissés seuls, ils s'habille- 5 rent de nouveau. Ils revêtirent des costumes de voyage très simples et conformes au rôle que chacun des fugitifs devait affecter. Ils se réunirent avec madame Elisabeth et leurs enfants dans la chambre de la reine, ils gagnèrent de là, par une communication 10 secrète, l'appartement du duc de Villequier, et sortirent du palais par groupes séparés à un certain intervalle de temps les uns des antres, pour ne pas attirer l'attention des sentinelles des cours par un rassemblement de tant de personnes à la fois. A la faveur du 1 5 mouvement de gens à pied ou en voiture qui sortaient à cette heure du château, après le coucher du roi, et que M. de Fersen avait eu soin, sans doute, de multiplier ce soir-là, ils parvinrent sans avoir été reconnus jusqu'au Carrousel.^ La reine donnait le bras à un 20 des gardes du corps et menait madame Royale par la main. En traversant le Carrousel, elle rencontra M. de La Fayette, suivi d'un ou deux officiers de son état-major, qui entrait aux Tuileries pour s^assurer par lui-même que les mesures provoquées par les ré- 25 vélations de la journée étaient bien prisesT. Elle frissonna en reconnaissant l'homme qui représentait à.