‹ Intuition et amitiéChapitre 11 sur 63 · Cf. le Premier Faust · texte numérisé non relu

Cf. le Premier Faust

Ému de pitié pour la compagne « inconsciente », de qui l'indiscrète curiosité l'avait séduit et perdu, pris de remords peut-être lorsqu'il se rappela de cette « innocente » l'origine et la destination, songeant même (pourquoi pas?) au poète futur qui saluerait en cette « àme délicate » le « miroir » de l'homme primitif', — on dit qu'Adam, en sa virile justice, demanda au Seigneur Elohim de réserver à sa propre et coupable faiblesse l'exil et la peine industrieuse, et de garder son Eve, toujours innocente, dans les délices terrestres du Paradis. Le Seigneur, très juste lui-même, acquiesça. Eve qui, sous l'arbre de la double science, avait connu l'éveil de la curiosité, accueillit avec une ré|)ugnance défiante cette solution boiteuse du problème de la chute, cette promesse pour elle de somnolence et d'ennui. Elle se résigna pourtant; le cerf, le lion et hi colombe lui furent laissés, et le serpent demeura sur la branche, parmi les feuilles vertes, où scintillaient à nouveau les pommes mûrissantes. Adam |)artit vers l'exil de la terre. Très affiné de|)uisson aventure, très fier aussi de sa justice généreuse et masculine, il s'ingéniait jour et nuit à transformer en paradis artificiel les pauvres régions désertes que décou-

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