‹ Intuition et amitiéChapitre 24 sur 63 · cit., ncle III. scciii- ii · texte numérisé non relu

cit., ncle III. scciii- ii

qu'elle se raille mortellement et se renonce héroïquement; « chant de confiance dans la vie ' », il est, chez le martyr Polyeucte comme chez le danseur Zarathoustra, l'intelligence intuitive et efficace de cette vie indéfectible, héroïque et déifiée :

« Saintes douceurs du ciel, adorables idées, Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir; De vos sacrés attraits les âmes possédées ]\e conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup et donnez davantage :

Vos biens ne sont point inconstants;

Et l'heureux trépas que j'attends

Ne vous sert que d'un doux passage

Pour nous introduire au partage

Qui nous rend à jamais contents -. »

Création vibrante d'une sensibilité plus riche et fanatisme démolisseur des idoles gêneuses, que ce soit au nom de Christ ou au nom de Dionysos, comment appellerons-nous cette intuition idéale qui tue et qui engendre, cette ivresse de l'enfantement dans les fureurs de la négation? Est-ce l'enthousiasme qui nous transporte? Est-ce l'ironie qui nous arrache? Mais pourquoi disjoindre encore les deux forces, dont l'unité géniale constitue notre élan et notre acte par notre science et

1. Cf. Maurice Barrés, Les Amitiés françaises, chap. viii. — Cf. aussi Ainsi parlait Zarathoustra, en particulier 4° partie, Le chant d'ivresse.

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