‹ Intuition et amitiéChapitre 27 sur 63 · M. Le Dnnicc · texte numérisé non relu

M. Le Dnnicc

liberté d'interprétation; le monde rigide de la matière va s'assouplir à son tour dans les formules, nettes mais sans illusion, du physicien attentif et défiant*. Et, pourvu que ' la clarté de nos équations demeure pénétrable aux qualités muftiples des phénomènes, nous permettant ainsi (mais sans nul préjugé dogmatique) de décrire et de manier les transformations mythiques (et sans doute irréelles) de la matière, notre intelligence sera satisfaite intelligemment, et n'attribuera plus aux instruments logiques qu'elle constitue le pouvoir de créer souverainement le monde réel de notre expérience immédiate.

Le retour du savant, averti et sagace, sur l'œuvre qu'il pratique, n'est-ce point là un des épisodes — le plus conscient pebt-être et le plus significatif — de ces retours inévitables, par lesquels notre âme, riche mais ineffable, s'aperçoit de la pauvreté de ses formules et de l'insuffisance de ses images? Et c'est là, aussi, l'une des preuves éclatantes de la sainteté féconde de notre ironie et de la virginale innocence de notre critique. Pauvre savoir enfermé dans la prison des systèmes, éclairé d'une lumière factice, accueillant ce que peuvent recevoir les limites brèves de ses formules, niant la possibilité même de ce qui échappe à cette mesure, tournant sans fin dans le cercle de sa magie têtue, — quelle est donc cette expression indigente d'une inquiétude intellectuelle engourdie, sinon la scolastique orgueilleuse et vaine des systématiques stérilisés que raillait justement l'ironie de

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