‹ Intuition et amitiéChapitre 34 sur 63 · Cf. S. Jcau de la Croix, La Nuit obscure · texte numérisé non relu

Cf. S. Jcau de la Croix, La Nuit obscure

ment. Si « notre frère le corps » est la cellule toujours accessible d'un refuge nécessaire, notre àrae, Psyché notre sœur, n'est-elle pas, en son recueillement habituel, la cellule vivifiante, où nous vivrons en nous-mêmes, sans efTorts ni attention expresse, absorbés en notre nature mais non distraits de nos actes, laissant à nos lèvres les paroles qu'elles doivent prononcer, laissant à nos membres les gestes qu'ils doivent accomplir, laissant à notre pensée et à notre sentiment la liberté d'une expression qui s'impose et dun enthousiasme qui s'échappe, mais supérieurs à toutes paroles, à tous gestes, à toutes expressions, et faisant de la qualité même de notre silence le principe de notre discours? Pareils à Catherine de Sienne, qui déguisait au monde l'élection de sa retraite, nous vivrons ainsi, dans la simplicité apparente de l'action commune et formulable, dans la simplicité réelle de l'abandon silencieux et secret, dans la simplicité parfaite qui exprime la réalité profonde de notre silence par l'abandon extérieur et la grâce manifestée*.

Si le recueillement fécond des retraites de l'âme exclut toute raideur envers nous-mêmes et envers le monde, si nous pouvons goûter le silence vivifiant au travers des expressions agissantes, cette aisance et ce calme ne procèdent-ils pas d'un entraînement préalable et d'un

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