Cf. s. Jean de la Croix, La Nuit obscure, II
rythmes vitaux, paisibles et inconscients, le rythme silencieux des recueillements immatériels et des suavités mystiques n'éveillera, certes, que trouble de la sensibilité et répugnance à l'anomalie. Eprises du verbe triple, celui des lèvres, celui de l'entendement, celui du corps, elles n'ont pas éprouvé « ce qui parle dans le silence du cœur ». En ce mystère intime de suavité spirituelle, présentes et comme fondues, ineffables aux bouches mais claires à l'intelligence qui transcende les mots, n'est-ce point que nous appellent au « sens caché » les trois puissances lyriques, l'individualité sans mesure, la subconscience collective, la Vie Universelle?
Qui de nous, je pense, n'a connu les heures de cette révélation soudaine ou doucement envahissante, vague mais sans inquiétude ni désir d'autre chose, où nous eûmes le sentiment, achevé mais sans figure ni limite, de la plénitude absolue? Un soir, peut-être, ou dans la nuit, sur quelque place de la ville familière, ou bien au spectacle fantastique d'une vieille cathédrale découpée au long du fleuve par les rayons de la lune, ce fut en nous comme une Présence inexprimée, un colloque sans paroles, une signification infinie au delà de toute pensée logique, une possession complète au delà de toute conscience définie, un sentiment idenli(iuo à ce qu'il éprouve '. Ces heures de l'intelligence parfaite ne sonfclles pas, en nous et sans autre objet, les heures inévitables et spontanées de la prière et de l'adoration? Nous les retrouverons, ces