‹ Intuition et amitiéChapitre 61 sur 63 · Cf. Maurice liniTcs, Jardin de lii'rciiict-, VIII · texte numérisé non relu

Cf. Maurice liniTcs, Jardin de lii'rciiict-, VIII

idées au ])rincipe inconscient et divin de nos univers, abîmerons-nous décidément, revenus des illusions d'une spiritualité plus exquise, nos élans joyeux et tristes au vag-ue silence, épars et toujours éveillé, de l'àme végétale et tellurienne, de l'àme élémentaire et sans but, de la « Petite Secousse » qui crée et agite les formes des êtres? Combien serait douce et purifiante, pour des âmes lassées et mécanisées, pour des âmes scolaires et livresques, un oubli des livres et des mots et des concepts, un oubli même des images solides et plaquées, une rentrée, non en soi (qu'y trouveraient-elles'?), mais en la Vie immédiate et incompréhensible, en chaque forme vue en elle-même, aimée en elle-même, transparente, non par éclat mais par lueur, absorbante au point de faire évanouir toute pensée, toute conscience personnelle! Combien douce et purifiante pour ces âmes prisonnières que nos programmes, si rationnels, banalisent et découpent et dressent aux incuriosités des salles d'examen, le refuge inconscient aux murmures de la forêt, l'évaporation absurde en poussière de soleil !

Douce et purifiante, oui,, sans doute, mais combien de temps? Je sais bien que le temps s'abolit dansl'éparpillement immense des frissons, et qu'un rêve végétal pour-

Page 1