‹ Intuition et amitiéChapitre 62 sur 63 · Cf. Rauh, L'expérience morale, chap. v, p. lÛo-7 (Alcan · texte numérisé non relu

Cf. Rauh, L'expérience morale, chap. v, p. lÛo-7 (Alcan

LA PRESENCE MYSTlnL'E 27 i

rail em|)lir une existence! Mais c'est ici, justement, que se fausse l'épreuve et que nous détourne l'illusion. D'une expérience spirituelle, si nous voulons suivre avec (idélité l'élan de notre inquiétude, nous garderons le caractère ; et puisque d'un rythme plus rapide se presse notre durée, nos ambitions humaines dépasseront sans doute le rêve végétal de l'humble Bérénice. Certes, en l'oraison intérieure où le renoncement nous introduit, en la vie subconsciente où se révèle à nous immédiatement l'àme étrangère, nous voyons et nous touchons, initiés par notre candeur au « sens caché », l'être essentiel (je l'animal et de la plante et la divine spontanéité des natures innombrables. Mais en l'indivis de notre Sentiment, qui abolit entre nous et les autres natures toute réelle différence, se déclare cts"é|)rouvela riche vocation des natures appelées à l'enchantement de la vie spirituelle. En ce colloque, où nous participons avec les hommes et les choses, en cette exaltation par le désir à l'expérionee de ce qui nous fonde, puisque notre joie et notre chère tristesse nous emportent amoureusement à l'efflorescence de notre amour, c'est donc, à travers nos gestes et nos silences, que c( s'apparaît à soi », voilé mais tendre et inspirateur, l'Inconnu fraternel et divinement aimé '.

Ij'lnconnu fraternel? D'une Substance infinie fi laquelle nous achemine, ainsi qu'aux théorèmes d'un Spinoza, la rigueur d'une démonstration géométrique, peu nous importe l'existence et le développement. Mais que la

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